« … et tes partisans les plus vils. »
An-Naḥḥās : C’est là une belle variante de lecture. Dans la plupart des cas, la conjonction « wa » qui la précède est suivie de noms ou de verbes introduits par « qad ». Quant à « atbāʿ », c’est le pluriel de « tabʿ » et de « tabīʿ », deux termes qui peuvent s’appliquer aussi bien au singulier qu’au pluriel.
Le poète a dit :
« Il a des adeptes, les gens savent pertinemment
qu’à quiconque s’en approche l’été et le printemps s’offrent. »
Pour l’analyse grammaticale, « atbāʿuka » peut être considéré comme sujet, tandis que « al-arðhalūn » en serait le prédicat ; le sens serait alors : « Croirions-nous en toi alors que tes partisans ne sont que les plus vils ? » Il est aussi permis d’y voir une coordination avec le pronom contenu dans « anuʾminu laka », c’est-à-dire : « Te croirions-nous, nous et tes partisans les plus vils, de sorte que nous serions comptés parmi eux ? » La séparation par la locution « laka » rend cette construction harmonieuse. La question des « gens méprisés » a déjà été traitée en détail dans la sourate Hûd (1) ; nous y ajoutons ici un complément d’explication, deuxième point :
Il a été avancé que ceux qui crurent en Noé étaient ses fils, leurs épouses, ses belles-filles et les enfants de ses fils. Les savants divergent pour savoir s’il y avait, en dehors d’eux, d’autres croyants ou non. Dans les deux hypothèses, tous étaient des gens vertueux. Noé a dit : « Sauve-moi, ainsi que ceux qui sont avec moi parmi les croyants. » Ceux qui étaient avec lui sont donc ceux qui l’avaient suivi ; aucune marque d’infamie ni de blâme ne peut leur être attachée du fait des propos des mécréants ; en réalité, les véritables « vils » sont ceux qui les traitaient de menteurs.
As-Suhaylî rapporte : Nombre de gens du commun se sont laissés abuser par une parole rapportée dans l’exégèse de ce verset : « Il s’agissait de tisserands et de barbiers pratiquant la saignée. » Quand bien même ils auraient été tisserands, leur foi en un Prophète d’Allah et leur adhésion à son message les auraient anoblis, tout comme Bilâl et Salmân furent honorés par leur précellence dans l’Islam, devenant éminents parmi les Compagnons du Prophète – que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui. Ni la descendance de Noé n’était composée de tisserands ou de barbiers, ni les propos des mécréants au sujet de ces corps de métier, s’ils avaient cru, n’entachent aujourd’hui nos artisans d’aucun blâme ni défaut ; il ne s’agit que du récit des paroles de mécréants, à moins de faire de ces derniers une preuve et de leur dire une référence – ce qui serait une ignorance manifeste. Allah – Exalté soit-Il – a, du reste, informé que les métiers n’entachent en rien la religion.
Parole du Très-Haut :
« Il répondit : “Et que sais-je, moi, de ce qu’ils œuvraient ?” »
Le verbe « kāna » est ici pleonastique ; le sens est donc : « Je n’ai aucune connaissance de ce qu’ils faisaient. » Autrement dit, il ne m’a pas été imposé de connaître leurs actes ; ma charge consiste uniquement à les appeler à la foi. La considération porte sur la foi, non sur les métiers et les professions. C’est comme s’ils avaient dit : « Ces faibles n’ont adhéré à toi qu’en quête de puissance et de richesse. » Il leur répliqua : « Je ne me prononce pas sur leur for intérieur ; il ne m’incombe que ce qui apparaît d’eux. »
D’autres ont dit : le sens est : « Je…»