Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je sortis donc et trouvai Muḥammad ibn Maslamah ; je le fis venir et il témoigna. Un récit analogue est rapporté dans le ḥadith d’Abū Mūsā au sujet de la demande de permission, et ailleurs.

Seizièmement –
Parole du Très-Haut :
« Va avec cette lettre de ma part et jette-la à eux » [an-Naml, 27 : 28].

Az-Zajjāj dit : cette expression comporte cinq lectures :

  1. « fa-alqihi ilayhim » – en maintenant la yā’ dans la prononciation ;
  2. « fa-alqī ilayhim » – en omettant la yā’ mais en conservant la kasra qui l’indique ;
  3. « fa-alqīhu ilayhim » – en prononçant la hā’ avec ḍamma et en maintenant la wāw, selon la forme originelle ;
  4. « fa-alqihū ilayhim » – en supprimant la wāw tout en gardant le ḍamma ;
  5. la cinquième lecture, rapportée par Ḥamzah, avec la hā’ muette : « fa-alqih ilayhim ».

An-Naḥḥās commente : pour les grammairiens, cette dernière n’est admissible que par un artifice lointain consistant à supposer une pause. J’ai entendu ʿAlī ibn Sulaymān dire : « Ne prête pas attention à cette justification ; s’il était permis de continuer la récitation tout en ayant l’intention de marquer une pause, il serait alors permis de supprimer la vocalisation des noms. »

Le verbe s’adresse « à eux » (ilayhim), au pluriel, et non « à elle » (ilayhā), parce qu’il avait dit auparavant : « Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil » ; c’est comme s’il disait : « Jette-la à ceux dont c’est la religion », manifestant ainsi son souci de la foi et son exclusif attachement à celle-ci. C’est pour cette raison aussi que l’adresse dans la lettre est formulée au pluriel.

On rapporte, dans les récits relatifs à ce verset, que le huppe arriva et trouva devant la reine des tentures et des murailles. Il se dirigea vers une lucarne qu’elle avait faite percer pour que le soleil y pénètre à son lever, conformément à son adoration de l’astre. Par cette ouverture, il entra et lança la lettre sur Bilqîs alors – dit-on – qu’elle dormait. À son réveil, elle la trouva, en fut effrayée et pensa que quelqu’un était entré auprès d’elle. Elle se leva, constata que tout était en place comme à l’accoutumée, puis regarda la lucarne, préoccupée par l’affaire du soleil ; elle vit alors le huppe et comprit.

Wahb et Ibn Zayd disent : elle possédait une fenêtre orientée vers le lever du soleil ; quand le soleil apparaissait, elle se prosternait. Le huppe la boucha de son aile ; le soleil s’éleva sans qu’elle le vît. Trouvant le lever tardif, elle se leva pour vérifier ; il lança alors le parchemin vers elle. Lorsqu’elle aperçut le sceau, elle frémit et s’humilia, car la royauté de Sulaymân – sur lui la paix – résidait dans son anneau. Elle le lut, rassembla les notables de son peuple et les interpella comme il sera mentionné plus loin.

Muqātil rapporte : le huppe porta la lettre dans son bec, vola jusqu’à se poser sur la tête de la reine, tandis que soldats et guerriers l’entouraient. Il battit des ailes un instant sous leurs regards ; la reine leva la tête et il laissa tomber la lettre dans son giron.

