Al-Jawharî déclare : « La muṣnaʿa est semblable à un bassin où s’amassent les eaux de pluie ; il en est de même de la muṣnuʿa, avec la nûn vocalisée d’une ḍamma. Quant au pluriel maṣâniʿ, il désigne les forteresses. »
Abû ʿUbayda dit : « Tout édifice est appelé muṣnaʿa », rapporté par al-Mahdawî.
ʿAbd ar-Razzâq affirme : « Dans notre idiome yéménite, le terme maṣâniʿ désigne les palais antiques du peuple de ʿÂd. »
« Afin que vous demeuriez éternellement » : c’est-à-dire dans le but de vous faire croire à l’éternité. D’autres ont expliqué que la particule “laʿalla” est ici interrogative et sert au blâme : « Pensez-vous donc être immortels ? » — sens rapporté d’après Ibn Zayd.
Al-Farrâ’ dit : « Kay-mâ takhludûn : pour que vous restiez (ainsi) sans jamais méditer sur la mort. »
Ibn ʿAbbâs et Qatâda : « Comme si vous alliez demeurer à jamais. » Dans certaines lectures on trouve : « Ka-annakum takhludûn », et, selon Qatâda, « Ka-annakum khâlidûn ».
Parole du Très-Haut : « Et lorsque vous sévissez, vous sévissez en tyrans. »
Le mot baṭsh désigne la violence, le fait de s’emparer (d’autrui) avec brutalité. On dit : baṭasha bihi, yabṭushu / yabṭishu, baṭshan ; et bâṭashahu, mubâṭasha.
Ibn ʿAbbâs et Mujâhid : le baṭsh est l’injustice consistant à tuer par l’épée et à frapper du fouet, c’est-à-dire que vous agissez ainsi par pure oppression.
Mujâhid, dans un autre propos : c’est le fait de frapper au fouet ; Malik b. Anas le rapporte encore de Nâfiʿ d’après Ibn ʿUmar, comme l’a mentionné Ibn al-ʿArabî.
On a dit aussi : c’est le meurtre à l’épée sans droit, rapporté par Yahyâ b. Sallâm.
Al-Kalbî et al-Ḥasan : c’est tuer par usurpation, sans vérification préalable. — Toutes ces explications reviennent à la définition d’Ibn ʿAbbâs.
D’aucuns ont dit : il s’agit de tenir autrui pour responsable, volontairement ou non, sans faire preuve de pardon ni d’indulgence.
Ibn al-ʿArabî ajoute : Les propos de Mâlik sont corroborés par la parole d’Allah au sujet de Mûsâ (Moïse) : « Lorsque Moïse voulut porter la main sur l’ennemi de tous deux, celui-ci s’écria : “Ô Moïse ! Veux-tu me tuer comme tu as tué un homme hier ? Tu ne veux être qu’un tyran sur terre.” » Car Moïse, sur lui la paix, ne dégaina pas d’épée, ne le frappa pas d’une lance ; il lui donna seulement un coup, qui fut cause de sa mort. Le baṭsh peut donc se faire à main nue, et son degré le plus réduit est le coup ou la poussée ; viennent ensuite le fouet et le bâton, puis les armes de fer ; tout cela est blâmable sauf s’il est exercé avec droit.
Ce verset est un récit concernant les nations qui nous ont précédés, et une exhortation du Très-Haut à notre égard afin que nous évitions la conduite qu’Il leur a reprochée et condamnée.
Je dis : ces caractères répréhensibles se sont malheureusement répandus chez nombre de membres de cette communauté, en particulier dans les contrées d’Égypte depuis qu’elles sont gouvernées par la faction des Baḥriyya ; ils maltraitent les gens, les frappant de fouets et de bâtons sans aucun droit. Or le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — a annoncé