Ni selon la lecture de Ṭalḥa ni selon celle d’al-Aʿraj on n’est astreint à aucune conséquence, car ce qu’ils ont cité ne ressemble en rien au verset invoqué. La différence entre les deux cas tient à ce que la proposition conditionnelle et sa réponse forment, en langue arabe, comme une seule entité.
Ainsi, dans la parole divine : « A-fain mitta fahumu l-khālidūn ? » (Sourate 21, v. 34) le sens est : « Si donc tu meurs, seront-ils pour autant éternels ? »
Un exemple analogue est l’énoncé : « Azaydun munṭaliqun ? » (Zayd est-il parti ?), et l’on ne dit pas : « Azaydun am-munṭaliqun ? », parce que l’ensemble forme un tout indissociable. Il n’en va pas de même dans notre verset ; en effet, la seconde partie y constitue une phrase indépendante à laquelle l’interrogation convient, tout comme la première est elle-même susceptible d’interrogation.
Quant à celui qui a omis l’interrogation dans la seconde proposition et l’a maintenue dans la première, il a lu : « A-idhā kunnā turāban wa-ābāʾunā innā… », supprimant l’interrogation du second membre parce que le contexte en fournit déjà l’indice sous forme de réprobation.
Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes reçu, nous et nos pères avant nous, la promesse de cela ; mais ce ne sont que des contes d’anciens. » (Sourate al-Muʾminūn, v. 83). Les prophètes rapprochaient l’affaire de la Résurrection afin de redoubler l’avertissement ; or, toute chose qui doit advenir est proche.
[Sourate an-Naml (27) : versets 69 à 71]
Dis : « Parcourez la terre et voyez quelle fut la fin des criminels » (69).
Et ne t’afflige pas pour eux ; ne sois pas non plus dans l’étroitesse (70) au sujet des ruses qu’ils ourdissent.
Et ils disent : « À quand donc cette promesse, si vous êtes véridiques ? » (71).
Parole du Très-Haut :
« Dis : parcourez la terre », c’est-à-dire : « Dis à ces mécréants : parcourez les contrées de Syrie, du Ḥijāz et du Yémen ».
« Puis regardez », c’est-à-dire avec vos cœurs et vos clairvoyances, « quelle fut la fin des criminels », ceux qui traitèrent leurs messagers de menteurs.
« Et ne t’afflige pas pour eux », à savoir pour les mécréants de La Mecque s’ils ne croient pas.
« Et ne sois pas dans l’étroitesse », c’est-à-dire dans l’embarras, « à cause de leurs machinations ». Le verset fut révélé au sujet des railleurs qui se répartissaient les voies d’accès à La Mecque ; leur mention a déjà précédé. On lit également « fī ḍīqin » avec kasra, comme cela a été vu à la fin de la sourate an-Naḥl.
« Et ils disent : “Quand donc arrivera cette promesse, si vous êtes véridiques ?” », c’est-à-dire : quand le châtiment nous atteindra-t-il pour nous être obstinés dans le démenti ?.