si ce n’est une verdure éclatante et une grande beauté. Moûsâ en fut émerveillé ; tenant à la main un faisceau de rameaux, il se pencha vers elle pour en prendre une braise. Alors la flamme se pencha vers lui ; il en eut peur et recula. Mais elle ne cessa de l’attirer et lui ne cessa d’espérer s’en approcher, jusqu’à ce que la réalité lui apparût : cette flamme était mûe par un ordre inconnu de lui. C’est alors que retentit l’appel : « On l’appela : “Béni soit Celui qui est dans le feu et ceux qui l’entourent.” » – Ce sens a déjà été évoqué dans la sûrate Tâ-Hâ.
« Nûdiya » : c’est-à-dire, Allah l’appela, comme Il dit : « Nous l’appelâmes du côté droit du mont Tûr. »
« An bûrika » : Az-Zajjâj explique que le mot « inna » y est, par ellipse, à la place de l’accusatif ; il peut aussi, selon lui, être considéré au nominatif, devenant alors le sujet d’un verbe passif dont l’agent n’est pas nommé. Abû Hâtim rapporte qu’on lit, dans la récitation d’Ubayy, d’Ibn ‘Abbâs et de Mujâhid : « أن بوركت النارُ ومن حولَها » – « Que soit bénie la flamme et ceux qui l’entourent. »
An-Nahhâs déclare qu’aucune chaîne vraiment authentique ne confirme cette leçon ; quand bien même elle le serait, il la tiendrait pour un simple commentaire, la bénédiction revenant alors au feu et à ceux qui l’entourent, c’est-à-dire aux anges ainsi qu’à Moûsâ.
Al-Kisâ’î rapporte que les Arabes disent : « Bâraka-ka-llâh » et « Bâraka fîka. » Ath-Tha‘labî ajoute : ils emploient quatre tournures : « Bâraka-ka-llâh », « Bâraka fîka », « Bâraka ‘alayka » et « Bâraka laka. » Le poète dit :
« Puisses-tu être béni à ta naissance, béni dans ta croissance,
et béni quand tes cheveux blanchiront, alors que toi-même tu seras déjà grisonnant. »
At-Tabarî remarque qu’Allah a dit : « Béni soit Celui qui est dans le feu » et non pas « Béni soit [en Celui qui est] dans le feu », contrairement à l’usage de ceux qui disent : « Bâraka-ka-llâh. » On dit également : « Bârakahû-llâh », « Bâraka lahu », « Bâraka ‘alayhi », « Bâraka fîhi » – toutes formules ayant un sens voisin ; c’est-à-dire : bénédiction sur Celui qui est dans le feu, à savoir Moûsâ, ou sur celui qui se trouve près du feu, non pas au cœur de celle-ci.
As-Suddi affirme que des anges se trouvaient dans la flamme ; la bénédiction vise donc Moûsâ et les anges : « Que la bénédiction soit sur toi, ô Moûsâ, et sur les anges qui l’entourent. » Il s’agit d’un salut qu’Allah adresse à Moûsâ et d’un honneur, tout comme Il salua Ibrâhîm par la bouche des anges lorsqu’ils entrèrent chez lui : « La miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de la maison. »
Troisième avis, rapporté par Ibn ‘Abbâs, Al-Ḥasan et Sa‘îd Ibn Jubayr : « Quddisa man fin-nâr » – « Sanctifié soit Celui qui est dans le feu », c’est-à-dire Allah – pureté et transcendance à Lui –, qui parle ici de Sa propre Personne.
Ibn ‘Abbâs et Muhammad Ibn Ka‘b disent : la flamme est la lumière d’Allah ; Allah appela Moûsâ depuis cette lumière. Autrement dit, Moûsâ aperçut une lumière immense qu’il prit pour du feu, car Allah Se manifesta à lui par Ses signes et Sa parole à partir de la flamme, sans pour autant qu’Il Se trouve circonscrit dans un lieu ou une direction : « C’est Lui qui est Dieu dans le ciel et Dieu sur la terre. »