Il y avait dans son entendement quelque défaillance ; il décida donc de l’éprouver au moyen de son trône.
D’aucuns ont dit : il voulut vérifier la véracité de la huppe dans son affirmation : « Elle possède un trône magnifique », ainsi que l’a rapporté at-Ṭabarî. Qatâdah rapporte, quant à lui, qu’il souhaitait le contempler après la description qu’en avait faite la huppe. La première opinion est celle que retient la majorité des savants, en raison de la parole du Très-Haut : « avant qu’ils ne viennent à moi soumis » ; car, si elle s’était convertie à l’Islam, son patrimoine serait devenu inviolable et il n’aurait pu être déplacé qu’avec son assentiment.
Il est rapporté que ce trône était fait d’argent et d’or, serti de rubis rouges et de pierres précieuses, placé au centre de sept appartements, eux-mêmes fermés par sept verrous.
Parole du Très-Haut : (Un ʿifrît parmi les djinns dit…). Tel est le mode de lecture adopté par la majorité ; Abû Rajâʾ et ʿÎsâ ath-Thaqafî ont toutefois lu « ʿIfrîyah », lecture également rapportée de Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allah l’agrée. Dans le ḥadîth : « Allah déteste l’ʿifriyah an-nafriyah », le second terme venant appuyer le premier.
Qatâdah dit : c’est le fléau rusé. An-Naḥḥâs précise : l’on nomme ʿifr, ʿifriyah, ʿifrît et ʿufâriyah celui qui, tout en étant extrêmement fort, combine perfidie et ruse. D’autres ont expliqué : « ʿIfrît » signifie « chef ».
Un groupe a lu : « qâla ʿifr » – avec kasrah sur le ʿayn –, ainsi que le rapporte Ibn ʿAṭiyyah. An-Naḥḥâs observe : qui lit ʿifriyah en fait le pluriel ʿifâr ; qui lit ʿifrît dispose de trois formes plurielles : ʿafârît, ʿafâr (lorsque l’on considère le tâʾ comme suffixe, à l’instar de ṭawâgh pour ṭâghût), ou encore ʿafârî en remplaçant le tâʾ par un yâʾ.
L’ʿifrît, parmi les démons, est le rebelle puissant ; le tâʾ y est surnuméraire. On dit également : taʿaffara ar-rajul, « l’homme s’est comporté avec malveillance ».
Wahb ibn Munabbih rapporte que le nom de cet ʿifrît était Kûdan, version mentionnée par An-Naḥḥâs ; d’autres ont dit : Dhakwân – selon as-Suhaylî ; tandis que Shayb al-Jabbâʾî le nomme Daʿwân. Il est également transmis d’Ibn ʿAbbâs qu’il s’agissait de Ṣakhr le djinn.
À ce nom fait écho le vers de Dhî ar-Rummah :
« Tel un astre filant à la poursuite d’une ʿifriyah, se précipitant
dans l’obscurité de la nuit, brusquement jailli. »
Et le vers cité par le Kisaʾî :
« Lorsque leur démon, l’ʿifrît, déclara :
“Vous ne détenez ni royauté ni fermeté.” »