Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

– Ô Prophète d’Allah !
Ils répondirent : « Que pourrions-nous donc lui offrir ? Par Allah, nous ne possédons qu’un seul fruit de jujubier. »
Elle dit : « Fort bien, apportez-le moi. » On le lui apporta ; elle le prit dans sa bouche puis se mit en route en le traînant. Allah ordonna alors au vent de la soulever : la voilà qui fendait les rangs des humains, des djinns, des savants et des prophètes assis sur le tapis, jusqu’à ce qu’elle parvînt devant Sulaymân. Là, elle déposa ce fruit, qu’elle tenait dans sa bouche, dans la paume de sa main,

et se mit à déclamer :
« Ne vois-tu pas que nous offrons à Allah ce qui Lui appartient ?
Bien qu’Il s’en passe, Il l’agrée cependant.
Si l’on devait présenter au Très-Majestueux un don à la mesure de Sa grandeur,
la mer, un jour durant, et son rivage n’y suffiraient pas.
Mais nous faisons un présent à Celui que nous aimons,
Il s’en satisfait pour nous et loue celui qui l’offre.
Ce n’est là que par la noblesse de Ses actes,
car, dans notre royaume, rien ne saurait Lui ressembler. »

Sulaymân lui dit alors : « Qu’Allah répande Sa bénédiction sur vous ! » Par suite de cette invocation, ils devinrent les créatures les plus reconnaissantes envers Allah et les plus nombreuses.

Ibn ‘Abbâs rapporte : « Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a interdit de mettre à mort quatre animaux : la huppe, le sourad (une espèce de passereau), la fourmi et l’abeille. » Ce hadith est rapporté par Abû Dâwûd et authentifié par Abû Muḥammad ‘Abd al-Ḥaqq ; il est également transmis par Abû Hurayra, et le sujet a déjà été traité dans la sourate « Al-A‘râf ».

La fourmi fit l’éloge de Sulaymân et informa les autres du mieux qu’elle le put en disant qu’ils ne s’apercevraient pas, s’ils vous écrasaient, qu’ils le feraient sans intention délibérée ; elle disculpa ainsi Sulaymân et ses soldats de toute injustice. C’est pourquoi il est défendu de la tuer, de même que la huppe, car elle guida Sulaymân vers l’eau et fut son émissaire auprès de Bilqîs.

Selon ‘Ikrima, Allah détourna le mal de Sulaymân à l’égard de la huppe parce qu’elle était dévouée à ses parents. Quant au sourad, on le surnomme « l’assidu au jeûne ».

Il est rapporté d’Abû Hurayra : « Le premier à avoir jeûné fut le sourad. Lorsque Ibrâhîm — paix sur lui — quitta le Shâm pour le Ḥaram afin d’édifier la Maison sacrée, la Sakîna (la sérénité) l’accompagnait ainsi que le sourad ; l’oiseau lui indiqua l’emplacement et la Sakîna en détermina les dimensions. Lorsqu’il atteignit la parcelle, la Sakîna se posa à l’endroit de la Ka‘ba et s’écria : “Ô Ibrâhîm, bâtis-la à la mesure de mon ombre.” »

Il a été vu, dans la sourate « Al-A‘râf », la raison de l’interdiction de tuer la grenouille, et, dans la sourate « An-Naḥl », l’interdiction de tuer l’abeille. Et la louange est à Allah.

