Il lui dit alors :
« Cela t’est accordé. »
Puis Sulaymân déclara :
« Qui fera passer le fil à travers cette perle ? »
Un ver blanc répondit :
« Je m’en charge, ô Prophète d’Allah. »
Le ver prit le fil dans sa bouche, pénétra l’orifice de la perle et en ressortit de l’autre côté.
Sulaymân lui demanda :
« Quel est ton besoin ? »
Il répondit : « Que ma subsistance se trouve dans les fruits. »
— « Cela t’est accordé. »
Ensuite, il distingua les garçons des jeunes filles.
As-Suddi rapporte : Il leur ordonna d’accomplir les ablutions (wuḍûʾ). Le garçon laissait couler l’eau d’un seul jet sur sa main et son pied, tandis que la jeune fille versait l’eau de la main gauche sur la droite, puis de la droite sur la gauche ; ainsi Sulaymân les différencia.
On a également dit : la jeune fille prenait l’eau du récipient d’une main, la transvasait dans l’autre puis l’appliquait délicatement sur son visage ; le garçon, lui, prenait l’eau et la projetait directement sur son visage. La jeune fille versait l’eau sur la face interne de son avant-bras, le garçon sur la face externe ; elle faisait couler l’eau doucement alors que lui la laissait ruisseler sur ses mains. C’est de cette manière qu’il les identifia.
Yaʿlâ ibn Muslim rapporte d’après Saʿîd ibn Jubayr : Bilqîs envoya deux cents servantes et un page, disant : « S’il est Prophète, il saura distinguer les mâles des femelles. » Sulaymân leur ordonna donc de faire leurs ablutions ; celui qui commençait par son coude avant sa paume, il le déclara féminin, et celui qui commençait par sa paume avant son coude, il le déclara masculin.
Il lança ensuite son bâton en l’air et dit : « La partie qui touchera la terre la première en est la base. » Puis il fit lancer les chevaux au galop jusqu’à ce qu’ils transpirent et remplit un gobelet de leur sueur.
Sulaymân renvoya ensuite le présent. Il est rapporté que, lorsque le cadeau lui fut retourné et que l’émissaire eut décrit ce qu’il avait vu, Bilqîs dit à son peuple :
« Ceci vient du ciel. »
Deuxième point : Le Prophète — paix et bénédiction sur lui — acceptait le cadeau et le rétribuait, mais n’acceptait pas l’aumône ; tel fut également le cas de Sulaymân — paix sur lui — et de tous les prophètes, qu’Allah leur accorde Ses bénédictions.
Bilqîs avait pris l’acceptation ou le refus du présent comme un signe pour savoir ce qu’il avait dans le cœur — à savoir si Sulaymân était roi ou Prophète — parce qu’il lui avait écrit : « Ne vous élevez pas au-dessus de moi et venez à moi en soumission. » Dans pareille situation, nul rachat n’est admis ni aucun présent accepté.
Cela n’entre donc pas dans la catégorie, reconnue par la Sharîʿa, de l’acceptation licite du cadeau ; il s’agit plutôt d’une forme de pot-de-vin, d’une vente de la vérité contre le faux, et d’une corruption interdite.
Quant au cadeau offert librement par désir d’affection et de rapprochement, il est permis, de la part de quiconque et en toute circonstance, tant qu’il ne provient pas d’un polythéiste.