Ils répondirent : « Non. »
Il (Sulaymân) reprit : « Il dit : “Demandez pardon à Allah, ô pécheurs !” C’est pour cela que le Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — a interdit qu’on le mette à mort.
On rapporte encore que l’oiseau appelé aṣ-ṣurad est celui qui indiqua à Âdam l’emplacement de la Maison (la Kaʿba). Il fut aussi le premier à jeûner ; c’est pourquoi on le surnomme “al-ṣawwâm” (le grand jeûneur) — hadith rapporté d’Abû Hurayra.
Un oiseau “ṭîṭawâ” poussa son cri devant lui. Il dit : « Savez-vous ce qu’il dit ? » — « Non », répondirent-ils. Il déclara : « Il dit : “Tout être vivant est promis à la mort et toute chose neuve finira usée.” »
Une hirondelle cria alors près de lui. Il demanda : « Savez-vous ce qu’elle dit ? » — « Non », répondirent-ils. Il expliqua : « Elle dit : “Préparez de bonnes actions, vous les retrouverez.” C’est pour cela que le Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — a défendu qu’on la tue.
On dit encore qu’après avoir été expulsé du Paradis, Âdam se plaignit à Allah de sa solitude ; le Très-Haut le consola alors par l’hirondelle, qu’Il assigna aux demeures des hommes ; elle ne quitte plus les fils d’Âdam afin de leur tenir compagnie.
Il ajouta : « Cet oiseau récite également quatre versets du Livre d’Allah — Puissant et Majestueux — :
“Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vue…” jusqu’à la fin du passage, et elle prolonge sa voix sur les mots : “al-ʿAzîzu l-Ḥakîm” (le Tout-Puissant, le Sage). »
Une colombe roucoula auprès de Sulaymân. Il dit : « Savez-vous ce qu’elle dit ? » — « Non », répondirent-ils. Il déclara : « Elle dit : “Gloire à mon Seigneur, le Très-Haut, autant qu’il y a dans Ses cieux et Sa terre.” » De même, un tourterelle (qumrî) poussa son cri auprès de Sulaymân. Il demanda : « Savez-vous ce qu’il dit ? » — « Non », répondirent-ils. Il expliqua : « Il dit : “Gloire à mon Seigneur, le Sublime, le Dominateur.” »
Kaʿb rapporta : Sulaymân leur apprit encore que le corbeau disait : « Ô Allah, maudis le percepteur injuste ! » que la buse disait : « “Tout est voué à périr, sauf Sa Face.” » que l’outarde disait : « Celui qui se tait demeure en sûreté. » que le perroquet disait : « Malheur à qui fait de ce bas monde son unique souci. » que la grenouille disait : « Gloire à mon Seigneur, le Très-Saint. » que le faucon disait : « Gloire à mon Seigneur et louange à Lui. » et que le crabe disait : « Gloire à Celui dont on parle dans toutes les langues et en tout lieu. »
Makhûl rapporta qu’une perdrix cria auprès de Sulaymân. Il demanda : « Savez-vous ce qu’elle dit ? » — « Non », répondirent-ils. Il dit : « Elle proclame : “Le Tout-Miséricordieux S’est établi sur le Trône.” »
Al-Ḥasan rapporta que le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — a dit : « Lorsque le coq chante, il dit : “Rappelez-vous Allah, ô insouciants !” »
Al-Ḥasan ibn ʿAlî ibn Abî Ṭâlib transmit que le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — a dit : « Quand l’aigle lance son cri, il dit : “Ô fils d’Âdam, vis autant que tu voudras, ton terme sera la mort.” Quand le vautour crie, il dit : “Le repos réside dans l’éloignement des gens.” Quand le coucou (qunbur) crie, il dit : “Mon Dieu, maudis ceux qui détestent les gens de la famille de Muḥammad.” Et lorsque l’hirondelle crie, elle récite : “Louange à Allah, Seigneur de l’univers…” jusqu’à la fin, puis elle conclut par : “… ni des égarés”, en prolongeant sa voix comme le fait le récitant. »
Qatâda et al-Shaʿbî ont déclaré : « Cette particularité (la compréhension des propos) est exclusive aux oiseaux, conformément à la parole divine : “Il nous a appris le langage des oiseaux.” »