Il n’existe aucun récit authentique attestant qu’il l’ait épousée ni qu’il l’ait donnée en mariage.
Elle se nomme Bilqîs, fille de as-Sarḥ ibn al-Hudâhid ibn Sharâḥîl ibn Add ibn Ḥadar ibn as-Sarḥ ibn al-Ḥaras ibn Qays ibn Ṣayfiyy ibn Sabaʾ ibn Yashjub ibn Yaʿrub ibn Qaḥṭân ibn ʿĀbir ibn Shâliḫ ibn Arfaḫšad ibn Sâm ibn Nûḥ.
Son aïeul al-Hudâhid était un souverain d’un rang éminent : il eut quarante fils qui furent tous rois, et il gouvernait l’ensemble du territoire du Yémen.
Son père as-Sarḥ disait aux rois des contrées lointaines : « Aucun de vous n’est mon égal. » Il refusa donc d’épouser l’une de leurs filles. On le maria alors à une femme des jinns nommée Rayḥâna bint as-Sakan, qui lui donna une fille appelée Biluqmah, connue sous le nom de Bilqîs ; il n’eut pas d’autre enfant.
Abû Hurayra rapporte que le Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – a dit : « L’un des deux parents de Bilqîs était un jinn. »
À la mort de son père, son peuple se scinda en deux factions et remit ses affaires à un homme dont la conduite devint exécrable ; il alla jusqu’à se livrer à la débauche avec les femmes de ses sujets. La jalousie saisit alors Bilqîs ; elle se présenta à lui, il l’épousa. Elle l’enivra de vin, lui trancha la tête et la planta à la porte de sa résidence ; ils la proclamèrent alors reine.
Abû Bakra rapporte : Bilqîs ayant été mentionnée auprès du Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui –, celui-ci déclara : « Un peuple qui confie ses affaires à une femme ne connaîtra jamais la réussite. »
On dit que la raison pour laquelle son père épousa une femme d’entre les jinns est la suivante : il était vizir d’un roi tyrannique qui violait les femmes de ses sujets. Par jalousie, il s’était juré de ne pas se marier. Au cours d’un voyage, il fit route avec un homme qu’il ne connaissait pas ; celui-ci lui demanda : « As-tu une épouse ? » Il répondit : « Jamais je ne me marierai ; le roi de notre pays arrache les femmes à leurs époux. » L’homme lui dit : « Si tu épouses ma fille, il ne pourra jamais la prendre. » – « Il la ravira pourtant », répondit-il. – « Nous sommes un peuple de jinns ; il n’a aucun pouvoir sur nous », dit l’autre. Il épousa donc sa fille, qui lui donna Bilqîs.
La mère mourut, et Bilqîs fit bâtir un palais dans le désert. Un jour, son père évoqua par mégarde son histoire ; la nouvelle parvint au roi, qui lui dit : « Untel, tu gardes près de toi cette belle jeune fille sans me l’amener, alors que tu connais mon amour des femmes ! » Il ordonna qu’on l’emprisonne. Bilqîs envoya au roi : « Me voici à ta disposition. » Le roi se prépara donc à se rendre à son palais. Lorsqu’il voulut y entrer avec sa suite, elle lui fit paraître des servantes d’entre les jinns, éclatantes comme le soleil, qui lui dirent : « N’as-tu pas honte ? Notre maîtresse te demande : entres-tu chez les tiens accompagné de ces hommes ? » Il les laissa partir et entra seul. Elle ferma la porte derrière lui, le tua à coups de sandales, lui trancha la tête et la jeta à son armée ; ils la désignèrent alors souveraine, et elle demeura ainsi jusqu’à ce que