نَبِيِّ اللَّهِ؟ قَالُوا: وَمَا قَدْرُ مَا نُهْدِي لَهُ! وَاللَّهِ مَا عِنْدَنَا إِلَّا نَبْقَةٌ وَاحِدَةٌ. قَالَتْ: حَسَنَةٌ، ايتُونِي بِهَا. فَأَتَوْهَا بِهَا فَحَمَلَتْهَا بِفِيهَا فَانْطَلَقَتْ تَجُرُّهَا، فَأَمَرَ اللَّهُ الرِّيحَ فَحَمَلَتْهَا، وَأَقْبَلَتْ تَشُقُّ الْإِنْسَ وَالْجِنَّ وَالْعُلَمَاءَ وَالْأَنْبِيَاءَ عَلَى الْبِسَاطِ، حَتَّى وَقَعَتْ بَيْنَ يَدَيْهِ، ثُمَّ وَضَعَتْ تِلْكَ النَّبْقَةَ مِنْ فِيهَا فِي كَفِّهِ، وَأَنْشَأَتْ تَقُولُ: أَلَمْ تَرَنَا نُهْدِي إِلَى اللَّهِ مَالَهُ ... وَإِنْ كَانَ عَنْهُ ذَا غِنًى فَهُوَ قَابِلُهْ وَلَوْ كَانَ يُهْدَى لِلْجَلِيلِ بِقَدْرِهِ ... لَقَصَّرَ عَنْهُ الْبَحْرُ يَوْمًا وَسَاحِلُهْ وَلَكِنَّنَا نُهْدِي إِلَى مَنْ نُحِبُّهُ ... فَيَرْضَى بِهِ عَنَّا وَيُشْكَرُ فَاعِلُهْ وَمَا ذَاكَ إِلَّا مِنْ كَرِيمِ فِعَالِهِ ... وَإِلَّا فَمَا فِي مُلْكِنَا مَا يُشَاكِلُهْ فَقَالَ لَهَا: بَارَكَ اللَّهُ فِيكُمْ، فَهُمْ بِتِلْكَ الدَّعْوَةِ أَشْكَرُ خَلْقِ اللَّهِ وَأَكْثَرُ خَلْقِ اللَّهِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: نَهَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ قَتْلِ أَرْبَعٍ مِنَ الدَّوَابِّ: الْهُدْهُدُ وَالصُّرَدُ وَالنَّمْلَةُ وَالنَّحْلَةُ، خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ وَصَحَّحَهُ أَبُو مُحَمَّدٍ عَبْدُ الْحَقِّ وَرُوِيَ مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ. وَقَدْ مَضَى فِي " الْأَعْرَافِ" «١» . فَالنَّمْلَةُ أَثْنَتْ عَلَى سُلَيْمَانَ وَأَخْبَرَتْ بِأَحْسَنِ مَا تَقْدِرُ عَلَيْهِ بِأَنَّهُمْ لَا يَشْعُرُونَ إِنْ حَطَمُوكُمْ، وَلَا يَفْعَلُونَ ذَلِكَ عَنْ عَمْدٍ مِنْهُمْ، فَنَفَتْ عَنْهُمُ الْجَوْرَ، وَلِذَلِكَ نُهِيَ عَنْ قَتْلِهَا، وَعَنْ قَتْلِ الْهُدْهُدِ، لِأَنَّهُ كَانَ دَلِيلَ سُلَيْمَانَ عَلَى الْمَاءِ وَرَسُولَهُ إِلَى بِلْقِيسَ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: إِنَّمَا صَرَفَ اللَّهُ شَرَّ سُلَيْمَانَ عَنِ الْهُدْهُدِ لِأَنَّهُ كَانَ بَارًّا بِوَالِدَيْهِ. وَالصُّرَدُ يُقَالُ لَهُ الصَّوَّامُ. وَرُوِيَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: أَوَّلُ مَنْ صَامَ الصُّرَدُ وَلَمَّا خَرَجَ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلَامُ مِنَ الشَّأْمِ إِلَى الْحَرَمِ فِي بِنَاءِ الْبَيْتِ كَانَتِ السَّكِينَةُ «٢» مَعَهُ وَالصُّرَدُ، فَكَانَ الصُّرَدُ دَلِيلَهُ عَلَى الْمَوْضِعِ وَالسَّكِينَةُ مِقْدَارَهُ، فَلَمَّا صَارَ إِلَى الْبُقْعَةِ وَقَعَتِ السَّكِينَةُ عَلَى مَوْضِعِ الْبَيْتِ وَنَادَتْ وَقَالَتْ: ابْنِ يَا إِبْرَاهِيمُ عَلَى مِقْدَارِ ظِلِّي. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْأَعْرَافِ" سَبَبُ النَّهْيِ عَنْ قَتْلِ الضُّفْدَعِ وَفِي " النَّحْلِ" «٣» النَّهْيُ عَنْ قَتْلِ النَّحْلِ. وَالْحَمْدُ لِلَّهِ.
(١). راجع ج ٧ ص ٢٧٠ طبعه أولى أو ثانية. (٢). السكينة: سحابة كما في القصة. وَفِي حَدِيثِ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ إِنَّ السكينة ريح سريعة الممر. وليس بواضح. (٣). راجع ج ١٠ ص ١٣٤ طبعه أولى أو ثانية.

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