Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

à la manière d’une flèche qui atteint sa cible, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’intérieur (du corps) devienne malade. On dit à ce propos : « un homme mawrī », avec redoublement de la consonne et sans hamza.

Dans le Ṣiḥāḥ il est rapporté : « Al-qayḥu jawfahu yarīhi waryan idhā akalahu », c’est-à-dire : « Le pus a rongé son ventre et l’a entièrement consumé. »

Al-Yazīdī a récité :
« Elle lui dit : “waryan” lorsqu’il s’éclaircit la gorge. »

L’explication la plus satisfaisante donnée au ḥadith est la suivante : il vise l’individu sur lequel la poésie a pris le dessus, au point que son cœur en est rempli, à l’exclusion de toute autre science ou rappel. Il s’y vautre dans le faux et emprunte, par la poésie, des chemins blâmables : multiplication de propos futiles, de bavardages, de médisances et de paroles obscènes. Quiconque est dominé par la poésie se voit nécessairement affublé de ces traits méprisables et abjects, selon l’habitude des gens de lettres. C’est à ce sens que l’imâm al-Bukhârî a fait allusion, dans son Ṣaḥîḥ, lorsqu’il a intitulé ce ḥadith : « Chapitre : Ce qu’il est répréhensible que la poésie prédomine chez l’homme. »

On a aussi dit, pour l’interpréter : il s’agirait de la poésie par laquelle on a vilipendé le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — ou d’autres que lui. Cela n’a pas de valeur : qu’elle soit minime ou abondante, la satire du Prophète constitue une mécréance blâmable ; de même, la satire visant d’autres musulmans est interdite, qu’elle soit peu ou prou. Il n’y a donc aucun sens à réserver la réprobation à l’abondance seule.

Quatrièmement, l’imâm al-Shâfi‘î a dit : « La poésie est une forme de parole ; ce qu’elle a de bon est comme la bonne parole, et ce qu’elle a de mauvais est comme la mauvaise parole. » Il veut dire que la poésie n’est pas blâmée en soi, mais en raison de ce qu’elle renferme. Chez les Arabes, elle tenait en outre une place éminente.

Le premier d’entre eux a dit :
« La blessure de la langue est comme la blessure de la main. »

Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — parlant des vers par lesquels Ḥassân répliquait aux polythéistes, a déclaré : « Ils sont plus expéditifs chez eux que la volée de flèches. » (Rapporté par Muslim.)

At-Tirmidhî — qui l’a authentifié — rapporte d’après Ibn ‘Abbâs que, lors de la ‘umrah al-qaḍâ’, le Prophète — paix et salut sur lui — entra à La Mecque tandis qu’Abd-Allâh ibn Rawâḥah marchait devant lui en déclamant :
« Écartez de son chemin, fils des impies !
Aujourd’hui nous vous frapperons pour le bien de Sa Révélation,
D’un coup qui arrachera les crânes de leurs coussins,
Et fera oublier l’ami à son plus cher ami. »

‘Umar s’écria : « Ô Ibn Rawâḥah ! Dans le Sanctuaire d’Allah et devant le Messager d’Allah ! » Le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — répondit : « Laisse-le, ô ‘Umar ; car ses vers sont plus rapides parmi eux que la projection des flèches. »

