en particulier ?! – C’est le sens qu’en ont retenu Qatāda et d’autres.
On a également dit : il faut sous-entendre une particule interrogative, c’est-à-dire : « Ou bien cela serait-il un bienfait ? » C’est l’avis de l’Akhchaš et d’al-Farrâ’, avis que an-Naḥḥâs et d’autres ont critiqué.
An-Naḥḥâs dit : « Cela n’est pas recevable, car l’alif de l’interrogation produit un sens que l’on ne peut retrancher, sauf si la phrase comporte la conjonction ‘am (ou). » Il cite en preuve le vers du poète :
Tarûḥu mina l-ḥayyi am tabtakuru
« T’en iras-tu du camp ou te lèveras-tu de bonne heure ? »
Je ne connais, ajoute-t-il, aucune divergence parmi les grammairiens sur ce point, hormis celle qu’a rapportée al-Farrâ’. Celui-ci déclare : « Il est permis d’omettre l’alif interrogatif dans les verbes exprimant le doute ; on a rapporté l’exemple : tarā Zaydan munṭaliqan ? – au sens de a-tarā. »
‘Alî ibn Sulaymân disait à ce propos : « Al-Farrâ’ n’a tiré cela que du parler des gens du commun. »
Aṯ-Tha‘labî rapporte encore l’avis d’al-Farrâ’ et de ceux qui tiennent qu’il s’agit d’une parole de désaveu : le sens serait : « Ou bien cela serait-il un bienfait ? », à la manière interrogative, comme dans la Parole : « Hâdhâ Rabbî » (Cor. 6 : 78) ou : « fahumu l-khâlidûn » (Cor. 21 : 34).
Le poète dit :
Rafaûnî wa qâlû yâ Khuwaylid lâ turā‘…
Faqultu wa ankartu l-wujûha humu humu
« Ils m’ont relevé en disant : Ô Khuwaylid, ne crains rien ! – mais je répliquai en niant : ces visages-là, ce sont bien eux ! »
Al-Ghaznawî a cité, pour attester l’omission de l’alif, ces deux vers :
Jamais je n’oublierai, au jour du départ, sa halte…
Et sa paupière rougie par les pleurs.
Elle dit, tandis que les montures étaient prêtes :
« Ainsi me laisses-tu et tu t’en vas ? »
Je (l’auteur) dis : dans ces vers l’alif interrogatif est supprimé sans qu’apparaisse la conjonction ‘am, contrairement à l’opinion d’an-Naḥḥâs.
Aḍ-Ḍaḥḥâk dit : « La parole est formulée sur le mode du blâme mordant (tabkît), lequel peut se faire avec ou sans interrogation. »
Le sens est : « Si tu n’avais pas massacré les Fils d’Israël, mes propres parents m’auraient élevé ; quel bienfait donc aurais-tu à me rappeler ! Tu te prévalues d’une faveur qui, en vérité, n’en est pas une. »
On a encore dit : « Comment peux-tu te prévaloir de m’avoir élevé, alors que tu as avili mon peuple ? Or, lorsque le peuple d’un homme est humilié, l’homme lui-même s’en trouve abaissé. »
L’expression : « an ‘abbadta » est, en raison, au nominatif comme apposition à « ni‘matun » ; il est également permis de la considérer à l’accusatif, avec le sens : « pour avoir réduit en servitude les Fils d’Israël », c’est-à-dire « les avoir pris comme esclaves ».
On dit : ‘abadtuhu et a‘badtuhu avec le même sens. Al-Farrâ’ cite à l’appui ce vers :
‘Alâ ma yu‘bidunî qawmî wa-qad kathurat
Fîhim abâ‘iru mâ shâ’û wa ‘abdân
« Pourquoi donc mon peuple me réduit-il en servitude alors qu’il possède tant de chamelles et tant d’esclaves qu’il veut ? »