Abû al-Layth a dit dans son ouvrage « Al-Bustân » : « S’il commençait par citer d’abord le destinataire, cela serait recevable, car la communauté s’y est accordée et l’a pratiqué pour un intérêt qu’elle y a vu, ou par abrogation de l’usage antérieur. Il est donc préférable, à notre époque, de débuter par le nom du destinataire, puis seulement par le sien, car commencer par soi-même revient, de sa part, à manquer d’égards envers le destinataire et à s’enorgueillir à son égard, sauf s’il écrit à l’un de ses esclaves ou à l’un de ses garçons.
Quatrième point – Lorsqu’une personne reçoit une lettre comportant un salut ou quelque chose de semblable, il convient qu’elle y réponde, car la lettre de l’absent tient lieu du salut du présent. Il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs qu’il tenait la réponse à une lettre pour obligatoire, tout comme la réponse au salâm. – Allâh est plus savant.
Cinquième point – Il y a unanimité pour inscrire, au début des lettres et des missives, la formule : « Au nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux » (Bismillâh ar-Raḥmân ar-Raḥîm), et pour les sceller, car cela écarte davantage le soupçon. Tel est l’usage établi.
On rapporte de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb qu’il a dit : « Tout écrit qui n’est pas scellé est dépouillé (aghlaf). »
Et dans le ḥadîth : « La noblesse d’un écrit réside dans son sceau. »
Un homme de lettres – il s’agit d’Ibn al-Muqaffaʿ – a déclaré : « Celui qui écrit à son frère sans sceller sa lettre le traite avec légèreté, car le sceau est une sauvegarde. »
Anas rapporte : « Lorsque le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – voulut écrire aux peuples non arabes, on lui dit : “Ils n’acceptent qu’une lettre munie d’un sceau.” Il fit donc fabriquer un anneau-sceau et grava sur sa pierre : “Lâ ilâha illâ Allâh – Muḥammad Rasûl Allâh.” Il me semble encore voir l’éclat et la blancheur de ce sceau dans la paume de sa main. »
Sixième point – Parole du Très-Haut : « Il vient de Sulaymân, et il commence certes par : ‘Au nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux’. »
Le terme « wa innahu » est récité, dans les deux cas, avec kasra, c’est-à-dire : « En vérité, le contenu du discours est… » ou : « En vérité, le début du discours est : ‘Bismillâh…’. »
Al-Farrâ’ permet la lecture « annahu » avec fatḥa dans les deux occurrences, en les considérant comme étant, tous deux, au nominatif, en apposition au mot « kitâb », au sens de : « Il m’a été remis qu’il est de Sulaymân. » Il autorise également qu’ils soient au cas accusatif par suppression de la préposition, c’est-à-dire : « (li-)annahu min Sulaymân wa (li-)annahu… », comme si elle justifiait la noblesse de la lettre par le fait qu’elle émane de Sulaymân et qu’il l’a commencée par « Bismillâh ».
Al-Ashhab al-ʿUqaylî et Muḥammad ibn as-Samayqaʿ ont récité : « allâ taghlû » avec la lettre ghayn, et il est rapporté de Wahb ibn Munabbih, du verbe « ghalâ yaghlu » (dépasser la mesure, s’enfler d’orgueil). Cette lecture rejoint, dans le sens, la récitation de la majorité.
« Et venez à moi en musulmans » : c’est-à-dire soumis, obéissants et croyants.