« Et ils dirent : « Louange à Allah, Celui qui nous a distingués au-dessus d’un grand nombre de Ses serviteurs croyants. »
Ce verset prouve la noblesse du savoir, l’éminence de son rang, la prééminence de ceux qui le portent et le professent ; il atteste que la grâce de la science compte parmi les plus sublimes faveurs et les dons les plus abondants. Celui à qui elle est concédée a certes reçu un privilège sur beaucoup des serviteurs croyants d’Allah :
« Allah élève en degrés ceux d’entre vous qui ont cru ainsi que ceux à qui le savoir a été donné. »
Cette question a déjà été abordée à plusieurs reprises.
Parole du Très-Haut :
« Et Salomon hérita de David. Il dit : “Ô gens ! Il nous a été enseigné le langage des oiseaux et nous avons reçu (d’Allah) abondance de toute chose.” »
Al-Kalbî rapporte : David — que la paix soit sur lui — avait dix-neuf fils ; seul Salomon hérita de sa prophétie et de sa royauté. S’il s’était agi d’un héritage matériel, tous ses enfants y auraient eu part à parts égales.
Ibn al-ʿArabî commente : Si l’héritage avait concerné les biens, il se serait partagé entre eux selon leur nombre ; or Allah a réservé à Salomon la sagesse et la prophétie qui appartenaient à David, et, par pure grâce, Il y ajouta un règne qu’il ne convenait à personne d’autre après lui.
Ibn ʿAtiyya dit : David, issu des Enfants d’Israël, était roi ; Salomon hérita de son royaume et de sa dignité prophétique, c’est-à-dire que cette charge lui revint après la mort de son père — on l’a donc qualifiée d’« héritage » par extension, à l’image de l’expression : « Les savants sont les héritiers des prophètes. »
La parole du Prophète (sur lui la paix) : « Nous, communauté des prophètes, ne léguons pas d’héritage » peut s’entendre comme la description de la pratique générale des prophètes et de leur voie, même s’il y eut, selon l’avis le plus répandu, des cas où certains laissèrent un héritage matériel, tel Zacharie.
C’est comparable à la formule : « Nous, musulmans, c’est le culte qui nous occupe », voulant dire que tel est l’état de la majorité, ou à ce qu’a rapporté Sîbawayh : « Nous, Arabes, sommes les plus hospitaliers envers l’hôte. »
Je dis : cette question a déjà été traitée dans la sourate Maryam, et l’opinion correcte demeure la première, fondée sur la parole prophétique générale : « Nous, communauté des prophètes, ne laissons pas d’héritage », d’où il ne saurait être exclu quoi que ce soit sans preuve spécifique.
Mouqâtal explique : le royaume de Salomon surpassa celui de David et il rendait la justice encore plus que son père, tandis que David excellait davantage dans l’adoration.
D’autres ajoutent : aucun prophète n’atteignit la puissance que connut Salomon, car Allah — glorifié soit-Il — mit à son service les humains, les djinns, les oiseaux et les bêtes sauvages, et il lui accorda ce qu’Il n’accorda à nul autre parmi les mondes. Il hérita de son père la royauté et la prophétie, perpétua après lui sa loi, et tous les prophètes envoyés après Moïse — qu’ils aient été suscités ou non — ne suivirent en réalité que la Loi mosaïque, jusqu’à la venue du Messie — paix sur lui — qui l’abrogea. Entre lui et l’Hégire, il y a environ mille huit cents ans. Les Juifs, eux, disent : « mille… »