Parole du Très-Haut :
« Dis : Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus ».
Al-Farrâ’ rapporte, d’après les spécialistes du sens : il fut dit à Loth : « Dis : Louange à Allah » pour la perte de son peuple.
Un groupe de savants a toutefois contredit al-Farrâ’ en la matière et a soutenu qu’il s’agit ici d’une adresse à notre Prophète Muḥammad – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui –, c’est-à-dire : « Dis : Louange à Allah pour la destruction des mécréants des anciennes nations ».
An-Naḥḥâs dit : cette opinion est préférable, car le Coran est révélé à l’adresse du Prophète – paix sur lui –, et tout ce qu’il contient le concerne, sauf preuve irréfutable qu’un passage vise quelqu’un d’autre.
On a également avancé que le sens est : « Dis, ô Muḥammad : Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus », c’est-à-dire sur sa propre communauté – paix sur lui.
Al-Kalbî commente : Allah les a élus du fait de leur connaissance de Lui et de leur obéissance.
Ibn ʿAbbâs et Sufyân disent : il s’agit des Compagnons de Muḥammad – que la bénédiction et la paix soient sur lui.
Il fut encore dit : le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a reçu l’ordre de réciter ces versets éclatants, porteurs de preuves de l’Unicité d’Allah, de Sa Toute-Puissance sur toute chose et de Sa Sagesse, et d’ouvrir sa récitation par la louange d’Allah et le salut adressé à Ses prophètes et aux élus parmi Ses serviteurs. Voilà un bel enseignement, une indication d’une haute étiquette, une incitation à se réclamer de ces deux évocations bénies, à rechercher en elles bénédiction et assistance, à se prévaloir de leur rang pour obtenir l’oreille et l’adhésion des auditeurs et pour faire descendre dans leurs cœurs la place que recherche celui qui s’adresse à eux.
Les savants, les prêcheurs et les admoniteurs se sont transmis, de génération en génération, cette noble étiquette : ils louent Allah et prient sur le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à l’orée de tout savoir transmis, avant chaque exhortation, au début de tout sermon. Les rédacteurs leur ont emboîté le pas, ouvrant de la sorte leurs lettres de conquête, de félicitations et autres correspondances de haute importance.
Parole du Très-Haut : « ceux qu’Il a élus » : Il les a choisis pour porter Son message ; ce sont les prophètes – paix sur eux –, comme l’indique Sa parole : « Et paix sur les envoyés ».
« Allah est-Il meilleur ? »
Abû Ḥâtim a admis la lecture « A-Allah est-il meilleur ? » avec deux hamzas. An-Naḥḥâs répond : Nous ne connaissons personne qui l’ait suivi, car cette prolongation n’a été introduite que pour distinguer l’interrogation de l’affirmation ; cette alif appartient à l’interrogation, et « meilleur » ici ne signifie pas « plus excellent que toi », mais correspond à l’usage du poète :
« Le railles-tu sans être son égal ? Le pire de vous deux soit le prix du meilleur ».
Le sens est : que celui de vous deux qui porte le mal se sacrifie pour celui qui porte le bien.
Il ne convient pas que « meilleur » ait ici la valeur du comparatif « que », car si tu dis : « Untel est pire qu’un tel », cela implique que chacun des deux porte un mal.
On a aussi dit : le sens est : le bien réside dans cette affaire.