Parole d’Allah, – exalté soit-Il :
« Eh bien, voilà leurs demeures désertes à cause de l’injustice qu’ils commirent. »
La grande majorité des récitants lisent le terme « khâwiyatan » à l’accusatif, en fonction circonstancielle (ḥâl), selon l’explication d’al-Farrâ’ et d’an-Naḥḥâs. Le sens est : « vides de leurs habitants, ruinées, sans aucun occupant ».
Al-Kisâʾî et Abû ʿUbaydah soutiennent que « khâwiyatan » est à l’accusatif par rupture de la construction (qaṭʿ), avec cette signification : « voilà leurs demeures, les demeures désertes ». Lorsque l’article défini « al- » a été retranché, le mot a été mis à l’état de ḥâl, à l’image de la parole divine : « Et à Lui appartient la religion perpétuelle (dînan wâṣiban). »
ʿIsâ b. ʿUmar, Naṣr b. ʿĀṣim et al-Jaḥdarî ont lu le mot au nominatif, le considérant comme prédicat du démonstratif « tilka » ; « buyûtuhum » étant alors un substitut (badal) de « tilka ». Il est également permis que « buyûtuhum » tienne lieu d’apposition explicative (ʿaṭf bayân) tandis que « khâwiyatun » devient le prédicat de « tilka ». On peut encore l’élever au nominatif pour en faire le prédicat d’un sujet sous-entendu : « Elles sont désertes », ou bien comme substitut de « buyûtuhum », la règle autorisant qu’un indéfini soit substitué à un défini.
« Il y a en cela un signe pour des gens qui savent. Et Nous avons sauvé ceux qui croyaient »
– c’est-à-dire ceux qui avaient foi en Ṣâliḥ –
« et qui étaient pieux », craignant Allah et redoutant Son châtiment.
On rapporte qu’environ quatre mille personnes crurent en Ṣâliḥ. Quant aux autres, – selon Muqâtil et d’autres – leur corps fut couvert d’ulcères pareils à des grains de pois chiches ; le premier jour ils étaient rouges, le lendemain jaunes et, le troisième jour, noirs. L’égorgement de la chamelle eut lieu un mercredi, et leur extermination un dimanche.
Muqâtil ajoute : ces furoncles éclatèrent, puis Jibrîl les saisit d’un Cri au milieu de tout cela, si bien qu’ils s’éteignirent ; c’était en plein milieu de la matinée (ḍaḥwah). Ṣâliḥ sortit alors, accompagné des croyants, vers Ḥaḍramawt ; lorsqu’il y entra, il mourut, et le lieu fut appelé Ḥaḍramawt (« là où la mort survient »).
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte que les quatre mille survivants bâtirent ensuite une cité nommée Ḥâḍurâ, ainsi qu’il a été exposé auparavant dans l’histoire des gens du Rass.
[Coran, sourate an-Naml (27), versets 54 à 61]
54 – « Et [rappelle] Lût (Lot) lorsqu’il dit à son peuple : “Commettez-vous l’infamie alors que vous voyez clair ?” »
55 – « Vous venez assurément aux hommes, mus par le désir, au lieu des femmes ! Mais vous êtes un peuple qui ignore ! »
56 – « La seule réponse de son peuple fut : “Expulsez la famille de Lût de votre cité, car ce sont des gens qui veulent se garder purs !” »
57 – « Alors Nous le sauvâmes, lui et sa famille, sauf sa femme que Nous avions destinée à rester parmi ceux qui demeurèrent [dans le châtiment]. »
58 – « Et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie ; et combien détestable fut la pluie de ceux qui avaient été avertis ! »
59 – « Dis : Louange à Allah ! Et que la paix soit sur Ses serviteurs qu’Il a élus. Allah est-Il meilleur, ou bien ce qu’ils Lui associent ? »
60 – « N’est-Ce pas Lui qui a créé les cieux et la terre, qui a fait descendre pour vous du ciel une eau par laquelle Nous faisons surgir des jardins aux charmes variés – il ne vous appartenait nullement de faire pousser leurs arbres – ? Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? Non ! Mais ils sont des gens qui Lui donnent des égaux. »
61 – « N’est-Ce pas Lui qui a fait de la terre un lieu stable, y a fait couler des rivières, y a dressé des montagnes immobiles, et a placé entre les deux mers une barrière ? Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »