Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Qatâdah a dit : « Il (le sol) était en cristal, sous lequel se trouvait de l’eau ; aussi le prit-elle pour une nappe d’eau profonde (litt. : une “lutte”), c’est-à-dire de l’eau. »

On a également affirmé – d’après Abû ʿUbaydah – que « aṣ-ṣarḥ » désigne le palais, comme dans le vers :
« Tu crois que ses étendards sont des ṣurûḥ (châteaux) ».

D’autres ont dit : « aṣ-ṣarḥ » est la cour (esplanade), comme on dit : « Voici la ṣarḥah de la demeure, c’est-à-dire sa vaste cour. » Abû ʿUbaydah rapporte encore, dans son “Gharîb al-muṣannaf”, que le terme « ṣarḥ » s’applique à tout édifice élevé dominant le sol, et que « al-mumar-rad » signifie “très haut”.

An-Naḥḥâs précise : l’origine du mot est qu’on appelle « ṣarḥ » tout bâtiment façonné d’un seul tenant, de même que l’on dit « laban ṣarîḥ » (lait pur) lorsqu’il n’est mêlé d’aucune eau, ou encore « ṣarraḥa bi-l-amr » (il énonça clairement la chose), d’où l’expression « ʿarabiyy ṣarîḥ » (arabe de pure souche).

Il fut également avancé – selon Wahb ibn Munabbih – que Sulaymân le fit construire pour vérifier la rumeur répandue par les djinns à son sujet : sa mère appartiendrait aux djinns et ses jambes seraient celles d’un âne.

Lorsque Bilqîs vit cette nappe d’eau, elle prit peur, croyant qu’il voulait la noyer ; elle s’étonna aussi de voir son trône posé sur l’eau, et fut saisie par ce qu’elle contemplait. Ne pouvant qu’obéir à l’ordre, elle releva donc le bas de sa robe et découvrit ses jambes ; elles se révélèrent être les plus belles jambes qui soient, indemnes de ce qu’avaient prétendu les djinns, sauf qu’elles étaient très velues. Lorsqu’elle arriva à ce seuil, Sulaymân – après avoir détourné son regard – lui dit : « Ceci est un palais lisse et poli en cristal. »

Le terme « mumar-rad » signifie “poli, lustré”, d’où « amrad » (imberbe). On dit qu’un homme “tamarrada” lorsque sa barbe tarde à pousser après la puberté (selon al-Farrâ’). De là viennent également « arbre “mardâ’ ” » (dépourvu de feuilles) et « ramla mardâ’ » (dune stérile). « Mumar-rad » évoque aussi la grande hauteur, d’où l’appellation « mârid » pour une forteresse massive.

Abû Ṣâliḥ dit : « C’est une construction haute comme un palmier. » Ibn ­Shajarah ajoute : « Élevée et vaste, tant en longueur qu’en largeur. » Le poète déclara :
« Je me rendis à l’aube hâtivement, et je les trouvai avant le plein matin dans leurs cottes de mailles “sâbiriyy al-mumar-rad” », c’est-à-dire des cuirasses larges.

Alors, Bilqîs se soumit, reconnut la vérité, embrassa l’islam et avoua son injustice, comme il sera exposé plus loin.

Lorsque Sulaymân – sur lui la paix – aperçut ses pieds, il demanda à l’un de ses conseillers parmi les démons : « Comment pourrais-je enlever ces poils sans nuire au corps ? » Celui-ci lui indiqua l’usage de la « nawrah » (dépilatoire). C’est ainsi que la nawrah et les bains publics (ḥammâmât) furent institués ce jour-là.

On rapporte qu’après cela Sulaymân l’épousa et l’installa en Syrie, d’après ad-Ḍaḥḥâk.

