Sa parole – exalté soit-Il :
« Et fais que je sois parmi les héritiers du Jardin des délices. »
Il s’agit là d’une invocation visant le Paradis et ceux qui en hériteront. Elle vient réfuter la parole de certains qui prétendent : « Je ne demande ni le Paradis ni l’Enfer. »
Sa parole – exalté soit-Il :
« Et pardonne à mon père, car il fut certes parmi les égarés. »
Son père lui avait, en apparence, promis de croire en lui ; c’est pour cette raison qu’Ibrâhîm sollicita pour lui le pardon. Lorsque la réalité apparut et qu’il devint clair qu’il ne tiendrait pas sa promesse, il s’en désavoua – comme cela a déjà été exposé. L’expression : « car il fut parmi les égarés » signifie : parmi les polythéistes, et le terme « fut » n’a ici qu’une valeur stylistique d’insistance.
« Et ne m’avilis pas le Jour où ils seront ressuscités » :
ne me déshonore pas aux yeux de l’assemblée des témoins, ou : ne me châtie pas le Jour de la Résurrection.
Al-Bukhârî rapporte d’Abû Hurayra, d’après le Prophète ﷺ :
« Ibrâhîm verra son père, le Jour de la Résurrection, couvert de poussière et d’obscurité. »
La poussière (al-ghabara) est l’obscurité (al-qatarah) elle-même.
Et, toujours d’après Abû Hurayra, le Prophète ﷺ a dit :
« Ibrâhîm rencontrera son père et dira : “Seigneur ! Tu m’as pourtant promis de ne pas m’avilir le Jour où ils seront ressuscités.” Allah — Très-Haut — lui répondra : “J’ai interdit le Paradis aux mécréants.” » Ces deux hadiths sont rapportés uniquement par Al-Bukhârî — qu’Allah lui fasse miséricorde.
Sa parole – exalté soit-Il :
« Le Jour où ni biens ni enfants ne seront d’aucune utilité »
Le mot « Jour » dans ce verset tient lieu de reprise explicative du premier « Jour » : c’est donc le jour où ni richesse ni descendance ne profiteront à quiconque.
Quant à l’expression « ni enfants », elle désigne les soutiens et les aides ; car si le fils lui-même ne profite pas, qui donc pourra le faire ? D’autres ont dit : Allah mentionne les fils parce qu’il venait d’être question du père d’Ibrâhîm ; ainsi, Ibrâhîm n’a pas pu être d’aucune utilité à son père.
« — sauf celui qui se présentera devant Allah avec un cœur sain. »
C’est une exception qui s’applique aux mécréants : pour eux, ni biens ni enfants ne seront utiles, — sauf, autrement dit, celui qui viendra avec un cœur sain.
D’autres y voient une exception séparée : mais celui qui se présentera à Allah avec un cœur sain, celui-là, la pureté de son cœur lui sera profitable. Le cœur est cité en particulier parce que, lorsqu’il est sain, tous les membres le sont ; et lorsqu’il est corrompu, tous les membres le sont également — comme cela a déjà été expliqué au début de la sourate « Al-Baqarah ».
Les exégètes divergent quant à la définition du « cœur sain ». Il a été dit : c’est le cœur exempt de doute et de polythéisme ; quant aux péchés, nul n’en est totalement indemne — ainsi l’ont expliqué Qatâdah, Ibn Zayd et la majorité des commentateurs.
Sa‘îd ibn Al-Musaïyib a dit : le cœur sain et intègre est le cœur du croyant, car le cœur du mécréant comme celui de l’hypocrite est malade ; Allah — Très-Haut — dit : « Il y a dans leurs cœurs une maladie. »
Abû ‘Uthmân As-Sayyârî a dit : c’est le cœur dénué de toute innovation, rasséréné par la Sunna.
Al-Hasan a dit : il est sain de l’atteinte que constituent la richesse et les enfants.
Al-Junayd a dit : en langue arabe, salîm désigne celui qui vient d’être piqué (par un serpent) ; le sens est donc un cœur comme piqué, transi par la crainte d’Allah.
Ad-Dahhâk a dit : salîm signifie « pur ».