Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Du fait qu’ils étaient occupés, cette nuit-là, à ensevelir leurs premiers-nés – car le fléau les avait frappés durant cette même nuit –, l’expression « mushriqîn » (au point du jour) constitue, ici, un complément circonstanciel se rapportant au peuple de Pharaon.

Deuxième avis : un nuage les recouvrit et une obscurité les enveloppa ; ils dirent alors : « Nous sommes encore dans la nuit », et cette obscurité ne se dissipa qu’à l’aube.

Abû ʿUbaydah a dit : le sens de « fa-atbaʿûhum mushriqîn » est « du côté de l’orient ». Al-Ḥasan et ʿAmr ibn Maymûn ont lu : « fa-ttabaʿûhum mushriqîn », avec redoublement de la tâ et maintien de l’alif prosthétique, c’est-à-dire : « en direction de l’est », tiré de leur expression « sharraqa wa ghar-raba » lorsqu’on se déplace vers l’orient ou l’occident.

Le propos signifie : Nous avons décrété que les enfants d’Israël en hériteraient ; le peuple de Pharaon poursuivit donc les enfants d’Israël à l’aurore, périt, et les enfants d’Israël héritèrent de leurs contrées.

Parole du Très-Haut :
« Lorsque les deux groupes se virent face à face » : c’est-à-dire lorsqu’ils se confrontèrent de sorte que chaque faction distinguait l’autre ; « tarâ’â » est une forme réciproque du verbe « voir ».

« Les compagnons de Moïse dirent : “Nous allons assurément être rejoints.” » : l’ennemi s’est approché de nous et nous n’avons pas la force de lui résister.

La lecture commune est « lamudrakûn » (avec allègement), issu de « adraka » ; ainsi dans « jusqu’à ce que la noyade le rejoignît ». ʿUbayd ibn ʿUmayr, al-Aʿraj et az-Zuhrî lisent « lamuddarakûn » (avec redoublement du dâl), issu de « iddaraka ». Al-Farâʾ dit : « ḥafara » et « iḥtaqara » ont le même sens ; de même « lamudrakûn » et « lamuddarakûn ». Al-Naḥḥâs rétorque : tel n’est pas l’avis des grammairiens chevronnés ; ceux-ci disent : « mudrakûn » signifie « atteints », tandis que « mudarrakûn » signifie « objets d’un effort soutenu pour être atteints », comme on distingue « kasabtu » (j’ai obtenu, j’ai remporté) de « iktasabtu » (j’ai cherché à obtenir, j’ai fait des efforts) ; tel est le sens visé par Sîbawayh.

Parole du Très-Haut :
« Il dit : Jamais ! Car mon Seigneur est avec moi ; Il va me guider. »

Quand Pharaon, avec son armée, rejoignit l’armée de Moïse et se rapprocha d’eux, et que les enfants d’Israël aperçurent l’ennemi puissant tandis que la mer se dressait devant eux, leurs pensées se noircirent ; ils dirent à Moïse, sur le ton du reproche et de la rudesse : « Nous allons être rejoints. » Il repoussa leur parole, les réprimanda et leur rappela la promesse d’Allah – exalté soit-Il – de guidée et de victoire : « Jamais ! » c’est-à-dire : ils ne vous rejoindront pas. « Car mon Seigneur est avec moi » : c’est-à-dire Il m’assiste contre l’ennemi. « Il va me guider » : Il me montrera la voie du salut.

Lorsque l’épreuve devint très dure pour les enfants d’Israël et qu’ils virent des armées qu’ils étaient incapables d’affronter, Allah, exalté soit-Il, ordonna à Moïse de frapper la mer de son bâton, car

