- Les gens de l’Aykah traitèrent les messagers de menteurs,
- lorsque Chuʿayb leur dit : « Ne craindrez-vous donc pas (Allah) ? »
- « Je suis, certes, pour vous un messager digne de confiance.
- Craignez donc Allah et obéissez-moi.
- Je ne vous demande pour cela aucune rétribution ; ma récompense n’incombe qu’au Seigneur des mondes.
- Donnez la mesure complète et ne soyez pas de ceux qui diminuent (la mesure),
- pesez avec la balance exacte,
- ne lésez pas les gens dans leurs biens et ne semez pas la corruption sur la terre,
- et craignez Celui qui vous a créés, vous et les premières générations. »
- Ils dirent : « Tu n’es, certes, qu’un ensorcelé ;
- tu n’es qu’un être humain comme nous et nous te tenons assurément pour un menteur.
- Fais donc tomber sur nous un fragment du ciel, si tu es du nombre des véridiques. »
- Il répondit : « Mon Seigneur connaît parfaitement ce que vous faites. »
- Ils le traitèrent de menteur ; alors le châtiment du « jour du Nuage » les saisit ; quel terrible châtiment que celui de ce jour-là !
- Il y a là assurément un signe, mais la plupart d’entre eux ne croient pas.
- Et ton Seigneur est, certes, le Tout-Puissant, le Très-Miséricordieux.
Parole du Très-Haut :
« Les gens de l’Aykah traitèrent les messagers de menteurs. »
Al-ʾayk désigne le bosquet dense et touffu ; son singulier est ʾaykah.
Celui qui lit « Aṣḥâbu l-ʾaykah » y voit une forêt épaisse, tandis que celui qui lit « Laykah » y voit le nom du village. On dit que ces deux appellations sont comparables à celles de Bakkah et Makkah, selon al-Jawharî.
An-Naḥḥâs rapporte qu’Abû Jaʿfar et Nâfiʿ ont lu : « Les gens de Laykah », de même dans la sourate Ṣâd. Tous les lecteurs s’accordent cependant pour employer le génitif dans les occurrences de la sourate al-Ḥijr et de la sourate Qâf ; il convient donc de ramener la divergence à l’unanimité puisque le sens est unique.
Quant à ce qu’a relaté Abû ʿUbayd — à savoir que « Laykah » serait le nom de la cité où ils vivaient, tandis que « al-ʾaykah » désignerait le pays — cela est une assertion sans fondement, non établie, et l’on n’en connaît pas l’auteur pour en attester l’authenticité. Même si l’auteur était connu, la question demeurerait à examiner, car tous les savants, exégètes et linguistes arabes, la contredisent unanimement.