[Sourate an‐Naml (27), versets 41 à 43]
41 – Il dit : « Dissimulez-lui son trône ; nous verrons alors si elle sera guidée ou si elle comptera parmi ceux qui ne sont pas guidés. »
42 – Lorsqu’elle fut arrivée, on lui dit : « Est-ce ainsi que se présente ton trône ? » Elle répondit : « On dirait bien que c’est lui. » – « Nous avions déjà reçu la science avant elle et nous étions déjà soumis. » –
43 – Ce qui l’avait détournée, c’était ce qu’elle adorait en dehors d’Allah ; elle appartenait en vérité à un peuple mécréant.
Parole du Très-Haut :
« Il dit : “Dissimulez-lui son trône” », c’est-à-dire : changez-le.
Il a été dit : on en mit le dessus en dessous et le dessous en dessus.
Il a été dit aussi : on y procéda par ajout ou par diminution.
Al-Farrâʾ et d’autres ont expliqué : il ordonna qu’on le modifiât parce que les démons lui avaient rapporté qu’elle manquait quelque peu de raison, et il voulut la mettre à l’épreuve.
On a également dit : les jinns craignirent que Sulaymân ne l’épouse, qu’un enfant ne naquît d’eux et qu’ils ne demeurassent ainsi asservis à jamais à la famille de Sulaymân. Ils dirent donc à Sulaymân : « Elle est faible d’esprit et ses jambes ressemblent à celles de l’âne. »
Il répondit : « Dissimulez-lui son trône afin que nous évaluions son intelligence. »
Sulaymân avait parmi les jinns un conseiller qui dit : « Comment pourrais-je voir ses pieds sans lui demander de les découvrir ? » Il poursuivit : « Je ferai couler de l’eau dans ce palais, puis je placerai au-dessus de l’eau une plaque de verre ; elle pensera qu’il s’agit d’eau, relèvera alors son vêtement et nous verrons ses pieds. » Tel est le ṣarḥ dont Allah – exalté soit-Il – a fait mention.
Parole du Très-Haut :
« Lorsqu’elle arriva » – il s’agit de Bilqîs –, « on lui dit : “Est-ce ainsi que se présente ton trône ?” Elle répondit : “On dirait bien que c’est lui.” » Elle l’y assimila parce qu’elle l’avait laissé sous clé ; elle n’affirma ni ne nia, et Sulaymân sut ainsi la perfection de son intelligence.
ʿIkrima rapporte : elle était perspicace et dit : « On dirait bien que c’est lui. »
Muqâtil déclare : elle le reconnut, mais leur rendit la confusion qu’ils lui avaient faite ; si on lui avait dit : « Est-ce là ton trône ? », elle aurait répondu : « Oui, c’est bien lui. » C’est aussi l’avis de al-Ḥasan b. al-Faḍl.
On a encore dit : Sulaymân voulut lui montrer que les jinns – de même que les démons – étaient assujettis à ses ordres, afin qu’elle comprît qu’il s’agissait d’une prophétie et qu’elle crût en lui. Certains voient dans ce stratagème la réponse à l’artifice qu’elle avait employé concernant les pages et les servantes.
« Nous avions reçu la science auparavant » : il a été dit que c’est une parole de Bilqîs, signifiant : « Nous avions eu la certitude de la véracité de la prophétie de Sulaymân avant ce signe relatif au trône ; et nous étions déjà musulmans », c’est-à-dire soumis à son ordre.
Il a aussi été dit : c’est une parole de Sulaymân : « Nous avons reçu la science… »