لِاشْتِغَالِهِمْ بِدَفْنِ أَبْكَارِهِمْ فِي تِلْكَ اللَّيْلَةِ، لِأَنَّ الْوَبَاءَ فِي تِلْكَ اللَّيْلَةِ وَقَعَ فِيهِمْ، فَقَوْلُهُ: " مُشْرِقِينَ" حَالٌ لِقَوْمِ فِرْعَوْنَ. الثَّانِي- إِنَّ سَحَابَةً أَظَلَّتْهُمْ وَظُلْمَةً فَقَالُوا: نَحْنُ بَعْدُ فِي اللَّيْلِ فَمَا تَقَشَّعَتْ عَنْهُمْ حَتَّى أَصْبَحُوا. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: مَعْنَى " فَأَتْبَعُوهُمْ مُشْرِقِينَ" نَاحِيَةَ الْمَشْرِقِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَعَمْرُو بْنُ مَيْمُونٍ: " فَاتَّبَعُوهُمْ مُشْرِقِينَ" بِالتَّشْدِيدِ وَأَلِفَ الْوَصْلِ، أَيْ نَحْوَ الْمَشْرِقِ، مَأْخُوذٌ مِنْ قَوْلِهِمْ: شَرَّقَ وَغَرَّبَ إِذَا سَارَ نَحْوَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ. وَمَعْنَى الْكَلَامِ قَدَّرْنَا أَنْ يَرِثَهَا بَنُو إِسْرَائِيلَ فَاتَّبَعَ قَوْمُ فِرْعَوْنَ بَنِي إِسْرَائِيلَ مُشْرِقِينَ فَهَلَكُوا، وَوَرِثَ بَنُو إِسْرَائِيلَ بِلَادَهُمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلَمَّا تَراءَا الْجَمْعانِ) أَيْ تَقَابَلَا «١» الْجَمْعَانِ بِحَيْثُ يَرَى كُلُّ فَرِيقٍ صَاحِبَهُ، وَهُوَ تَفَاعُلٌ مِنَ الرُّؤْيَةِ. (قالَ أَصْحابُ مُوسى إِنَّا لَمُدْرَكُونَ) أَيْ قَرُبَ مِنَّا الْعَدُوُّ وَلَا طَاقَةَ لَنَا بِهِ. وَقِرَاءَةُ الْجَمَاعَةِ: " لَمُدْرَكُونَ" بِالتَّخْفِيفِ مِنْ أَدْرَكَ. وَمِنْهُ " حَتَّى إِذا أَدْرَكَهُ الْغَرَقُ" . وَقَرَأَ عُبَيْدُ بْنُ عُمَيْرٍ وَالْأَعْرَجُ وَالزُّهْرِيُّ " لَمُدَّرَكُونَ" بِتَشْدِيدِ الدَّالِّ «٢» مِنْ ادَّرَكَ. قَالَ الفراء: حفر واحتقر بِمَعْنًى وَاحِدٍ، وَكَذَلِكَ " لَمُدْرَكُونَ" وَ " لَمُدَّرَكُونَ" بِمَعْنًى وَاحِدٍ. النَّحَّاسُ: وَلَيْسَ كَذَلِكَ يَقُولُ النَّحْوِيُّونَ الْحُذَّاقُ، إنما يقولون: مدركون ملحقون، ومدركون مُجْتَهَدٌ فِي لِحَاقِهِمْ، كَمَا يُقَالُ: كَسَبْتُ بِمَعْنَى أَصَبْتُ وَظَفِرْتُ، وَاكْتَسَبْتُ بِمَعْنَى اجْتَهَدْتُ وَطَلَبْتُ وَهَذَا مَعْنَى قَوْلِ سِيبَوَيْهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ كَلَّا إِنَّ مَعِي رَبِّي سَيَهْدِينِ) لَمَّا لَحِقَ فِرْعَوْنُ بِجَمْعِهِ جَمْعَ مُوسَى وَقَرُبَ مِنْهُمْ، وَرَأَتْ بَنُو إِسْرَائِيلَ الْعَدُوَّ الْقَوِيَّ وَالْبَحْرَ أَمَامَهُمْ سَاءَتْ ظُنُونُهُمْ، وَقَالُوا لِمُوسَى عَلَى جِهَةِ التَّوْبِيخِ وَالْجَفَاءِ: " إِنَّا لَمُدْرَكُونَ" فَرَدَّ عَلَيْهِمْ قَوْلَهُمْ وَزَجَرَهُمْ وَذَكَّرَهُمْ وَعْدَ اللَّهِ سُبْحَانَهُ لَهُ بِالْهِدَايَةِ وَالظَّفَرِ " كَلَّا" أَيْ لَمْ يُدْرِكُوكُمْ " إِنَّ مَعِي رَبِّي" أَيْ بِالنَّصْرِ عَلَى الْعَدُوِّ. " سَيَهْدِينِ" أَيْ سَيَدُلُّنِي عَلَى طَرِيقِ النَّجَاةِ، فَلَمَّا عَظُمَ الْبَلَاءُ عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ، وَرَأَوْا مِنَ الْجُيُوشِ مَا لَا طَاقَةَ لَهُمْ بِهَا، أَمَرَ اللَّهُ تَعَالَى مُوسَى أَنْ يَضْرِبَ البحر بعصاه، وذلك أنه
(١). كذا في نسخ الأصل. [ ..... ] (٢). وكسر الراء- كما في البحر وروح المعاني والكشاف- على وزن، مفتعلون وهو لازم بمعنى الفناء والاضمحلال، من أدرك الشيء إذا تتابع ففنى.

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