Un autre poète – et il a fort bien parlé – a dit :
L’amour du Prophète, Messager d’Allah, est un devoir prescrit…
Et l’amour de ses Compagnons est une lumière attestée par la preuve.
Quiconque sait qu’Allah est son Créateur
Qu’il ne s’avise jamais de calomnier Abou Bakr.
Ni Abou Ḥafṣ al-Fārûq, son compagnon,
Ni le calife ‘Uthmân ibn ‘Affân.
Quant à ‘Alî, ses mérites sont notoires ;
Or, une demeure ne se tient que par ses piliers.
Ibn al-‘Arabî dit :
« Quant aux métaphores utilisées dans les comparaisons, elles sont permises, même lorsqu’elles dépassent la mesure et sortent de l’ordinaire ; c’est ainsi que l’ange chargé des visions frappe d’exemples. »
Ka‘b ibn Zuhayr récita devant le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – :
« Su‘âd s’est éloignée ; aujourd’hui mon cœur est transpercé,
Captif d’un amour pour elle, enchaîné, sans rançon.
Et Su‘âd, au matin de la séparation, lorsqu’ils partirent,
N’était qu’une jeune femme gracile, au regard virginal, aux paupières fardées.
Elle dévoile, quand elle sourit, des dents éclatantes de blancheur,
Comme une source désaltérée par un vin pur. »
Dans cette qasîda abondent métaphores et images de toute beauté, et le Prophète – paix et salut sur lui – écoutait sans réprouver la comparaison de sa salive au vin.
Abou Bakr – qu’Allah l’agrée – récita :
« Nous avons perdu la Révélation quand tu nous as quittés,
Et la Parole d’Allah nous a fait ses adieux;
Hormis ce que tu as laissé comme gage pour nous,
Que transmettent les nobles feuillets.
Tu nous as légué un héritage de vérité ;
Sur toi soient la salutation et la paix. »
Si le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – l’écoutait pendant qu’Abou Bakr le déclamait, quel plus haut rang pour l’imitation et l’exemple pourrait-on concevoir ?
Abou ‘Umar dit :
« Nul parmi les gens de science ou de raison ne rejette le beau vers ; il n’est pas un des grands Compagnons, des savants et des modèles qui n’ait composé de la poésie, l’ait citée ou l’ait écoutée en l’approuvant, pourvu qu’elle fût sagesse ou licite, sans obscénité, vulgarité, ni tort causé à un musulman. Dans ces conditions, elle est égale au discours en prose : dès lors qu’elle comporte des propos illicites, il n’est pas permis de l’écouter ni de la réciter. » Abou Hurayra rapporta : « Il a dit… »