Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sans argument ni preuve – et nous en avons déjà parlé.

(Ibrâhîm) dit :
«Voyez donc ce que vous adoriez,
ces idoles mêmes,
vous-mêmes ainsi que vos premiers ancêtres :
elles sont certes pour moi un ennemi.»

Le singulier y est employé pour un pluriel. De même, on dit d’une femme : «elle est ‘aduwwu-llâh» ou «‘aduwatu-llâh», les deux formes ayant été rapportées par al-Farrâ’.

‘Alî b. Sulaymân a dit : celui qui dit «‘aduwatu-llâh», en maintenant le tā’ marbûṭa, l’entend au sens de «mu‘âdiyya» (hostile) ; celui qui dit «‘aduwwu» pour le féminin ou le pluriel l’emploie au sens d’appartenance (nisba).

Il a attribué l’inimitié aux êtres inertes en ce sens qu’ils deviendront pour moi des ennemis, si je les adore, au Jour de la Résurrection, comme dans la parole :
«Non, ils renieront leur adoration et se dresseront contre eux.»

Al-Farrâ’ dit : l’expression est inversée ; le sens est : «je leur suis ennemi», car celui que tu prends pour ennemi te prend à son tour en inimitié.

Puis il dit :
«Sauf le Seigneur des mondes.»

Al-Kalbî explique : c’est-à-dire, sauf l’adorateur du Seigneur des mondes ; le terme sous-entendu («adorateur de») a été retranché.

Abû Is-ḥâq az-Zajjâj rapporte l’avis des grammairiens : il s’agit d’une exception disjointe. Abû Is-ḥâq autorise toutefois qu’elle soit rattachée à ce qui précède, car ils adoraient Allah – Exalté soit-Il – tout en Lui associant les idoles ; Ibrâhîm leur signifia donc qu’il se désavouait de tout ce qu’ils adoraient en dehors d’Allah.

Al-Farrâ’ l’a interprétée en ne visant que les idoles ; selon lui, le sens est : «Si je les adorais, elles seraient mon ennemi au Jour de la Résurrection», comme nous l’avons mentionné.

Al-Jurjânî dit : le sens implicite est : «Voyez donc ce que vous adoriez, vous et vos premiers ancêtres, à l’exception du Seigneur des mondes : ils sont pour moi un ennemi.» Ici, «illâ» signifie «dûna» ou «siwâ», comme dans la parole :
«Ils n’y goûteront point la mort, sauf la première mort»,
c’est-à-dire en dehors de la première mort.

(Sourate ach-Chu‘arâ’, 26, versets 78 à 82)
«Celui qui m’a créé, c’est Lui qui me guide ;
c’est Lui qui me nourrit et m’abreuve ;
et lorsque je tombe malade, c’est Lui qui me guérit ;
c’est Lui qui me fera mourir, puis me fera revivre ;
et c’est de Lui que j’espère qu’Il me pardonnera ma faute, au Jour de la Rétribution.»

Le Très-Haut dit :
«Celui qui m’a créé, c’est donc Lui qui me guide», c’est-à-dire qu’Il me dirige vers la religion.
«Et celui qui me nourrit et m’abreuve», c’est-à-dire qu’Il me pourvoit. L’introduction du pronom «huwa» sert à rappeler que nul autre que Lui ne nourrit ni n’abreuve, tout comme on dit : «C’est Zayd, lui, qui a fait telle chose», c’est-à-dire qu’aucun autre ne l’a fait.
«Et lorsque je tombe malade, c’est Lui qui me guérit» – il a dit : «je tombe malade» par courtoisie, car la maladie comme la guérison viennent toutes deux d’Allah, Exalté soit-Il. De même, dans la parole

