Al-Mahdawî a dit : Allah – qu’Il soit exalté – a inspiré cela à la fourmi afin que cela soit un miracle en faveur de Sulaymân.
Wahb a déclaré : Allah, le Très-Haut, donna l’ordre au vent de faire parvenir à l’ouïe de Sulaymân toute parole prononcée par quiconque, car les démons complotaient contre lui.
On rapporte également : cette vallée se trouvait au pays du Yémen et il s’agissait d’une fourmi de petite taille, semblable aux fourmis ordinaires – c’est l’opinion d’al-Kalbî.
Nawf al-Shâmî et Shaqîq ibn Salamah disent : les fourmis de cette vallée étaient, par leur taille, pareilles à des loups.
Buraydah al-Aslamî ajoute : plutôt semblables à des brebis.
Muḥammad ibn ‘Alî at-Tirmidhî commente : si elles étaient effectivement de cette constitution, elles posséderaient une voix. Si l’on n’entend pas la voix des fourmis, c’est uniquement en raison de la petitesse de leur corps ; autrement, les oiseaux et les bêtes ont bien des voix : c’est là leur langage, dans lequel se trouvent des sens de tasbîḥ et autres, conformément à la Parole du Très-Haut :
« Il n’est rien qui ne célèbre Sa louange, mais vous n’en saisissez pas la glorification. » (17 : 44)
Je dis : l’expression « qu’ils ne vous écrasent pas » confirme l’avis d’al-Kalbî ; car si elles avaient été de la taille des loups ou des brebis, elles n’auraient pas été broyées par la marche. Allah est plus savant.
Il a dit : « Entrez dans vos demeures », s’adressant à elles comme on s’adresse aux humains, parce que les fourmis furent, ici, traitées comme les fils d’Adam dès lors qu’elles parlèrent comme eux.
Abû Isḥâq ath-Tha‘labî rapporte : j’ai lu dans certains ouvrages que Sulaymân lui dit : « Pourquoi as-tu mis les fourmis en garde ? Craignais-tu mon injustice ? Ne sais-tu pas que je suis un Prophète équitable ? Pourquoi donc as-tu dit : “Sulaymân et ses soldats risquent de vous écraser” ? »
La fourmi répondit : « N’as-tu pas entendu mes mots : “alors qu’ils ne s’en rendent pas compte” ? Je ne visais pas l’écrasement des corps, mais celui des cœurs, de peur qu’ils n’aspirent à ce qui t’a été octroyé, qu’ils ne soient tentés par ce bas monde et que l’admiration de ton royaume ne les détourne du tasbîḥ et de la mention d’Allah. »
Sulaymân lui dit : « Exhorte-moi. »
La fourmi dit : « Sais-tu pourquoi ton père se nomme Dâwud ? »
Il répondit : « Non. »
Elle dit : « Parce qu’il a pansé la blessure de son cœur. Sais-tu pourquoi toi, tu t’appelles Sulaymân ? »
Il dit : « Non. »
Elle répondit : « Parce que tu es sain de tout ressentiment malgré ce qui t’a été donné, en raison de la pureté de ton cœur ; ainsi pourras-tu rejoindre ton père. »
Elle poursuivit : « Sais-tu pourquoi Allah a assujetti le vent à ton service ? »
Il dit : « Non. »
Elle répondit : « Pour t’apprendre que tout ce bas monde n’est que vent. »
Alors, il sourit en riant de ses propos, étonné ; puis elle s’en alla prestement rejoindre les siens et dit : « Avez-vous quelque chose que nous puissions offrir en présent à… »