C’est-à-dire : les mécréants qui se sont écartés de la guidée. Autrement dit, la Géhenne sera montrée à ses futurs occupants avant même qu’ils n’y soient introduits, afin qu’ils ressentent la frayeur et la tristesse, tout comme les gens du Paradis éprouveront la joie parce qu’ils savent qu’ils vont y entrer.
(Et il leur sera dit : « Où sont donc ceux que vous adoriez en dehors d’Allah ») – parmi les idoles et les égaux – (ont-ils le pouvoir de vous secourir) contre le châtiment d’Allah (ou bien de se secourir eux-mêmes ?). Tout cela n’est qu’un blâme.
(Alors ils seront précipités dedans) : c’est-à-dire renversés sur leurs têtes.
On a dit : ils seront repoussés et les uns seront jetés sur les autres.
On a dit encore : ils seront rassemblés. Le terme est tiré de « al-kabkaba », qui signifie « attroupement », selon al-Harawî. An-Naḥḥâs y voit une dérivation de « kawkab ash-shay’ », c’est-à-dire la majeure partie d’une chose ; une troupe de chevaux se dit « kawkab » ou « kabkabah ».
Ibn ʿAbbâs a dit : « Ils seront réunis puis projetés dans le Feu. »
Mujâhid a dit : « Ils seront refoulés. »
Muqâtil a dit : « Ils seront catapultés. » Le sens est identique.
On dit : « dahwartu ash-shay’ » lorsque l’on rassemble une chose puis qu’on la jette dans un précipice.
On dit : « Il avale (yudahwiru) les bouchées » quand il les agrandit.
Dans l’invocation on dit : « Qu’Allah renverse (kabb) l’ennemi des musulmans » et non « akabbahu ». De même, « kabkababahu » signifie qu’il l’a renversé et retourné.
C’est de là que vient la parole du Très-Haut : « fa-kubkibû fîhâ » ; l’original est « kubbibû », puis la seconde bā’ a été remplacée par un kāf pour éviter la lourdeur due à la succession des bā’.
As-Suddi dit que le pronom de « fa-kubkibû » renvoie aux polythéistes arabes, tandis que (les égarés) désigne les divinités. (Et toutes les troupes d’Iblîs) signifie : ceux issus de sa descendance.
D’autres ont dit : tous ceux qui ont appelé à l’adoration des idoles et furent suivis.
Qatâdah, al-Kalbî et Muqâtil disent : « les égarés » sont les démons.
On a aussi avancé que les idoles, faites de fer et de cuivre, seront jetées dans le Feu afin que d’autres soient châtiés par leur intermédiaire.
(Ils diront, tandis qu’ils s’y querelleront) : les humains, les démons, les égarés et les divinités se disputeront alors.
(Par Allah ! Nous étions certes dans un égarement évident) – c’est-à-dire dans la perte, la ruine et la perplexité vis-à-vis de la vérité –
(lorsque nous vous mettions sur le même pied que le Seigneur des mondes) : c’est-à-dire dans l’adoration, alors qu’à présent vous n’êtes pas capables de nous secourir ni même de vous secourir vous-mêmes.
(Et ceux qui nous ont égarés ne sont autres que les criminels) : c’est-à-dire les démons qui nous ont embelli l’adoration des idoles.
On a également dit : nos ancêtres que nous avons suivis par simple imitation.
Abû l-ʿÂliyah et ʿIkrimah ont dit : « Les criminels » désignent Iblîs et le fils d’Adam meurtrier ; ils furent les premiers à instituer la mécréance, l’homicide et les diverses formes de désobéissance.
(Et il ne nous reste aucun intercesseur) : c’est-à-dire nul intercesseur parmi les anges, les prophètes et les croyants pour plaider en notre faveur.
(ni ami intime) : c’est-à-dire aucun ami compatissant.
ʿAlî – qu’Allah l’agrée – disait : « Attachez-vous aux frères, car ils sont une provision pour ce bas-monde et pour l’au-delà. »