مِنْ غَيْرِ حُجَّةٍ وَلَا دَلِيلٍ. وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِيهِ. (قالَ) إِبْرَاهِيمُ (أَفَرَأَيْتُمْ مَا كُنْتُمْ تَعْبُدُونَ) مِنْ هَذِهِ الْأَصْنَامِ (أَنْتُمْ وَآباؤُكُمُ الْأَقْدَمُونَ) الْأَوَّلُونَ (فَإِنَّهُمْ عَدُوٌّ لِي) وَاحِدٌ يُؤَدِّي عَنْ جَمَاعَةٍ، وَكَذَلِكَ يُقَالُ لِلْمَرْأَةِ هِيَ عَدُوُّ اللَّهِ وَعَدُوَّةُ اللَّهِ، حَكَاهُمَا الْفَرَّاءُ. قَالَ عَلِيُّ بْنُ سُلَيْمَانَ: مَنْ قَالَ عَدُوَّةُ اللَّهِ وَأَثْبَتَ الْهَاءَ قَالَ هِيَ بِمَعْنَى مُعَادِيَةٍ، وَمَنْ قَالَ عَدُوٌّ لِلْمُؤَنَّثِ وَالْجَمْعِ جَعَلَهُ بِمَعْنَى النَّسَبِ. وَوَصَفَ الْجَمَادَ بِالْعَدَاوَةِ بِمَعْنَى أَنَّهُمْ عَدُوٌّ لِي إِنْ عَبَدْتُهُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، كَمَا قَالَ: " كَلَّا سَيَكْفُرُونَ بِعِبادَتِهِمْ وَيَكُونُونَ عَلَيْهِمْ ضِدًّا" . وَقَالَ الْفَرَّاءُ: هُوَ مِنَ الْمَقْلُوبِ، مَجَازُهُ: فَإِنِّي عَدُوٌّ لَهُمْ لِأَنَّ مَنْ عَادَيْتَهُ عَادَاكَ. ثُمَّ قَالَ: (إِلَّا رَبَّ الْعالَمِينَ) قَالَ الْكَلْبِيُّ: أَيْ إِلَّا مَنْ عَبْدَ رَبَّ الْعَالَمِينَ، إِلَّا عَابِدَ رَبِّ الْعَالَمِينَ، فَحُذِفَ الْمُضَافُ. قَالَ أَبُو إِسْحَاقَ الزَّجَّاجُ: قَالَ النَّحْوِيُّونَ هُوَ استثناء لَيْسَ مِنَ الْأَوَّلِ، وَأَجَازَ أَبُو إِسْحَاقَ أَنْ يَكُونَ مِنَ الْأَوَّلِ عَلَى أَنَّهُمْ كَانُوا يَعْبُدُونَ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ وَيَعْبُدُونَ مَعَهُ الْأَصْنَامَ، فَأَعْلَمَهُمْ أَنَّهُ تَبَرَّأَ مِمَّا يَعْبُدُونَ إِلَّا اللَّهَ. وَتَأَوَّلَهُ الْفَرَّاءُ عَلَى الْأَصْنَامِ وَحْدَهَا وَالْمَعْنَى عِنْدَهُ: فَإِنَّهُمْ لَوْ عَبَدْتُهُمْ عَدُوٌّ لِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ، عَلَى مَا ذَكَرْنَا. وَقَالَ الْجُرْجَانِيُّ: تَقْدِيرُهُ: أَفَرَأَيْتُمْ مَا كُنْتُمْ تَعْبُدُونَ أَنْتُمْ وَآبَاؤُكُمُ الْأَقْدَمُونَ إِلَّا رَبَّ العالمين فإنهم عدو لي. وإلا بِمَعْنَى دُونَ وَسِوَى، كَقَوْلِهِ: " لَا يَذُوقُونَ فِيهَا الْمَوْتَ إِلَّا الْمَوْتَةَ الْأُولى " أَيْ دُونَ الْمَوْتَةِ الاولى. [سورة الشعراء (٢٦) : الآيات ٧٨ الى ٨٢] الَّذِي خَلَقَنِي فَهُوَ يَهْدِينِ (٧٨) وَالَّذِي هُوَ يُطْعِمُنِي وَيَسْقِينِ (٧٩) وَإِذا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ (٨٠) وَالَّذِي يُمِيتُنِي ثُمَّ يُحْيِينِ (٨١) وَالَّذِي أَطْمَعُ أَنْ يَغْفِرَ لِي خَطِيئَتِي يَوْمَ الدِّينِ (٨٢) قوله تعالى: (الَّذِي خَلَقَنِي فَهُوَ يَهْدِينِ) أَيْ يُرْشِدُنِي إِلَى الدِّينِ. (وَالَّذِي هُوَ يُطْعِمُنِي وَيَسْقِينِ) أَيْ يَرْزُقُنِي. وَدُخُولُ " هُوَ" تَنْبِيهٌ عَلَى أَنَّ غَيْرَهُ لَا يُطْعِمُ وَلَا يَسْقِي، كَمَا تَقُولُ: زَيْدٌ هُوَ الَّذِي فَعَلَ كَذَا، أَيْ لَمْ يَفْعَلْهُ غَيْرُهُ. (وَإِذا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ) قَالَ: " مَرِضْتُ" رِعَايَةً لِلْأَدَبِ وَإِلَّا فَالْمَرَضُ وَالشِّفَاءُ مِنَ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ جَمِيعًا. وَنَظِيرُهُ قَوْلُ

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