Un autre poète (1) a dit :
« Fais parvenir aux fils de ʿAmr un message,
… que je n’ai nul besoin de votre sentence (2). »
Al-ʿAbbâs ibn Mirdâs déclama :
« Qui fera parvenir de ma part à Khifâf
un message ? – La demeure de ta famille en marque l’ultime terme. »
Il entend par là : « risâlah » (un envoi, un message) ; c’est pourquoi il l’a fait précéder d’un féminin.
Abû ʿUbayd dit : Il se peut aussi que le mot « rasûl » recouvre le duel et le pluriel. Les Arabes disent ainsi : « Voici mon rasûl et mon mandataire » ; « Voici ces deux mon rasûl et mon mandataire » ; « Ceux-ci sont mon rasûl et mon mandataire. »
De cela relève la parole du Très-Haut : « ils sont pour moi un ennemi ». On a dit encore : le sens est : « chacun de nous est un messager du Seigneur des mondes ».
« Envoie donc avec nous les fils d’Israël » : libère-les, laisse-les partir afin qu’ils voyagent avec nous vers la Palestine et ne les asservis plus. Pharaon les avait réduits en servitude durant quatre cents ans ; à cette époque, ils étaient au nombre de six cent trente mille.
Moûsâ et Hârûn se rendirent alors chez Pharaon, mais on ne leur permit pas de le voir pendant une année. Finalement, le portier entra et dit : « Il y a ici quelqu’un qui prétend être le messager du Seigneur des mondes. » Pharaon répondit : « Fais-le entrer, peut-être nous en amuserons-nous. » Ils se présentèrent donc à lui et transmirent le message.
Wahb et d’autres ont rapporté que, lorsqu’ils entrèrent, ils trouvèrent Pharaon qui faisait sortir des fauves — lions, panthères et léopards — pour se divertir. Les gardiens craignirent que les bêtes ne s’en prennent à Moûsâ et Hârûn et se hâtèrent vers elles, mais les fauves, eux, s’élancèrent vers Moûsâ et Hârûn : ils se mirent à leur lécher les pieds, à agiter la queue devant eux, à presser leurs museaux contre leurs cuisses.
Pharaon s’en étonna et dit : « Qui êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes le messager du Seigneur des mondes. » Pharaon reconnut Moûsâ, car il avait grandi dans sa maison, et il dit — pour se vanter et le rabaisser :
« Ne t’avons-nous pas élevé chez nous alors que tu n’étais qu’un nourrisson ? N’as-tu pas passé parmi nous de nombreuses années de ta vie ? Quand donc se serait produit ce que tu prétends ? »
Puis il lui rappela le meurtre de l’Égyptien en disant : « Et tu as commis l’acte que tu as commis. »
Le mot « faʿlah », avec la fatha sur le fâ’, désigne une action unique. Aš-Šaʿbî a lu « fiʿlataka » avec kasra, mais la fatha est préférable, car il s’agit d’un acte ponctuel ; la kasra renvoie, elle, à la manière ou à l’état : « l’acte que tu connais ». Comment donc, sachant ce que nous savons de ta situation, peux-tu prétendre que Dieu t’a envoyé ?
Le poète a dit :
« On dirait que sa démarche, quittant la demeure de sa voisine,
ressemble au passage d’un nuage : ni lente, ni précipitée. »