La dérivation de ces deux termes a déjà été exposée dans « Al-Baqarah ». Quant à la sourate Al-Ḥijr, Il – Exalté soit-Il – dit : « Alif, Lām, Rā. Voici les versets du Livre et d’un Coran explicite. » Il a donc mentionné le Livre sous la forme définie et le Coran sous la forme indéfinie, car « Coran » et « Livre » sont deux appellations qui peuvent, chacune, être employées comme nom propre défini ou comme qualificatif. Il l’a qualifié d’« explicite » parce qu’Il y a clairement exposé Ses ordres et Ses interdictions, le licite et l’illicite, Sa promesse et Sa menace, comme cela a déjà été indiqué.
Parole du Très-Haut :
« Guidance et bonne annonce pour les croyants. »
Le terme « hudā » se trouve à l’accusatif, fonction d’état rattachée au « Livre », c’est-à-dire : « Voici les versets du Livre, guides et annonciateurs. » Il est toutefois permis de le considérer au nominatif, en tête de phrase : « Il est une guidance » ; ou, si l’on veut, sur l’implicite « en lui », c’est-à-dire : « En lui se trouve une guidance. » Il est également possible que le prédicat soit : « pour les croyants ». Puis Il les a décrits en disant : « ceux qui accomplissent la Ṣalāt, acquittent la Zakāt, et qui, à propos de l’Au-delà, sont des convaincus. » Cela a déjà été expliqué au début de « Al-Baqarah ».
Parole du Très-Haut :
« Certes, ceux qui ne croient pas en l’Au-delà… »
autrement dit, qui ne croient pas à la résurrection. « Nous avons embelli pour eux leurs œuvres » : il a été dit qu’il s’agit de leurs mauvaises actions, jusqu’à ce qu’ils les voient belles ; et il a été dit : Nous leur avons embelli les bonnes œuvres, mais ils ne les accomplirent point. Az-Zajjāj affirme : Nous avons fait que la rétribution de leur mécréance fût que Nous leur rendîmes agréable ce dans quoi ils se trouvent. « Ils tâtonnent donc » : ils errent dans leurs actes infâmes et dans leur égarement, selon Ibn ʿAbbās. Abū l-ʿĀliyah : ils persistent. Qatādah : ils se divertissent. Al-Ḥasan : ils demeurent perplexes. Le rājiz a dit :
« Dans une steppe dont les confins plongent dans une autre steppe,
Aveugle à la guidée parmi les perplexes… »
Parole du Très-Haut :
« Ceux-là auront le pire châtiment » : il s’agit de la Géhenne. « Et dans l’Au-delà, ce sont eux les plus perdants. » L’expression « dans l’Au-delà » est une précision et non un complément de « plus perdants », car certains ont subi une perte en ce bas-monde et remporté l’Au-delà, tandis que ceux-ci ont perdu l’Au-delà par leur mécréance ; ils sont donc les plus perdants de tous.
Parole du Très-Haut :
« Et certes, tu reçois le Coran » : c’est-à-dire qu’il t’est révélé, tu le reçois, l’apprends et le prends. « De la part d’un Sage, Omniscient. » Le terme « ladun » signifie « auprès », mais il est figé, invariable, car il ne se prête pas à la flexion ; plusieurs variantes dialectales en ont été signalées dans « Al-Kahf ». Ce verset constitue un prélude et une introduction aux récits qu’Il s’apprête à dérouler, avec ce qu’ils recèlent de subtilités de Sa sagesse et de délicatesse de Sa science.