Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et Pureté à Allah, Seigneur des mondes ! »

Il s’agit d’une proclamation de la transcendance et de la sanctification d’Allah, Seigneur des mondes, comme cela a déjà été expliqué en divers passages.

Le sens en est : ceux qui se trouvent autour (du Buisson) disent : « Pureté à Allah ! », mais la mention a été omise.

On a aussi dit : Moïse – que la paix soit sur lui – prononça cette glorification dès qu’il eut achevé d’entendre l’appel, implorant ainsi l’aide d’Allah et Le magnifiant ; c’est l’avis de As-Suddî.

D’autres ont soutenu qu’il s’agit d’une parole d’Allah, et son sens serait : « Bénédiction sur quiconque exalte Allah, Seigneur des mondes » – rapporté par Ibn Shajarah.

Parole du Très-Haut :

« Ô Moïse ! C’est Moi, Allah, le Tout-Puissant, le Sage. »

Selon les linguistes de Koufa, le pronom « hā’ » n’est ici qu’un soutien (ʿimâd) et non un substitut (kinâya). L’opinion la plus juste est qu’il s’agit d’un pronom explétif renvoyant à l’affaire évoquée : « C’est bien Moi, Allah, le Tout-Puissant », c’est-à-dire le Dominateur, nul n’est semblable à Lui – « le Sage » dans Son ordre et Son acte.

On a également rapporté que Moïse dit : « Seigneur, qui donc m’a interpellé ? » Il lui fut répondu : « C’est Moi qui t’ai appelé : Moi, Allah. »

Parole du Très-Haut :

« Jette ton bâton. »

Wahb ibn Munabbih dit : Moïse crut qu’Allah lui ordonnait de s’en débarrasser, si bien qu’il le jeta.

On a aussi dit : cet ordre visait à montrer à Moïse que Celui qui lui parlait est bien Allah et qu’il est Son messager ; chaque prophète reçoit en lui-même un signe attestant sa prophétie.

Le verset comporte une ellipse : « Jette ton bâton ; il le jeta donc de sa main ; aussitôt il devint un serpent qui remuait comme s’il s’agissait d’un jân », c’est-à-dire un serpent léger de petite taille.

Al-Kalbî dit : ni petit ni grand ; d’autres ont avancé qu’il se changea d’abord en un petit serpent puis, quand Moïse fut rassuré, en un grand.

Certains ont dit : il se transforma tour à tour en petit serpent, puis en femelle qui rampe, puis en énorme thuʿbân (mâle gigantesque).

Une autre explication : il devint un thuʿbân se mouvant comme un jân ; il réunissait donc la taille du grand serpent, la légèreté du jân et ses mouvements rapides – le pluriel de jân est jinnân, d’où le hadith : « Il a été interdit de tuer les jinnân qui vivent dans les maisons. »

« Il tourna le dos en fuyant » par crainte, comme il est d’usage chez les hommes, « et ne se retourna pas », c’est-à-dire qu’il ne revint pas sur ses pas, selon Mujâhid ; selon Qatâda : il ne se retourna même pas.

« Ô Moïse, ne crains pas », c’est-à-dire (ne redoute pas) le serpent ni son atteinte.

« Car, auprès de Moi, les messagers n’éprouvent point de crainte ». La phrase s’achève ici, puis vient une exception disjointe : « sauf celui qui a commis une injustice ».

On a dit qu’il s’agit d’un élargissement implicite : « Auprès de Moi les messagers ne craignent pas, mais c’est plutôt d’autres qu’eux qui craignent, parmi ceux qui ont commis une injustice ».

