Dans la sourate « Al-Barâ’ah »[1]. Les biens visés ici sont les trésors. D’aucuns disent : les dépôts enterrés. Selon Ad-Dahhâk, il s’agit des fleuves ; cependant cette opinion reste discutable, car le terme « ‘uyûn » (sources) les englobe déjà.
« Et un séjour noble »
Ibn ‘Umar, Ibn ‘Abbâs et Mujâhid affirment que ce « séjour noble » désigne les tribunes : il y avait mille tribunes pour mille tyrans qui, du haut de ces estrades, célébraient Pharaon et sa royauté.
D’autres y voient les salons des dignitaires et des émirs, version rapportée par Ibn ‘Isâ et proche de la première. Sa‘îd ibn Jubayr y voit de belles demeures. Ibn Lahî‘ah rapporte avoir entendu que le « séjour noble » serait la région du Fayyoum.
On a aussi prétendu que Joseph – sur lui la paix – avait fait inscrire sur l’un de ses sièges de gouvernement : « Il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah ; Abraham est l’Ami intime d’Allah ». Allah qualifia alors ce lieu de « noble » en raison de cette inscription.
D’autres ont dit qu’il s’agissait des écuries où l’élite gardait ses chevaux, comme parure et équipement ; ce qui faisait de ces lieux le plus noble des séjours, opinion citée par Al-Mâwardî. L’explication la plus évidente reste toutefois qu’il s’agit des belles résidences dans lesquelles ils jouissaient d’honneur.
En langue arabe, maqâm peut désigner l’endroit même ou bien être une forme nominale (masdar).
An-Nahhâs explique : le maqâm, dans la langue, est le lieu, dérivé du verbe « qâma / yaqûmu » (se lever, se tenir). Il en va de même pour le pluriel maqâmât, singulier maqâmah, comme l’a dit le poète :
« Parmi eux se trouvent de nobles stations où rayonnent leurs visages,
Et des assemblées qu’embaument la parole et l’action. »
Maqâm peut aussi être le masdar de « qâma ». Quant à muqâm (avec ḍamma sur le mîm), il désigne le lieu tiré du verbe « aqâma / yuqîmu », et correspond également, sous forme de masdar, à ce verbe.
Parole du Très-Haut :
« Ainsi Nous la fîmes hériter aux fils d’Israël. »
C’est-à-dire que tout ce qu’Allah – Exalté soit-Il – a mentionné : jardins, sources, trésors et séjour noble, Il en fit hériter les enfants d’Israël.
Al-Hasan et d’autres commentateurs disent : après la noyade de Pharaon et de son peuple, les enfants d’Israël retournèrent en Égypte. D’aucuns estiment que l’héritage évoqué ici concerne les bijoux qu’ils avaient empruntés aux gens de Pharaon sur ordre d’Allah – qu’Il soit exalté.
Je dis : les deux choses leur sont effectivement advenues ; louange à Allah.
« Ils les poursuivirent au lever du jour. »
Autrement dit, Pharaon et son armée se mirent à la poursuite des enfants d’Israël.
As-Suddî explique : lorsque le soleil se leva et projeta ses rayons. Qatâdah dit : lorsque la terre fut éclairée. Az-Zajjâj précise : on dit « sharaqat ach-shams » quand le soleil se lève, et « ashraqat » lorsqu’il illumine.
Les savants divergent quant à la raison du retard de Pharaon et de son peuple par rapport à Moïse et aux enfants d’Israël ; deux avis sont rapportés :
Première opinion