Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Quraẓī a dit : « Allah a juré par Sa grandeur, Sa noblesse et Sa royauté. »

‘Abd-Allah ibn Muḥammad ibn ‘Aqīl a déclaré : « La lettre Ṭā’ renvoie au Ṭûr Sînā’ (le Mont Sinaï), le Sîn à Alexandrie, et le Mîm à La Mecque. »

Ja‘far ibn Muḥammad ibn ‘Alī a affirmé : « Le Ṭā’ désigne l’arbre de Ṭûbā, le Sîn le Lotus de l’Extrémité (Sidrat al-Muntahā) et le Mîm Muḥammad – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui. »

On a également dit : « Le Ṭā’ vient de (l’attribut) al-Ṭāhir, le Sîn de al-Quddûs » – et l’on a aussi rapporté : « du Samî‘ », ou « de al-Salām » – « et le Mîm de al-Majîd. »

D’autres ont dit : « (il vient) de al-Raḥîm » ; d’autres encore : « de al-Malik. » Ce sens a déjà été évoqué au début de la sourate « Al-Baqarah ».

Les « Ṭawāsīm » et les « Ṭawāsīn » sont des sourates du Coran regroupées selon une pluralisation irrégulière. Abû ‘Ubaydah a récité :
« Par les Ṭawāsīm, au nombre de trois,
Et par les Ḥawmîm, qui sont au nombre de sept. »

Al-Jawharī a dit : « La formulation correcte est de les mettre au féminin “Dhawāt” et de les annexer au singulier ; on dira donc : Dhawātu Ṭāsīn-Mīm et Dhawātu Ḥāmīm. »

Parole du Très-Haut :
« Tilka âyâtul-kitâbil-mubîn »

Le terme « tilka » est au nominatif par l’ellipse d’un sujet, c’est-à-dire : « Ces-là sont les versets du Livre explicite que l’on vous avait promis », car il leur avait été annoncé dans la Torah et l’Évangile la révélation du Coran. Certains disent : « tilka » a ici le sens de « hâdhihi » (celle-ci).

« La‘allaka bākhi‘un nafsaka » : c’est-à-dire « que tu te tues, que tu te fasses périr ». L’explication en a été donnée dans la sourate « Al-Kahf ».

« Allā yakûnû mu’minîn » : c’est-à-dire « parce qu’ils délaissent la foi ».

Al-Far­rā’ dit : la particule « ’an » est au régime de l’accusatif parce qu’elle introduit la conséquence. An-Naḥḥās commente : « D’ordinaire on emploie “bi-in” cassée parce qu’elle est consécutive ; tel est ce qui est connu. » L’avis à retenir est celui d’Abû Isḥāq dans son ouvrage consacré au Coran : « anna » est ici complément d’objet indirect ; le sens est : « Il se peut que tu t’extermines toi-même parce qu’ils ont abandonné la foi. »

« In nasha’ nunazzil ‘alayhim minas-samā’i âyatan » : c’est-à-dire un signe éclatant, un miracle manifeste, une preuve irrésistible rendant leurs connaissances intuitives ; mais le décret divin a voulu que ces connaissances restent déductives. Abû Ḥamzah ath-Thumālī a dit à propos de ce verset : « Il s’agit d’une voix qui se fera entendre du ciel au milieu du mois de Ramaḍān ; à sa suite, les jeunes filles sortiront des maisons et la terre résonnera. » Cette interprétation est toutefois éloignée du sens, car le propos concerne Quraysh et nul autre.

« Faẓallat a‘nâquhum » : c’est-à-dire « leurs cous demeureront… »

« Lahā khāḍi‘īn ».

Mujāhid a dit : « Leurs cous » désigne leurs notables. An-Naḥḥās ajoute : c’est une expression connue dans la langue ; on dit : « Il m’est venu un ‘unuq de gens », c’est-à-dire un groupe de leurs chefs. Abû Zayd et l’Akhfash expliquent que « a‘nâquhum » signifie leurs assemblées.

