Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Voulez-vous que Je vous informe sur qui les démons descendent ?
Ils descendent sur tout imposteur, grand pécheur ».

S’Il a employé le verbe « tanazzalu » (ils descendent), c’est parce qu’ils se trouvent le plus souvent dans l’atmosphère et qu’ils se déplacent dans le vent.

« Ils prêtent l’oreille, mais la plupart d’entre eux sont des menteurs » : ce verset a déjà été commenté dans la sourate « Al-Ḥijr ». L’expression « Ils prêtent l’oreille » est une description des démons, tandis que « la plupart d’entre eux » renvoie aux devins ; selon une autre opinion, ce pronom revient également aux démons.

[Ṣûrat Ach-Chuʿarâʾ, 26 : 224-227]

« Et les poètes : les égarés les suivent. Ne vois-tu pas qu’ils divaguent dans toute vallée, et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ? Excepté ceux qui ont cru, accompli de bonnes œuvres, beaucoup invoqué Allah, et qui se sont défendus après avoir été lésés. Et ceux qui ont lésé sauront bientôt quel retour ils connaîtront. »

Parole du Très-Haut : « Les poètes : les égarés les suivent » comporte six questions.

Premièrement : Le terme « ach-shuʿarâʾ » est le pluriel de « shâʿir », comme « jâhil » (ignorant) et « juhalâʾ ». Ibn ʿAbbâs dit : il s’agit des mécréants. « Les suivent » : les égarés parmi les djinns et les hommes. D’autres disent que « les égarés » sont ceux qui se détournent de la vérité ; ce qui induit que les poètes, eux aussi, sont égarés, car si tel n’était pas le cas, leurs partisans ne le seraient pas non plus.

Nous avons déjà exposé dans la sourate « An-Nûr » ¹ qu’il existe, au sein de la poésie, ce qu’il est permis de déclamer, ce qui est réprouvé et ce qui est illicite.

Muslim rapporte, d’après ʿAmr ibn ach-Sharîd, de son père, qu’il dit : « Un jour, je fis monter le Messager d’Allah — que les prières et salutations d’Allah soient sur lui — en croupe derrière moi. Il me dit : “As-tu des vers d’Umayya ibn Abî aṣ-Ṣalt ?” — Oui, répondis-je. — “Récite !” ordonna-t-il. Je lui déclamai un vers ; il dit : “Encore !” Je déclamai un deuxième vers ; il dit : “Encore !”, jusqu’à ce que j’eus récité cent vers. » Tel est l’enchaînement correct et la version authentique de ce ḥadith.

Il est arrivé que certains copistes de l’ouvrage de Muslim transcrivent : « d’après ʿAmr ibn ach-Sharîd, d’après ach-Sharîd, son père », ce qui est une erreur, car c’est ach-Sharîd lui-même que le Prophète — paix et salut sur lui — fit monter derrière lui ; le nom du père d’ach-Sharîd est Suwayd.

Ce récit prouve qu’il est permis de mémoriser les poésies et de s’y intéresser lorsqu’elles renferment des maximes et des sens louables du point de vue de la Sharîʿa et de la raison naturelle. Le Prophète — paix et salut sur lui — demanda de nombreux vers d’Umayya parce que

قَوْلُهُ تَعَالَى: (هَلْ أُنَبِّئُكُمْ عَلى مَنْ تَنَزَّلُ الشَّياطِينُ. تَنَزَّلُ عَلى كُلِّ أَفَّاكٍ أَثِيمٍ) إِنَّمَا قَالَ: " تَنَزَّلُ" لِأَنَّهَا أَكْثَرُ مَا تَكُونُ فِي الْهَوَاءِ، وَأَنَّهَا تَمُرُّ فِي الرِّيحِ. (يُلْقُونَ السَّمْعَ وَأَكْثَرُهُمْ كاذِبُونَ) تَقَدَّمَ فِي " الْحِجْرِ" . فَ " يُلْقُونَ السَّمْعَ" صفة الشياطين " وَأَكْثَرُهُمْ" يرجع إلى الكهنة. وقيل: إلى الشياطين. [سورة الشعراء (٢٦) : الآيات ٢٢٤ الى ٢٢٧] وَالشُّعَراءُ يَتَّبِعُهُمُ الْغاوُونَ (٢٢٤) أَلَمْ تَرَ أَنَّهُمْ فِي كُلِّ وادٍ يَهِيمُونَ (٢٢٥) وَأَنَّهُمْ يَقُولُونَ مَا لَا يَفْعَلُونَ (٢٢٦) إِلاَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحاتِ وَذَكَرُوا اللَّهَ كَثِيراً وَانْتَصَرُوا مِنْ بَعْدِ مَا ظُلِمُوا وَسَيَعْلَمُ الَّذِينَ ظَلَمُوا أَيَّ مُنْقَلَبٍ يَنْقَلِبُونَ (٢٢٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالشُّعَراءُ يَتَّبِعُهُمُ الْغاوُونَ) فِيهِ سِتُّ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَالشُّعَراءُ" جَمْعُ شَاعِرٍ مِثْلُ جَاهِلٍ وَجُهَلَاءَ، قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: هُمُ الْكُفَّارُ " يَتَّبِعُهُمُ" ضُلَّالُ الْجِنِّ وَالْإِنْسِ. وَقِيلَ " الْغاوُونَ" الزَّائِلُونَ عن الحق، ودل بهذا الشُّعَرَاءَ أَيْضًا غَاوُونَ، لِأَنَّهُمْ لَوْ لَمْ يَكُونُوا غَاوِينَ مَا كَانَ أَتْبَاعُهُمْ كَذَلِكَ. وَقَدْ قَدَّمْنَا فِي سُورَةِ " النُّورِ" «١» أَنَّ مِنَ الشِّعْرِ مَا يَجُوزُ إِنْشَادُهُ، وَيُكْرَهُ، وَيَحْرُمُ. رَوَى مُسْلِمٌ مِنْ حَدِيثِ عَمْرِو بْنِ الشَّرِيدِ عَنْ أَبِيهِ قَالَ: رَدِفْتُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ [يَوْمًا «٢» ] فَقَالَ: " هَلْ مَعَكَ مِنْ شِعْرِ أُمَيَّةَ بْنِ أَبِي الصَّلْتِ شَيْءٌ" قُلْتُ: نَعَمْ. قَالَ " هِيهِ" فَأَنْشَدْتُهُ بَيْتًا. فَقَالَ " هِيهِ" ثُمَّ أَنْشَدْتُهُ بَيْتًا. فَقَالَ " هِيهِ" حَتَّى أَنْشَدْتُهُ مِائَةَ بَيْتٍ. هَكَذَا صَوَابُ هَذَا السَّنَدِ وَصَحِيحُ رِوَايَتِهِ. وَقَدْ وَقَعَ لِبَعْضِ رُوَاةِ كِتَابِ مُسْلِمٍ: عَنْ عَمْرِو بْنِ الشَّرِيدِ عَنِ الشَّرِيدِ أَبِيهِ، وَهُوَ وَهْمٌ، لِأَنَّ الشَّرِيدَ هُوَ الَّذِي أَرْدَفَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَاسْمُ أَبِي الشَّرِيدِ سُوَيْدٌ. وَفِي هَذَا دَلِيلٌ عَلَى حِفْظِ الْأَشْعَارِ وَالِاعْتِنَاءِ بِهَا إِذَا تَضَمَّنَتِ الْحِكَمَ وَالْمَعَانِيَ الْمُسْتَحْسَنَةَ شَرْعًا وَطَبْعًا، وَإِنَّمَا اسْتَكْثَرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ من شعر أمية، لأنه
(١). راجع ج ١٢ ص ٢٧١ طبعه أولى أو ثانية. (٢). الزيادة من صحيح مسلم.

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