Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et récite-leur le récit d’Ibrâhîm. »

Par cette injonction, Il alerte les polythéistes sur l’excès de leur ignorance : ils se sont détournés de la croyance et de la religion d’Ibrâhîm, pourtant leur père. « Nabaʾ » signifie « récit » ; autrement dit : « Raconte-leur, ô Muhammad, son histoire ainsi que la réprimande qu’il adressa à son peuple au sujet de leurs objets d’adoration ». Cette ordonnance vise à établir contre eux la preuve irréfutable.

La plupart des récitants allègent la seconde hamza, et c’est la prononciation la plus élégante, car ils sont unanimes à alléger la seconde hamza lorsqu’elles se suivent dans un même mot, comme pour « Âdam ». Si tu le veux, tu peux prononcer distinctement les deux hamzas et dire : « nabāʾa Ibrâhîm » ; ou les alléger toutes deux et dire : « nabā Ibrâhîm » ; ou n’alléger que la première. Il existe un cinquième avis, toutefois rare en arabe : l’assimilation de la hamza à la hamza, comme on dit « raʾʾās » pour « vendeur de têtes ». Cette forme est peu courante, car elle réunit deux hamzas comme si elles étaient dans un seul mot ; elle est cependant admise dans le schème faʿʿāl, qui ne vient qu’assimilé.

« Lorsqu’il dit à son père et à son peuple : “Que vénérez-vous donc ?” » – c’est-à-dire : quelle chose adorez-vous ? – « Ils répondirent : “Nous adorons des idoles.” » Leurs idoles étaient faites d’or, d’argent, de cuivre, de fer ou de bois.

« Nous demeurons constamment devant elles, assidus » : autrement dit, nous persévérons dans leur culte. Il ne s’agit pas d’un moment précis ; c’est l’affirmation de leur état permanent. Certains ont dit : ils les adoraient le jour seulement, tandis que la nuit ils adoraient les astres. En arabe on dit : « ẓalla yafʿalu » lorsqu’on accomplit l’action de jour, et « bāta yafʿalu » lorsqu’on l’accomplit la nuit.

Il leur dit : « Les entendez-vous donc… ? » Al-Akhaffach remarque qu’il y a ici une ellipse : « Les entendez-vous (quelque chose) ? », autrement dit : entendent-ils votre invocation ? Le poète a dit :
« Le conducteur des chevaux, leurs talons meurtris,
Les gourmettes de cuir et de lin furent solidement ajustées. »

« Al-abaq » désigne le lin ; le mot a été sous-entendu, le sens étant : « les gourmettes de lin ». Dans le Ṣiḥāḥ, « al-abaq » (avec voyellation) signifie le chanvre.

Il est rapporté de Qatâdah qu’il lisait : « hal yusmiʿûnakum » (avec la damma sur le yâ) : « Vous font-ils parvenir leurs voix ? »

« … lorsque vous les invoquez ? Ou bien vous profitent-ils ou vous nuisent-ils ? » Autrement dit : ces idoles vous apportent-elles quelque avantage, pourvoient-elles à votre subsistance, ou détiennent-elles pour vous un bien ou un mal si vous leur désobéissez ? Cette question vise à consolider l’argument : puisqu’elles ne vous bénéficient ni ne vous nuisent, quel sens y a-t-il donc à les adorer ?