« — sauf celui qui a commis une injustice puis a substitué le bien au mal : celui-là n’a plus de crainte », a précisé Al-Farrâ’.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَسُبْحانَ اللَّهِ رَبِّ الْعالَمِينَ) تَنْزِيهًا وَتَقْدِيسًا لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي غير موضع، والمعنى: أي يقول حَوْلَهَا " وَسُبْحانَ اللَّهِ" فَحُذِفَ. وَقِيلَ: إِنَّ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ قَالَهُ حِينَ فَرَغَ مِنْ سَمَاعِ النِّدَاءِ، اسْتِعَانَةً بِاللَّهِ تَعَالَى وَتَنْزِيهًا لَهُ، قَالَهُ السُّدِّيُّ. وَقِيلَ: هُوَ مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى. وَمَعْنَاهُ: وَبُورِكَ فِيمَنْ سَبَّحَ اللَّهَ تَعَالَى رَبَّ الْعَالَمِينَ، حَكَاهُ ابْنُ شَجَرَةَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَا مُوسى إِنَّهُ أَنَا اللَّهُ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ) الْهَاءُ عِمَادٌ وَلَيْسَتْ بِكِنَايَةٍ فِي قَوْلِ الْكُوفِيِّينَ. وَالصَّحِيحُ أنها كناية عن الامر والشأن (أَنَا اللَّهُ الْعَزِيزُ) الْغَالِبُ الَّذِي لَيْسَ كَمِثْلِهِ شي " الْحَكِيمُ" فِي أَمْرِهِ وَفِعْلِهِ. وَقِيلَ: قَالَ مُوسَى يَا رَبِّ مَنِ الَّذِي نَادَى؟ فَقَالَ لَهُ: " إِنَّهُ" أَيْ إِنِّي أَنَا الْمُنَادِي لَكَ " أَنَا اللَّهُ" . قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَلْقِ عَصاكَ) قَالَ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: ظَنَّ مُوسَى أَنَّ اللَّهَ أَمَرَهُ أَنْ يَرْفُضَهَا فَرَفَضَهَا. وَقِيلَ: إِنَّمَا قَالَ لَهُ ذَلِكَ لِيَعْلَمَ مُوسَى أَنَّ الْمُكَلِّمَ لَهُ هُوَ الله، وأن موسى رسوله، وكل نبى لأبد لَهُ مِنْ آيَةٍ فِي نَفْسِهِ يَعْلَمُ بِهَا نُبُوَّتَهُ. وَفِي الْآيَةِ حَذْفٌ: أَيْ وَأَلْقِ عَصَاكَ فَأَلْقَاهَا مِنْ يَدِهِ فَصَارَتْ حَيَّةً تَهْتَزُّ كَأَنَّهَا جَانٌّ، وَهِيَ الْحَيَّةُ الْخَفِيفَةُ الصَّغِيرَةُ الْجِسْمِ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: لَا صَغِيرَةً وَلَا كَبِيرَةً. وَقِيلَ: إِنَّهَا قُلِبَتْ لَهُ أَوَّلًا حَيَّةً صَغِيرَةً فَلَمَّا أَنِسَ مِنْهَا قُلِبَتْ حَيَّةً كَبِيرَةً. وَقِيلَ: انْقَلَبَتْ مَرَّةً حَيَّةً صَغِيرَةً، وَمَرَّةً حَيَّةً تَسْعَى وَهِيَ الْأُنْثَى، وَمَرَّةً ثُعْبَانًا وَهُوَ الذَّكَرُ الْكَبِيرُ مِنَ الْحَيَّاتِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى انْقَلَبَتْ ثُعْبَانًا تَهْتَزُّ كَأَنَّهَا جَانٌّ لَهَا عِظَمُ الثُّعْبَانِ وَخِفَّةُ الْجَانِّ وَاهْتِزَازُهُ وَهِيَ حَيَّةٌ تَسْعَى. وَجَمْعُ الْجَانِّ جِنَّانٌ، وَمِنْهُ الْحَدِيثُ " نَهَى عَنْ قَتْلِ الْجِنَّانِ الَّتِي فِي الْبُيُوتِ" . (وَلَّى مُدْبِراً) خَائِفًا عَلَى عَادَةِ الْبَشَرِ (وَلَمْ يُعَقِّبْ) أَيْ لَمْ يَرْجِعْ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ. وَقَالَ قَتَادَةُ: لَمْ يَلْتَفِتْ. (يَا مُوسى لَا تَخَفْ) أَيْ مِنَ الْحَيَّةِ وَضَرَرِهَا. (إِنِّي لَا يَخافُ لَدَيَّ الْمُرْسَلُونَ) وَتَمَّ الْكَلَامُ ثُمَّ اسْتَثْنَى اسْتِثْنَاءً مُنْقَطِعًا فَقَالَ: (إِلَّا مَنْ ظَلَمَ) . وَقِيلَ: إِنَّهُ اسْتِثْنَاءٌ مِنْ مَحْذُوفٍ، وَالْمَعْنَى: إِنِّي لَا يَخَافُ لَدَيَّ الْمُرْسَلُونَ وَإِنَّمَا يَخَافُ غَيْرُهُمْ مِمَّنْ ظَلَمَ (إِلَّا مَنْ ظَلَمَ ثُمَّ بَدَّلَ حُسْناً بَعْدَ سُوءٍ) فَإِنَّهُ لا يخاف، قاله الفراء.

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