وَقَالَ الْقُرَظِيُّ: أَقْسَمَ اللَّهُ بِطَوْلِهِ وَسَنَائِهِ وَمُلْكِهِ. وَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ عَقِيلٍ: الطَّاءُ طُورُ سَيْنَاءَ وَالسِّينِ إِسْكَنْدَرِيَّةُ وَالْمِيمُ مَكَّةُ. وَقَالَ جَعْفَرُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ عَلِيٍّ: الطَّاءُ شَجَرَةُ طُوبَى، وَالسِّينُ سِدْرَةُ الْمُنْتَهَى، وَالْمِيمُ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقِيلَ: الطَّاءُ مِنَ الطَّاهِرِ وَالسِّينُ مِنَ الْقُدُّوسِ- وَقِيلَ: مِنَ السَّمِيعِ وَقِيلَ: مِنَ السَّلَامِ- وَالْمِيمُ مِنَ الْمَجِيدِ. وَقِيلَ: مِنَ الرَّحِيمِ. وَقِيلَ: مِنَ الْمَلِكِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي أَوَّلِ سُورَةِ " الْبَقَرَةِ" «١» . وَالطَّوَاسِيمُ وَالطَّوَاسِينُ سُوَرٌ فِي الْقُرْآنِ جُمِعَتْ عَلَى غَيْرِ قِيَاسٍ. وَأَنْشَدَ أَبُو عُبَيْدَةَ: وَبِالطَّوَاسِيمِ الَّتِي قَدْ ثُلِّثَتْ ... وَبِالْحَوَامِيمِ الَّتِي قَدْ سُبِّعَتْ قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: والصواب أن تجمع بذوات وَتُضَافَ إِلَى وَاحِدٍ، فَيُقَالُ: ذَوَاتُ طسم وَذَوَاتُ حم. قَوْلُهُ تَعَالَى: (تِلْكَ آياتُ الْكِتابِ الْمُبِينِ) رفع على إضمار مبتدأ أي هذه " تِلْكَ آياتُ الْكِتابِ الْمُبِينِ" الَّتِي كُنْتُمْ وُعِدْتُمْ بِهَا، لِأَنَّهُمْ قَدْ وُعِدُوا فِي التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ بِإِنْزَالِ الْقُرْآنِ. وَقِيلَ: " تِلْكَ" بِمَعْنَى هَذِهِ. (لَعَلَّكَ باخِعٌ نَفْسَكَ) أَيْ قَاتِلٌ نَفْسَكَ وَمُهْلِكُهَا. وَقَدْ مَضَى فِي " الْكَهْفِ" «٢» بَيَانُهُ. (أَلَّا يَكُونُوا مُؤْمِنِينَ) أَيْ لِتَرْكِهِمُ الْإِيمَانَ. قَالَ الْفَرَّاءُ: " أَنْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، لِأَنَّهَا جَزَاءٌ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَإِنَّمَا يُقَالُ: بِإِنْ مَكْسُورَةً لِأَنَّهَا جَزَاءٌ، كَذَا الْمُتَعَارَفُ. وَالْقَوْلُ فِي هَذَا مَا قَالَهُ أَبُو إِسْحَاقَ فِي كِتَابِهِ فِي الْقُرْآنِ، قَالَ: " أَنَّ" فِي مَوْضِعِ نَصْبِ مَفْعُولٍ مِنْ أَجْلِهِ، وَالْمَعْنَى لَعَلَّكَ قَاتِلٌ نَفْسَكَ لِتَرْكِهِمُ الْإِيمَانَ. (إِنْ نَشَأْ نُنَزِّلْ عَلَيْهِمْ مِنَ السَّماءِ آيَةً) أس مُعْجِزَةً ظَاهِرَةً وَقُدْرَةً بَاهِرَةً فَتَصِيرُ مَعَارِفُهُمْ ضَرُورِيَّةً، وَلَكِنْ سَبَقَ الْقَضَاءُ بِأَنْ تَكُونَ الْمَعَارِفُ نَظَرِيَّةً وَقَالَ أَبُو حَمْزَةَ الثُّمَالِيُّ فِي هَذِهِ الْآيَةِ: صوت يُسْمَعُ مِنَ السَّمَاءِ فِي النِّصْفِ مِنْ شَهْرِ رَمَضَانَ، تَخْرُجُ بِهِ الْعَوَاتِقُ مِنَ الْبُيُوتِ وَتَضِجُّ لَهُ الْأَرْضُ. وَهَذَا فِيهِ بُعْدٌ، لِأَنَّ الْمُرَادَ قريش لا غيرهم. (فَظَلَّتْ أَعْناقُهُمْ) أَيْ فَتَظَلُّ أَعْنَاقُهُمْ (لَها خاضِعِينَ) قَالَ مُجَاهِدٌ: أَعْنَاقُهُمْ كُبَرَاؤُهُمْ، وَقَالَ النَّحَّاسُ: وَمَعْرُوفٌ فِي اللُّغَةِ، يُقَالُ: جَاءَنِي عُنُقٌ مِنَ النَّاسِ أَيْ رُؤَسَاءُ منهم. أبو زيد والأخفش: " أَعْناقُهُمْ" جماعاتهم،
(١). راجع ج ١ ص ١٥٤. (٢). راجع ج ١٠ ص ٣٤٨.

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