مِثَالِ الرَّمْيِ وَهُوَ أَنْ يَدْوَى جَوْفُهُ، يُقَالُ مِنْهُ: رَجُلٌ مَوْرِيٌّ مُشَدَّدٌ غَيْرُ مَهْمُوزٍ. وَفِي الصحاح: وروي الْقَيْحُ جَوْفَهُ يَرِيهِ وَرْيًا إِذَا أَكَلَهُ. وَأَنْشَدَ الْيَزِيدِيُّ: قَالَتْ لَهُ وَرْيًا إِذَا تَنَحْنَحَا وَهَذَا الْحَدِيثُ أَحْسَنَ مَا قِيلَ فِي تَأْوِيلِهِ: إِنَّهُ الَّذِي قَدْ غَلَبَ عَلَيْهِ الشِّعْرُ، وَامْتَلَأَ صَدْرُهُ منه دون علم سواه ولا شي مِنَ الذِّكْرِ مِمَّنْ يَخُوضُ بِهِ فِي الْبَاطِلِ، وَيَسْلُكُ بِهِ مَسَالِكَ لَا تُحْمَدُ لَهُ، كَالْمُكْثِرِ مِنَ اللَّغَطِ وَالْهَذَرِ وَالْغِيبَةِ وَقَبِيحِ الْقَوْلِ. وَمَنْ كان الغالب عليه الشعر لزمته هذه لأوصاف الْمَذْمُومَةُ الدَّنِيَّةُ، لِحُكْمِ الْعَادَةِ الْأَدَبِيَّةِ. وَهَذَا الْمَعْنَى هُوَ الَّذِي أَشَارَ إِلَيْهِ الْبُخَارِيُّ فِي صَحِيحِهِ لَمَّا بَوَّبَ عَلَى هَذَا الْحَدِيثِ " بَابُ مَا يُكْرَهُ أَنْ يَكُونَ الْغَالِبُ عَلَى الْإِنْسَانِ الشِّعْرَ" . وَقَدْ قِيلَ فِي تَأْوِيلِهِ: إِنَّ الْمُرَادَ بِذَلِكَ الشَّعْرُ الَّذِي هُجِيَ بِهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ غَيْرُهُ. وَهَذَا لَيْسَ بِشَيْءٍ، لِأَنَّ الْقَلِيلَ مِنْ هَجْوِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَثِيرَهُ سَوَاءٌ فِي أَنَّهُ كُفْرٌ وَمَذْمُومٌ، وَكَذَلِكَ هَجْوُ غَيْرِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنَ الْمُسْلِمِينَ مُحَرَّمٌ قَلِيلُهُ وَكَثِيرُهُ، وَحِينَئِذٍ لَا يَكُونُ لِتَخْصِيصِ الذَّمِّ بِالْكَثِيرِ مَعْنًى. الرَّابِعَةُ- قَالَ الشَّافِعِيُّ: الشِّعْرُ نَوْعٌ مِنَ الْكَلَامِ حسنه كحسن الكلام وقبيح كَقَبِيحِ الْكَلَامِ، يَعْنِي أَنَّ الشِّعْرَ لَيْسَ يُكْرَهُ لِذَاتِهِ وَإِنَّمَا يُكْرَهُ لِمُضَمَّنَاتِهِ، وَقَدْ كَانَ عِنْدَ الْعَرَبِ عَظِيمُ الْمَوْقِعِ. قَالَ الْأَوَّلُ مِنْهُمْ: وَجُرْحُ اللِّسَانِ كَجُرْحِ الْيَدِ وَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الشِّعْرِ الَّذِي يَرُدُّ بِهِ حَسَّانُ عَلَى الْمُشْرِكِينَ: " إِنَّهُ لَأَسْرَعُ فِيهِمْ مِنْ رَشْقِ النَّبْلِ" أَخْرَجَهُ مُسْلِمٌ. وَرَوَى التِّرْمِذِيُّ وَصَحَّحَهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ مَكَّةَ فِي عُمْرَةِ الْقَضَاءِ وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ رَوَاحَةَ يَمْشِي بَيْنَ يَدَيْهِ وَيَقُولُ: خَلُّوا بَنِي الْكُفَّارِ عَنْ سَبِيلِهِ ... الْيَوْمَ نَضْرِبُكُمْ عَلَى تَنْزِيلِهِ ضَرْبًا يُزِيلُ الْهَامَ عَنْ مَقِيلِهِ ... وَيُذْهِلُ الْخَلِيلَ عَنْ خَلِيلِهِ فَقَالَ عُمَرُ: يا بن رَوَاحَةَ! فِي حَرَمِ اللَّهِ وَبَيْنَ يَدَيْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ! فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " خَلِّ عَنْهُ يَا عُمَرُ فَلَهُوَ أَسْرَعُ فِيهِمْ مِنْ نَضْحِ النبل" .

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies