Sourate « Les Poètes » (26) : versets 210 à 213
210. « Ce ne sont pas les démons qui l’ont fait descendre » ;
211. « Il ne leur sied point de le faire et ils n’en ont pas la capacité » ;
212. « Ils sont, en vérité, tenus à l’écart de l’écoute » ;
213. « N’invoque donc, avec Allah, aucune autre divinité, de peur que tu ne sois du nombre des châtiés. »
Parole du Très-Haut : « Ce ne sont pas les démons qui l’ont fait descendre » ; il s’agit ici du Coran : c’est plutôt l’Esprit fidèle – Jibrîl (sur lui la paix) – qui le révèle.
« Il ne leur sied point et ils n’en ont pas la capacité. Ils sont certes écartés de toute écoute », c’est-à-dire repoussés par les pluies de projectiles flamboyants, comme cela a déjà été exposé dans la sourate « Al-Ḥijr ».
Al-Ḥasan et Muḥammad b. as-Samayqaʿ ont lu : « وَما تَنَزّلَتْ بِهِ الشَّياطِينُ ». Al-Mahdawî dit : « Cette lecture est irrecevable en arabe et contraire à l’écriture canonique. » Al-Naḥḥâs ajoute : « Tous les grammairiens la considèrent fautive. J’ai entendu ʿAlî b. Sulaymân rapporter de Muḥammad b. Yazîd : “C’est une erreur chez les savants ; elle est née d’une confusion : voyant, à la fin du mot, un yâ’ et un nûn alors qu’il est au cas sujet, al-Ḥasan l’a pris, à tort, pour un pluriel régulier.” »
Dans le ḥadith : « Méfiez-vous du faux pas du savant .» Or il a bien lu, avec tout le monde : « وَإِذا خَلَوْا إِلى شَياطِينِهِمْ ». Si, ici, le mot figurait au nominatif avec la particule de liaison, il aurait fallu retrancher la nûn en raison de l’annexion.
Al-Thaʿlabî rapporte qu’al-Farrâ’ dit : « Le shaykh – c’est-à-dire al-Ḥasan – s’est trompé. » On rapporta ces propos à Naḍr b. Shumayl, qui répliqua : « Si l’on se prévaut de ce qu’ont dit Ru’ba, al-ʿAjjâj et leurs pareils, on peut tout autant invoquer le témoignage d’al-Ḥasan et de son compagnon, d’autant que nous savons qu’ils n’ont lu de la sorte qu’après en avoir entendu quelque chose. »
Al-Mu’arrij déclara : « Si le terme “shayṭân” vient de “shaṭa” – brûler, s’enflammer – leur lecture trouve un appui. » Yûnus b. Ḥabîb dit : « J’entendis un bédouin dire : “Nous sommes entrés dans des bassatînes, et derrière elles d’autres bassatûn.” Je me dis : “Voilà qui ressemble fort à la lecture d’al-Ḥasan.” »
Parole du Très-Haut : « N’invoque donc, avec Allah, aucune autre divinité, de peur que tu ne sois du nombre des châtiés. »
On a dit : le sens est : « Dis-le à quiconque a mécru. » D’autres ont compris qu’il s’agit d’une adresse directe au Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui), bien qu’il soit, par essence, préservé d’un tel acte ; toutefois il en fut interpellé afin que d’autres en tirent la leçon.
La preuve en est la parole suivante : « Et avertis tes proches parents les plus proches », c’est-à-dire : qu’ils ne se reposent pas sur leur lignage ni sur leur parenté avec lui pour délaisser ce qui leur est imposé.