On rapporte qu’il (Pharaon) était saisi d’une telle frayeur qu’il était incapable de retenir son urine. Il est également relaté que sa prison était plus terrible que la mort : lorsqu’il incarcérait quelqu’un, il ne le relâchait qu’une fois celui-ci décédé, si bien que la crainte qu’elle inspirait était extrême.
Lorsque, par ordre d’Allah ‑ Exalté soit-Il -, Moïse (sur lui la paix) reçut ce qui le mettait à l’abri de toute intimidation, Pharaon le menaça. Moïse lui dit alors, avec douceur et dans l’espoir de son adhésion à la foi : « Même si je venais à toi avec une preuve éclatante ? » – afin que, par elle, sa véracité devienne évidente. En entendant ces paroles, Pharaon conçut l’espoir de trouver, au fil de cette preuve, un motif de réfutation et répondit : « Apporte-la si tu es du nombre des véridiques. »
D’après Sîbawayh, cette condition n’exige pas de réponse expresse, ce qui précède tenant lieu d’apodose. Moïse jeta donc son bâton de sa main, et il advint exactement ce qu’Allah a rapporté de son histoire, dont l’explication détaillée a déjà été donnée, dans la sourate al-Aʿrâf, jusqu’à la fin du récit.
Lorsque Pharaon menaça les magiciens de leur couper mains et pieds, ceux-ci dirent : « Point de mal ! » – c’est-à-dire : aucun tort ne nous atteindra dans le châtiment de ce bas-monde ; ton supplice n’est qu’un instant, nous le supporterons, et nous avons déjà rencontré Allah en étant croyants. Ceci atteste la profondeur de leur clairvoyance et la force de leur foi.
Mâlik rapporte que Moïse – sur lui la paix – appela Pharaon à l’islam durant quarante ans, tandis que les magiciens crurent en un seul jour.
Al-Harawî dit : on emploie indifféremment lâ ḍayra, lâ ḍawra, lâ ḍarra, lâ ḍarara et lâ ḍarûra avec le même sens : « il n’y a pas de mal ». Abû ʿUbaydah a cité ce vers :
« Car il ne t’en coûtera rien, au bout d’un an,
qu’une gazelle ou qu’un âne soit ta mère ! »
Al-Jawharî dit : « ḍâra-yaḍûru/yaḍîru ḍayran wa ḍawran » signifie : « il lui a causé du tort ».
Al-Kisâ’î rapporte avoir entendu certains dire : « Cela ne me profite en rien et ne me “yaḍûr-” pas. »
« At-taḍawwur » désigne les cris et les contorsions sous les coups ou la faim, et « aḍ-ḍûrah » (avec ḍamma) l’homme vil, de peu d’importance.
« Certes, nous retournerons vers notre Seigneur » : c’est-à-dire, nous reviendrons à un Seigneur noble et miséricordieux.
« Nous espérons que notre Seigneur nous pardonnera nos fautes, car nous avons été les premiers des croyants. »
« An » est ici au cas accusatif : « parce que nous avons été ». Al-Farrâ’ en autorise la kasrah en la considérant comme causale. L’expression « les premiers des croyants » signifie : au moment où le signe apparut, parmi ceux qui se trouvaient dans le camp de Pharaon. Al-Farrâ’ précise : « les premiers croyants de notre époque. »
Az-Zajjâj rejeta cette interprétation, arguant qu’il est rapporté que six cent soixante-dix mille personnes crurent avec Moïse ; ils constituent cette « petite troupe » à propos de laquelle Pharaon déclara : « Ceux-ci ne sont qu’une poignée d’hommes. » Ce propos est attribué à Ibn Masʿûd et à d’autres.