وَقَالَ قَتَادَةُ: كَانَ مِنْ قَوَارِيرَ خَلْفَهُ مَاءٌ "سِبَتْهُ لُجَّةً " أَيْ مَاءً. وَقِيلَ: الصَّرْحُ الْقَصْرُ، عَنْ أَبِي عُبَيْدَةَ. كَمَا قَالَ «١» : تَحْسِبُ أَعْلَامَهُنَّ الصُّرُوحَا وَقِيلَ: الصَّرْحُ الصَّحْنُ، كَمَا يُقَالُ: هَذِهِ صَرْحَةُ الدَّارِ وَقَاعَتُهَا، بِمَعْنًى. وَحَكَى أَبُو عُبَيْدَةَ فِي الْغَرِيبِ الْمُصَنَّفِ أَنَّ الصَّرْحَ كُلُّ بِنَاءٍ عَالٍ مُرْتَفِعٍ مِنَ الْأَرْضِ، وَأَنَّ الْمُمَرَّدَ الطَّوِيلُ. النَّحَّاسُ: أَصْلُ هَذَا أَنَّهُ يُقَالُ لِكُلِّ بِنَاءٍ عُمِلَ عَمَلًا وَاحِدًا صَرْحٌ، مِنْ قَوْلِهِمْ: لَبَنٌ صَرِيحٌ إِذَا لَمْ يَشُبْهُ مَاءٌ، وَمِنْ قَوْلِهِمْ: صَرَّحَ بِالْأَمْرِ، وَمِنْهُ: عَرَبِيٌّ صَرِيحٌ. وَقِيلَ: عَمِلَهُ لِيَخْتَبِرَ قَوْلَ الْجِنِّ فِيهَا إِنَّ أُمَّهَا مِنَ الْجِنِّ، وَرِجْلَهَا رِجْلُ حِمَارٍ، قَالَهُ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ. فَلَمَّا رَأَتِ اللُّجَّةَ فَزِعَتْ وَظَنَّتْ أَنَّهُ قَصَدَ بِهَا الْغَرَقَ: وَتَعَجَّبَتْ مِنْ كَوْنِ كُرْسِيِّهِ عَلَى الماء، ورأت ما هالها، ولم يكن بد من امتثال الامرَ- كَشَفَتْ عَنْ ساقَيْها) فَإِذَا هِيَ أَحْسَنُ النَّاسِ سَاقًا، سَلِيمَةٌ مِمَّا قَالَتِ الْجِنُّ، غَيْرَ أَنَّهَا كَانَتْ كَثِيرَةَ الشَّعْرِ، فَلَمَّا بَلَغَتْ هَذَا الْحَدَّ، قَالَ لَهَا سُلَيْمَانُ بَعْدَ أَنْ صَرَفَ بَصَرَهُ عَنْهَا: ِنَّهُ صَرْحٌ مُمَرَّدٌ مِنْ قَوارِيرَ) وَالْمُمَرَّدُ الْمَحْكُوكُ الْمُمَلَّسُ، ومنه الأمرد. وتمرد الرجل إذ أَبْطَأَ خُرُوجُ لِحْيَتِهِ بَعْدَ إِدْرَاكِهِ. قَالَهُ الْفَرَّاءُ. وَمِنْهُ الشَّجَرَةُ الْمَرْدَاءُ الَّتِي لَا وَرَقَ عَلَيْهَا. وَرَمْلَةٌ مَرْدَاءُ إِذَا كَانَتْ لَا تُنْبِتُ. وَالْمُمَرَّدُ أَيْضًا الْمُطَوَّلُ، وَمِنْهُ قِيلَ لِلْحِصْنِ مَارِدٌ. أَبُو صَالِحٍ: طَوِيلٌ عَلَى هَيْئَةِ النَّخْلَةِ. ابْنُ شَجَرَةَ: وَاسِعٌ فِي طُولِهِ وَعَرْضِهِ. قَالَ: غَدَوْتُ صَبَاحًا باكرا فوجدتهم ... قبيل الضحا فِي السَّابِرِيِّ الْمُمَرَّدِ أَيِ الدُّرُوعِ الْوَاسِعَةِ. وَعِنْدَ ذَلِكَ اسْتَسْلَمَتْ بِلْقِيسُ وَأَذْعَنَتْ وَأَسْلَمَتْ وَأَقَرَّتْ عَلَى نَفْسِهَا بِالظُّلْمِ، عَلَى مَا يَأْتِي. وَلَمَّا رَأَى سُلَيْمَانُ عَلَيْهِ السَّلَامُ قَدَمَيْهَا قَالَ لِنَاصِحِهِ مِنَ الشَّيَاطِينِ: كَيْفَ لِي أَنْ أَقْلَعَ هَذَا الشَّعْرَ مِنْ غَيْرِ مَضَرَّةٍ بِالْجَسَدِ؟ فَدَلَّهُ عَلَى عَمَلِ النَّوْرَةِ، فَكَانَتِ النَّوْرَةُ وَالْحَمَّامَاتُ مِنْ يَوْمِئِذٍ. فَيُرْوَى أَنَّ سُلَيْمَانَ تَزَوَّجَهَا عِنْدَ ذَلِكَ وَأَسْكَنَهَا الشَّامَ، قاله الضحاك.
(١). البيت لابي ذؤيب وهو بتمامه: على طرق كنحور الظبا تحسب أعلامهن الصروحا يقول: هذه الطرق كنحور الظباء في بيانها

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