مِنْ ذَلِكَ، فَخَرَجْتُ فَوَجَدْتُ مُحَمَّدَ بْنَ مَسْلَمَةَ فَجِئْتُ بِهِ فَشَهِدَ. وَنَحْوَهُ حَدِيثُ أَبِي مُوسَى فِي الِاسْتِئْذَانِ وَغَيْرِهِ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (اذْهَبْ بِكِتابِي هَذَا فَأَلْقِهْ إِلَيْهِمْ) قَالَ الزَّجَّاجُ: فِيهَا خَمْسَةُ أَوْجُهٍ " فَأَلْقِهْ إِلَيْهِمْ" بِإِثْبَاتِ الْيَاءِ فِي اللَّفْظِ. وَبِحَذْفِ الْيَاءِ وَإِثْبَاتِ الْكَسْرَةِ دَالَّةً عَلَيْهَا " فَأَلْقِهِ إِلَيْهِمْ" . وَبِضَمِّ الْهَاءِ وَإِثْبَاتِ الْوَاوِ على الأصل " فَأَلْقِهْ إِلَيْهِمْ" . وَبِحَذْفِ الْوَاوِ وَإِثْبَاتِ الضَّمَّةِ " فَأَلْقِهُ إِلَيْهِمْ" . وَاللُّغَةُ الْخَامِسَةُ قَرَأَ بِهَا حَمْزَةُ بِإِسْكَانِ الْهَاءِ " فَأَلْقِهْ إِلَيْهِمْ" . قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا عِنْدَ النَّحْوِيِّينَ لَا يَجُوزُ إِلَّا عَلَى حِيلَةٍ بَعِيدَةٍ تَكُونُ: يُقَدَّرُ الْوَقْفُ، وَسَمِعْتُ عَلِيَّ بْنَ سُلَيْمَانَ يَقُولُ: لَا تَلْتَفِتْ إِلَى هَذِهِ الْعِلَّةِ، وَلَوْ جَازَ أَنْ يَصِلَ وَهُوَ يَنْوِي الْوَقْفَ لَجَازَ أَنْ يُحْذَفَ الْإِعْرَابُ مِنَ الْأَسْمَاءِ. وَقَالَ: " إِلَيْهِمْ" عَلَى لَفْظِ الْجَمْعِ وَلَمْ يَقُلْ إِلَيْهَا، لِأَنَّهُ قَالَ: " وَجَدْتُها وَقَوْمَها يَسْجُدُونَ لِلشَّمْسِ" فَكَأَنَّهُ قَالَ: فَأَلْقِهْ إِلَى الَّذِينَ هَذَا دِينُهُمْ، اهْتِمَامًا مِنْهُ بِأَمْرِ الدِّينِ، وَاشْتِغَالًا بِهِ عَنْ غَيْرِهِ، وَبُنِيَ الْخِطَابُ فِي الْكِتَابِ عَلَى لَفْظِ الْجَمْعِ لِذَلِكَ. وَرُوِيَ فِي قَصَصِ هَذِهِ الْآيَةِ أَنَّ الْهُدْهُدَ وَصَلَ فَأَلْفَى دُونَ هَذِهِ الْمَلِكَةِ حُجُبَ جُدْرَانٍ، فَعَمَدَ إِلَى كُوَّةٍ كَانَتْ بِلْقِيسُ صَنَعَتْهَا لِتَدْخُلَ مِنْهَا الشَّمْسُ عِنْدَ طُلُوعِهَا لِمَعْنَى عِبَادَتِهَا إِيَّاهَا، فَدَخَلَ مِنْهَا وَرَمَى الْكِتَابَ عَلَى بِلْقِيسَ وَهِيَ- فِيمَا يُرْوَى- نَائِمَةٌ، فَلَمَّا انْتَبَهَتْ وَجَدَتْهُ فَرَاعَهَا، وَظَنَّتْ أَنَّهُ قَدْ دَخَلَ عَلَيْهَا أَحَدٌ، ثُمَّ قَامَتْ فَوَجَدَتْ حَالَهَا كَمَا عَهِدَتْ، فَنَظَرَتْ إِلَى الْكُوَّةِ تَهَمُّمًا بِأَمْرِ الشَّمْسِ، فَرَأَتِ الْهُدْهُدَ فَعَلِمَتْ. وَقَالَ وَهْبٌ وَابْنُ زَيْدٍ: كَانَتْ لَهَا كُوَّةٌ مُسْتَقْبِلَةً مَطْلِعَ الشَّمْسِ، فَإِذَا طَلَعَتْ سَجَدَتْ، فَسَدَّهَا الْهُدْهُدُ بِجَنَاحِهِ، فَارْتَفَعَتِ الشَّمْسُ وَلَمْ تَعْلَمْ، فَلَمَّا اسْتَبْطَأَتِ الشَّمْسَ قَامَتْ تَنْظُرُ فَرَمَى الصَّحِيفَةَ إِلَيْهَا، فَلَمَّا رَأَتِ الْخَاتَمَ ارْتَعَدَتْ وَخَضَعَتْ، لِأَنَّ مُلْكَ سُلَيْمَانَ عَلَيْهِ السَّلَامُ كَانَ فِي خَاتَمِهِ، فَقَرَأَتْهُ فَجَمَعَتِ الْمَلَأَ مِنْ قَوْمِهَا فَخَاطَبَتْهُمْ بِمَا يَأْتِي بَعْدُ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: حَمَلَ الْهُدْهُدُ الْكِتَابَ بِمِنْقَارِهِ، وَطَارَ حَتَّى وَقَفَ عَلَى رَأْسِ الْمَرْأَةِ وَحَوْلَهَا الْجُنُودُ وَالْعَسَاكِرُ، فَرَفْرَفَ سَاعَةً وَالنَّاسُ يَنْظُرُونَ إِلَيْهِ، فَرَفَعَتِ الْمَرْأَةُ رَأْسَهَا فَأَلْقَى الْكِتَابَ فِي حِجْرِهَا.

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