« Quiconque se lève pour défendre la vérité ; ainsi l’invocation fut exaucée en la personne de Muḥammad – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui.
Ibn ʿAṭiyya a dit : C’est là un sens louable, toutefois le libellé même du verset ne le livre qu’au prix d’une interprétation forcée des mots.
Al-Qushayrī a déclaré : il visait une prière bénie valable jusqu’à l’Heure dernière, car l’accroissement de la récompense est souhaitable pour chacun.
Je (l’auteur) dis : Allah a réalisé cela, puisque nul n’implore la bénédiction sur le Prophète – paix et bénédictions sur lui – sans qu’il ne prie aussi sur Ibrāhīm, plus particulièrement dans les prières rituelles et sur les chaires, qui constituent les situations et les degrés les plus nobles. Or aṣ-ṣalāt est une supplication pour la miséricorde. Le mot « langue » (lisān) désigne ici la parole, alors que, à l’origine, il renvoie à l’organe de la parole.
Al-Qaṭabī a dit : la position de la « langue » renvoie par métaphore à la place de la parole, et les Arabes emploient ce terme pour désigner le mot même.
Al-Aʿshā a chanté :
« Il m’est parvenu une “langue” qui ne m’enchante guère…
venant d’en haut, sans étonnement ni raillerie ».
Al-Jawharī commente : on rapporte « min ʿalw » avec la wāw tantôt fermée, tantôt ouverte, tantôt brisée ; c’est-à-dire : « Une nouvelle m’est venue d’en haut », le féminin se rapportant au mot « parole ». Il avait reçu la nouvelle de l’assassinat de son frère al-Muntašir.
Ashhab rapporte de Mālik que le Très-Haut a dit : « Et accorde-moi une langue de véridicité parmi la postérité » (Sourate 26, Les Poètes, v. 84). Il n’y a pas de mal à ce qu’un homme aime qu’on fasse de lui un éloge louable et qu’on le voie au rang des gens vertueux, pourvu qu’il recherche par là la Face d’Allah – exalté soit-Il.
Allah – exalté soit-Il – a dit : « J’ai répandu sur toi un amour venant de Moi » (Sourate 20, Ṭā-Hā, v. 39), et Il a dit : « Ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, le Tout-Miséricordieux leur accordera la tendresse » (Sourate 19, Maryam, v. 96), c’est-à-dire l’amour dans le cœur de Ses serviteurs et un bel éloge.
Par Sa parole : « Et accorde-moi une langue de véridicité parmi la postérité », Il a attiré l’attention sur la recommandation de se doter de ce qui procure une belle renommée.
Layth ibn Sulaymān a dit : c’est là la seconde vie.
On a dit :
« Des gens sont morts, mais parmi les hommes ils demeurent vivants. »
Ibn al-ʿArabī rapporte que les maîtres véridiques parmi les gens du renoncement voient dans ce verset une indication incitant à l’action pieuse qui attire un bel éloge.
Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Lorsque le fils d’Adam meurt, son œuvre s’interrompt, sauf de trois [choses]… » (le ḥadith).
Dans une autre version, il en est de même pour l’arbre planté, la culture, et, de même, celui qui meurt en poste aux frontières (murābiṭ) : on inscrit pour lui ses œuvres jusqu’au Jour de la Résurrection. Nous l’avons expliqué à la fin de la sourate Âl ʿImrān – et louange à Allah. »