Et Allah exauça (leur demande). Il dit alors : « Voici une chamelle qui a droit à un tour d’abreuvement », c’est-à-dire une part [de l’eau] : un jour est pour vous, un autre jour pour elle. Ainsi, lorsque venait son jour d’abreuvement, elle buvait toute votre eau au début de la matinée, puis elle vous abreuvait de son lait à la fin du jour. Et lorsque venait votre jour, l’eau était réservée à vous-mêmes, à votre bétail et à vos terres ; il ne vous était pas permis, le jour où elle se présentait, de boire quoi que ce soit de son tour d’eau, pas plus qu’il ne lui était permis, le jour qui vous était dévolu, de boire quoi que ce soit de votre eau.
Al-Farrâ’ dit : « ach-shirb (le “tour d’abreuvement”) désigne la part d’eau ».
An-Naḥḥās ajoute : « Quant au nom verbal, on dit : shariba sharban, shurban ou shirban ; la forme la plus courante est la forme à voyelle médiane fermée (shurban), car les formes à voyelle brisée (shirb) ou ouverte (sharb) se partagent avec d’autres sens. Ainsi, ash-shirb signifie la part d’eau, alors que ash-sharb (ou shurb) peut être le pluriel de shārib (buveur), comme dans le vers :
« Je dis aux shurb à Dirnâ, alors qu’ils étaient ivres… »
Cependant, Abû ‘Amr b. al-‘Alâ’ et al-Kisâ’î préfèrent la vocalisation ouverte (sharb) dans le hadith initial, et ils s’appuient sur la transmission de certains savants selon laquelle le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – a dit : « Ce sont des jours de nourriture et de boisson (sharb) ».
« Et ne la touchez pas d’un mal » : il n’est pas permis ici de faire apparaître le redoublement de la consonne, car il s’agit de deux lettres mobiles appartenant au même type.
« Sinon un châtiment vous saisira (fa-ya’khudhakum) » : c’est la réponse à la défense (an-nahy). Il est permis de supprimer la particule fa’ et de mettre le verbe au jussif, comme cela se trouve dans l’impératif, hormis un cas rapporté d’al-Kisâ’î qui l’autorise.
« Ils la mutilèrent (fa-‘aqarû-hâ) et, au matin, ils se trouvèrent pleins de remords » : c’est-à-dire qu’ils regrettèrent de l’avoir égorgée lorsqu’ils eurent la certitude du châtiment. Il les avait laissés trois jours, et chaque jour un signe apparaissait sur eux ; alors ils ressentirent le regret, mais celui-ci ne leur fut d’aucun profit lorsqu’ils virent de leurs yeux le châtiment.
On a dit encore : leur regret ne leur servit à rien parce qu’ils ne se repentirent pas ; au contraire, ils cherchèrent le prophète Ṣâliḥ – paix sur lui – afin de le tuer lorsqu’ils eurent acquis la conviction que le châtiment était imminent.
D’autres ont dit : leur regret porta sur le fait d’avoir laissé l’enfant (de la chamelle) en vie, puisqu’ils ne l’avaient pas tué avec elle ; mais cette opinion est faible.
« En cela il y a assurément un signe », et la suite a déjà été mentionnée.
On rapporte qu’il ne crut en lui, parmi ces nations, que deux mille huit cents hommes et femmes. D’autres ont dit qu’ils étaient quatre mille. Ka‘b a affirmé que le peuple de Ṣâliḥ comptait douze mille tribus, chacune d’environ douze mille âmes, sans compter les femmes et les enfants ; quant au peuple de ‘Âd, il était six fois plus nombreux qu’eux.