[Sourate an-Naml (27) : versets 20 à 28]
20 Il passa en revue les oiseaux et dit : « Qu’ai-je donc ? Je ne vois pas la huppe ; serait-elle parmi les absents ? »
21 « Je la châtierai d’un châtiment sévère, ou bien je la saignerai, à moins qu’elle ne me rapporte un argument clair. »
22 La huppe ne tarda pas et dit : « J’ai embrassé [d’un regard] ce que tu n’as pas embrassé, et je t’apporte, de Saba’, une nouvelle certaine. »
23 « J’y ai trouvé une femme qui les gouverne ; tout lui a été donné, et elle possède un trône immense. »
24 « Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu d’Allâh. Satan leur a embelli leurs œuvres et les a détournés du sentier, si bien qu’ils ne sont pas bien guidés, »
25 « — de sorte qu’ils ne se prosternent pas devant Allâh, Celui qui fait sortir le secret des cieux et de la terre et qui sait ce que vous cachez comme ce que vous divulguez — »
26 « Allâh : point de divinité en dehors de Lui, Seigneur du Trône sublime. »
27 [Sulaymân] dit : « Nous allons voir si tu as dit vrai ou si tu es du nombre des menteurs. »
28 « Pars avec ma lettre, dépose-la auprès d’eux, puis éloigne-toi d’eux et observe ce qu’ils décideront. »
Ce passage comporte dix-huit questions :
Premièrement – La parole du Très-Haut : « Il passa en revue les oiseaux. » Il rappelle ici un autre événement survenu durant le voyage — où il avait déjà été question des fourmis, comme mentionné précédemment. Le verbe « passer en revue » (tafaqqada) signifie : rechercher ce qui a disparu de ta vue. « Aṭ-ṭayr » est un nom collectif dont le singulier est « ṭâʾir » ; ici, le terme désigne l’espèce aviaire dans son ensemble. Les oiseaux l’accompagnaient en voyage et l’ombrageaient de leurs ailes.
Les exégètes ont divergé sur la raison de cette inspection.
• Un premier groupe dit : cela relève de la vigilance qu’exige l’administration du royaume et du soin accordé à chacun de ses éléments ; tel est le sens apparent du verset.
• Un second groupe dit : il inspecta les oiseaux parce que le soleil avait traversé l’emplacement de la huppe lorsqu’elle était absente ; cela le conduisit à les passer en revue afin de déterminer par où le soleil avait pénétré.
• ʿAbd Allâh ibn Salâm dit : il recherchait la huppe parce qu’il avait besoin de connaître la profondeur de l’eau sous la surface de la terre ; il campait en effet dans un désert dépourvu d’eau. Or, la huppe voyait l’intérieur de la terre comme son extérieur et indiquait à Sulaymân l’emplacement de l’eau. Les jinns l’extrayaient ensuite en un court laps de temps, soulevant la croûte terrestre comme on écorche une brebis. C’est ce qu’Ibn ʿAbbâs rapporta d’après Ibn Salâm.
Abû Mijlaz relate qu’Ibn ʿAbbâs dit à ʿAbd Allâh ibn Salâm : « Je souhaite t’interroger sur trois questions. » Il répondit : « M’interrogerais-tu alors que tu récites le Coran ? » — « Oui, [répliqua-t-il,] trois fois. » Il dit : « Pourquoi Sulaymân s’est-il enquit de la huppe et non pas … »