Dix-septième point : Ce verset constitue une preuve qu’il est légitime d’adresser des lettres aux polythéistes, de leur transmettre l’appel et de les convier à l’Islam. Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – a en effet écrit à Chosroès, à César et à tout potentat, comme cela a déjà été mentionné dans la sourate Âl-ʿImrân (note 1).
Dix-huitième point – « Puis éloigne-toi d’eux » : L’ordre donné de se retirer relève de la bienséance, afin que l’on s’écarte selon l’étiquette requise envers les rois. Autrement dit : demeure toutefois assez proche pour observer leur réaction, a expliqué Wahb ibn Munabbih. Ibn Zayd déclare qu’il s’agit d’un ordre de retour vers lui : « Dépose-la puis reviens. » Quant à la parole divine : « Regarde donc ce qu’ils ramènent », elle précède, dans le sens, l’expression « Puis éloigne-toi », car la cohérence du propos apparaît plus claire ainsi : « Jette-la, puis éloigne-toi, et entre-temps observe, c’est-à-dire attends. » Selon d’autres, l’expression signifie : « Sache », comme dans : « … et que l’homme considère ce qu’il a avancé de ses mains » ; c’est-à-dire : sache ce qu’ils répondront et quelle parole ils retourneront. D’aucuns ont dit encore : « Regarde donc ce qu’ils ramènent », c’est-à-dire ce qu’ils se renvoient entre eux comme propos.
Sourate an-Naml (27), versets 29 à 31 : « Elle dit : Ô notables ! Il m’a été lancé un écrit noble (29) ; il vient de Sulaymân et il est : Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux (30) ; ne vous dressez pas contre moi et venez à moi en musulmans (31). »
Il y a dans ces versets six questions :
Premièrement : Sa parole – Exalté soit-Il – « Elle dit : Ô notables ! ». Le discours comporte une ellipse : l’oiseau partit, le leur jeta, puis il l’entendit tandis qu’elle disait : « Ô notables ! ». Elle qualifia ensuite la lettre de « noble », soit parce qu’elle émanait d’un personnage éminent à ses yeux et aux leurs, de sorte qu’elle la grandit par déférence envers Sulaymân – sur lui la paix –, ainsi l’explique Ibn Zayd ; soit parce qu’elle faisait allusion au sceau apposé sur l’écrit, l’honneur d’une lettre résidant dans son sceau, ainsi qu’il est rapporté du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. D’autres ont dit : parce qu’elle commençait par « Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux », le Prophète – paix et bénédictions sur lui – ayant déclaré : « Toute parole qui ne débute pas par “Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux” est amputée. » D’autres ont dit : parce qu’elle commença