Ils dirent : « Mais nous avons trouvé nos ancêtres agissant ainsi », et ils se cramponnèrent donc au pur mimétisme.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَاتْلُ عَلَيْهِمْ نَبَأَ إِبْراهِيمَ) نَبَّهَ الْمُشْرِكِينَ عَلَى فَرْطِ جَهْلِهِمْ إِذْ رَغِبُوا عَنِ اعْتِقَادِ إِبْرَاهِيمَ وَدِينِهِ وَهُوَ أَبُوهُمْ. وَالنَّبَأُ الْخَبَرُ، أَيِ اقْصُصْ عَلَيْهِمْ يَا مُحَمَّدُ خَبَرَهُ وَحَدِيثَهُ وَعَيْبَهُ عَلَى قَوْمِهِ مَا يَعْبُدُونَ. وَإِنَّمَا قَالَ ذَلِكَ مُلْزِمًا لَهُمُ الْحُجَّةَ. وَالْجُمْهُورُ مِنَ الْقُرَّاءِ عَلَى تَخْفِيفِ الْهَمْزَةِ الثَّانِيَةِ وَهُوَ أَحْسَنُ الْوُجُوهِ، لِأَنَّهُمْ قَدْ أَجْمَعُوا عَلَى تَخْفِيفِ الثَّانِيَةِ مِنْ كَلِمَةٍ وَاحِدَةٍ نَحْوَ آدَمَ. وَإِنْ شِئْتَ حَقَّقْتَهُمَا فَقُلْتَ: " نَبَأَ إِبْراهِيمَ" . وَإِنْ شِئْتَ خَفَّفْتَهُمَا فَقُلْتَ: " نَبَا ابْرَاهِيمَ" . وَإِنْ شِئْتَ خَفَّفْتَ الْأُولَى. وَثَمَّ وَجْهٌ خَامِسٌ إِلَّا أَنَّهُ بَعِيدٌ فِي الْعَرَبِيَّةِ وَهُوَ أَنْ يُدْغَمَ الْهَمْزَةُ فِي الْهَمْزَةِ كَمَا يقال رأاس للذي يبيع الرؤوس. وَإِنَّمَا بَعُدَ لِأَنَّكَ تَجْمَعُ بَيْنَ هَمْزَتَيْنِ كَأَنَّهُمَا فِي كَلِمَةٍ وَاحِدَةٍ، وَحَسُنَ فِي فَعَّالٍ لِأَنَّهُ لَا يَأْتِي إِلَّا مُدْغَمًا. (إِذْ قالَ لِأَبِيهِ وَقَوْمِهِ ما تَعْبُدُونَ) " أي أي شي تعبدوا (قالُوا نَعْبُدُ أَصْناماً) وَكَانَتْ أَصْنَامُهُمْ مِنْ ذَهَبٍ وَفِضَّةٍ وَنُحَاسٍ وَحَدِيدٍ وَخَشَبٍ. (فَنَظَلُّ لَها عاكِفِينَ) أَيْ فَنُقِيمُ عَلَى عِبَادَتِهَا. وَلَيْسَ الْمُرَادُ وَقْتًا مُعَيَّنًا بَلْ هُوَ إِخْبَارٌ عَمَّا هُمْ فِيهِ. وَقِيلَ: كَانُوا يَعْبُدُونَهَا بِالنَّهَارِ دُونَ اللَّيْلِ، وَكَانُوا فِي اللَّيْلِ يَعْبُدُونَ الْكَوَاكِبَ. فَيُقَالُ: ظَلَّ يَفْعَلُ كَذَا إِذَا فَعَلَهُ نَهَارًا وَبَاتَ يَفْعَلُ كَذَا إِذَا فَعَلَهُ لَيْلًا. (قالَ هَلْ يَسْمَعُونَكُمْ) قَالَ الْأَخْفَشُ: فِيهِ حَذْفٌ، وَالْمَعْنَى: هَلْ يَسْمَعُونَ مِنْكُمْ؟ أو هل يسمعون دعاءكم، قال الشاعر «١» : الْقَائِدُ الْخَيْلَ مَنْكُوبًا دَوَابِرُهَا ... قَدْ أُحْكِمَتْ حَكَمَاتُ الْقِدِّ وَالْأَبَقَا قَالَ: وَالْأَبَقُ الْكَتَّانُ فَحُذِفَ. وَالْمَعْنَى، وَأُحْكِمَتْ حَكَمَاتِ الْأَبَقِ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَالْأَبَقُ بِالتَّحْرِيكِ الْقِنَّبُ. وَرُوِيَ عَنْ قَتَادَةَ أَنَّهُ قَرَأَ: " هَلْ يسمعونكم" بضم الياء، أي أهل يُسْمِعُونَكُمْ أَصْوَاتَهُمْ (إِذْ تَدْعُونَ. أَوْ يَنْفَعُونَكُمْ أَوْ يَضُرُّونَ) أَيْ هَلْ تَنْفَعُكُمْ هَذِهِ الْأَصْنَامُ وَتَرْزُقُكُمْ، أَوْ تَمْلِكُ لَكُمْ خَيْرًا أَوْ ضَرًّا إِنْ عَصَيْتُمْ؟! وَهَذَا اسْتِفْهَامٌ لِتَقْرِيرِ الْحُجَّةِ، فَإِذَا لَمْ يَنْفَعُوكُمْ وَلَمْ يَضُرُّوا فَمَا مَعْنَى عِبَادَتِكُمْ لَهَا. (قالُوا بَلْ وَجَدْنا آباءَنا كَذلِكَ يَفْعَلُونَ) فَنَزَعُوا إلى التقليد
(١). هو زهير بن أبى سلمى. والبيت من قصيدة يمدح بها هرم بن سنان. وأحكمت: جعلت لها حكمات من القد. والحكمات جمع حكمة وهي ما تكون على أنف الدابة. ودوابرها: مؤخر حوافرها. ومنكوب: أي أصابت الحجارة دوابرها وأدمتها.

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