Sa parole – exalté soit-Il :
« Et fais de nous un guide (imâm) pour les pieux. »
c’est-à-dire : un modèle auquel on se conforme dans le bien. Cela n’est réalisable que si celui qui invoque est lui-même pieux et exemplaire ; tel est bien l’objectif de l’orant.
Il est rapporté dans le Muwaṭṭaʾ :
« Vous êtes, ô groupe, des imams que l’on prend pour exemple. »
Ibn ʿUmar disait dans son invocation : « Ô Allah, fais de nous parmi les imams des pieux. »
Le Coran a employé le singulier « imâm » et non « imâms », car le terme imâm est un nom verbal (maṣdar). On dit : « Un tel a dirigé (ʾamma) le peuple en imâm », de même que l’on dit ṣiyâm (jeûne) et qiyâm (prière nocturne).
Certains ont cependant estimé qu’il vise le pluriel, comme quand on dit : « Notre émir, ce sont ceux-ci », c’est-à-dire nos émirs.
Le poète a dit :
« Ô vous qui me blâmez, ne multipliez pas vos reproches ;
les blâmeuses ne sont point mes émirs (c.-à-d. : mes chefs). »
Abû l-Qâsim al-Qushayrî, maître des soufis, disait : « L’imamat s’obtient par l’invocation, non par la prétention » ; il entendait par là la réussite, la facilitation et la grâce d’Allah, et non les revendications que chacun fait valoir pour soi-même.
Ibrâhîm an-Nakhaʿî déclara : « Ils ne recherchaient pas la présidence, mais à être un modèle dans la religion. »
Ibn ʿAbbâs dit : « Fais de nous des imams de guidée », selon la parole d’Allah : « Nous fîmes d’eux des imams qui guidaient par Notre ordre. »
Makhûl commenta : « Fais de nous des imams dans la piété, de sorte que les pieux nous prennent pour exemple. »
Selon une autre explication, l’expression serait inversée et signifierait : « Et fais des pieux un imam pour nous », ainsi que l’a rapporté Mujâhid. Toutefois, la première interprétation est la plus évidente ; elle correspond aux propos d’Ibn ʿAbbâs et de Makhûl et atteste que rechercher la prééminence dans la religion est recommandé. Le singulier imâm renvoie ici à la pluralité, puisqu’il s’agit d’un nom verbal, comme qiyâm.
Al-Akhfash précisa : « Imâm est le pluriel de ʾâmm (celui qui dirige), formé sur le patron fiʿâl, tout comme ṣâḥib/ṣiḥâb et qâʾim/qiyâm. »
Sa parole – exalté soit-Il :
« Ceux-là seront rétribués par la Chambre haute, pour la patience qu’ils ont endurée. »
« Ceux-là » constitue le prédicat, tandis que « les serviteurs du Tout-Miséricordieux » est, selon az-Zajjâj, le sujet ; c’est l’explication la plus satisfaisante. Entre le sujet et le prédicat se sont intercalés les onze traits qui décrivent leur parure spirituelle et leur purification :
– l’humilité ;
– la mansuétude ;
– la prière nocturne ;
– la crainte ;
– l’abandon du gaspillage et de la parcimonie ;
– le détachement du polythéisme ;
– l’éloignement de la fornication et du meurtre ;
– le repentir et la fuite du mensonge ;
– l’indulgence envers le fautif ;
– l’acceptation des exhortations ;
– et la supplication fervente adressée à Allah.
La « Chambre haute » (al-ghurfa) désigne le rang sublime, le plus élevé et le meilleur des degrés du Paradis, de même que la ghurfa est la partie la plus haute des demeures d’ici-bas ; c’est ce qu’a rapporté Ibn Shajarah.
Ad-Ḍaḥḥâk dit : la ghurfa, c’est le Paradis.
« Pour la patience qu’ils ont endurée » : c’est-à-dire pour leur constance dans l’obéissance à leur Seigneur et à leur Prophète – que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui.
Muḥammad ibn ʿAlî ibn al-Ḥusayn estima que cela concerne leur patience devant la pauvreté et l’indigence ici-bas.
Ad-Ḍaḥḥâk ajouta : il s’agit de leur endurance face aux passions.
« Et ils y seront accueillis par salutations et paix. »
Abû Bakr, al-Mufaḍḍal, al-Aʿmash et Yaḥyâ ont lu