Ce ne sont là que supputations ; toutefois, nous les rapportons tels que nous les avons trouvés dans l’ouvrage de Muḥammad b. Ḥabīb. Il s’agit de : Muṣaddaʿ b. Dahr – on dit aussi : Dahm –, Qudār b. Sālif, Huraym, Ṣawāb, Riʾāb, Dābb, Daʿmā, Harmā, et Duʿayn b. ʿUmayr.
Je (l’auteur) dis : al-Māwardī a, de son côté, cité leurs noms d’après Ibn ʿAbbās ; il a dit : « Ce sont : Daʿmā, Duʿaym, Harmā, Huraym, Dābb, Ṣawāb, Riʾāb, Miṣṭaḥ et Qudār ; ils vivaient dans la contrée d’al-Ḥijr, qui appartient au Bilād al-Shām. »
Parole du Très-Haut :
« Ils dirent : “Jurez-vous, par Allāh, que nous l’attaquerons de nuit, lui et les siens…” »
Le verbe « taqāsamū » peut être considéré comme un futur à valeur d’impératif : certains d’entre eux auraient dit aux autres : « Jurez ! ». Il peut aussi être pris au passé à sens présent, comme s’il signifiait : « Ils parlèrent en se partageant des serments par Allāh ». La lecture d’ʿAbd Allāh : « … ils corrompent la terre sans jamais l’amender. Taqāsamū billāh… » – où ne figure pas « qālū » – confirme cette seconde interprétation.
« … Nous le surprendrons de nuit, lui et sa famille, puis nous dirons à son parent proche… »
La lecture majoritaire garde la première personne du pluriel (nūn) dans les deux verbes, lecture que préfère Abū Ḥātim. Hamzah et al-Kisāʾī lisent avec la deuxième personne (tāʾ) – dhamma sur le tāʾ et le lām –, comme s’ils se parlaient mutuellement ; Abū ʿUbayd l’a retenue. Mujāhid et Ḥumayd lisent avec la troisième personne (yāʾ) – dhamma sur la yāʾ et le lām – sur le mode du récit.
« Bayāt » désigne l’attaque surprise menée de nuit. Quant à « son wali », il s’agit du clan de Ṣāliḥ qui détient le droit de représailles pour le sang versé.
« Nous n’avons pas assisté à la perte des siens » : c’est-à-dire : nous n’étions pas présents et nous ignorons qui l’a tué, lui et sa famille. « Et nous disons la vérité » en niant l’avoir assassiné.
Le mot « mahlak » signifie « ruine, destruction » ; il peut également désigner le lieu de la ruine. ʿĀṣim et al-Sulamī le lisent avec la mīm et le lām ouverts, sens : « la destruction ». On dit : ḍaraba – yaḍribu – maḍraban : un « coup ». Al-Mufaḍḍal et Abū Bakr lisent avec la mīm ouverte et la lām cassée ; le terme devient alors un nom de lieu, à l’instar de majlis (« lieu de l’assise »), ou un masdar, comme dans : « … Ilayhi marjiʿukum » (votre retour).
[Coran, Sourate an-Naml 27, versets 50-53]
« Ils ourdirent un stratagème ; Nous avons, Nous aussi, ourdi un stratagème, sans qu’ils ne s’en rendent compte. (50)
Regarde donc quelle fut l’issue de leur complot : Nous les avons entièrement anéantis, eux et leur peuple. (51)
Voilà leurs demeures, désertes, à cause de l’injustice qu’ils commirent ; il y a certes là un signe pour des gens qui savent. (52)
Et Nous sauvâmes ceux qui croyaient et qui étaient pieux. » (53)