Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Autrement dit, ils passent comme passent les nobles, ceux qui ne s’engagent pas dans la fausseté.
On dit : « Untel s’est tenu au-dessus de ce qui le déshonorerait », c’est-à-dire qu’il s’en est préservé et a honoré son âme en s’en écartant. Il est rapporté qu’Abd Allâh ibn Masʿûd entendit un chant, alors il se hâta et s’en alla. La chose parvint au Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – qui dit : « Ibn Umm ʿAbd s’est, certes, comporté noblement. »
On a aussi dit : passer noblement devant la frivolité consiste à ordonner le bien et à interdire le blâmable.

[Coran, sourate al-Furqân (25), verset 73]
« Et ceux qui, lorsqu’on leur rappelle les versets de leur Seigneur, ne s’effondrent point devant eux en sourds ni en aveugles. » (73)

Il y a à ce propos deux questions.

Premièrement – La parole du Très-Haut : « Ceux qui, lorsqu’on leur rappelle les versets de leur Seigneur… » c’est-à-dire : lorsque le Coran leur est récité, ils se souviennent de l’Au-delà et de leur retour (vers Dieu), sans feindre l’inattention au point de devenir comme quelqu’un qui n’entend pas.

Puis Il dit : « …ne s’effondrent pas… », alors qu’il n’y a, en réalité, aucun effondrement, tout comme on dit : « Il s’assit en pleurant », même si, en fait, il n’était pas assis. Ainsi l’explique at-Tabarî, qui adopte cette interprétation.

Ibn ʿAṭiyyah commente : « “Qu’ils ne s’effondrent pas en sourds ni en aveugles” décrit les mécréants ; c’est une expression de leur refus. » Il rapproche cela de ton propos : « Untel s’est assis à m’injurier » ou « Untel s’est levé en pleurant », alors que tu ne cherches pas à informer d’une assise ou d’une station ; il ne s’agit là que de figures d’introduction dans le discours.

Ibn ʿAṭiyyah poursuit : « Celui qui écoute le Rappel se tient droit et ferme ; s’il se détourne et s’égare, cela devient un effondrement, c’est-à-dire une chute sans ordre ni méthode – même si l’on a comparé à cela celui qui tombe en prosternation –, attendu qu’à l’origine le terme implique l’absence d’ordre. »

D’autres ont dit : « Lorsque les versets d’Allâh leur sont récités, leurs cœurs frémissent, ils tombent alors prosternés, en pleurs, et ne s’effondrent pas devant eux tels des sourds et des aveugles. »

Al-Farrâʾ explique : c’est-à-dire qu’ils ne restent pas dans leur état premier comme s’ils n’avaient rien entendu.

Deuxièmement – Certains ont affirmé que quiconque entend un homme réciter un verset de prosternation doit se prosterner avec lui, car il a entendu les versets d’Allâh être récités.

Ibn al-ʿArabî répond : « Cette obligation ne concerne que le seul récitant ; quant aux autres, elle ne les engage qu’en un seul cas : si quelqu’un récite le Coran et lit un verset de prosternation, et qu’une personne assise auprès de lui s’est engagée à l’écouter, alors elle doit se prosterner avec lui ; si elle ne s’est pas engagée à l’écoute, aucune prosternation ne lui incombe. » Cette question a déjà été traitée dans la sourate « Al-Aʿrâf ».

أَيْ مَرُّوا مَرَ الْكِرَامِ الَّذِينَ لَا يَدْخُلُونَ فِي الْبَاطِلِ. يُقَالُ: تَكَرَّمَ فُلَانٌ عَمَّا يَشِينُهُ، أَيْ تَنَزَّهَ وَأَكْرَمَ نَفْسَهُ عَنْهُ. وَرُوِيَ أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ سَمِعَ غِنَاءً فَأَسْرَعَ وَذَهَبَ، فَبَلَغَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: " لَقَدْ أَصْبَحَ ابْنُ أُمِّ عَبْدٍ كَرِيمًا" . وَقِيلَ: مِنَ الْمُرُورِ بِاللَّغْوِ كَرِيمًا أَنْ يأمر بالمعروف وينهى عن المنكر. [[سورة الفرقان (٢٥) : آية ٧٣]] وَالَّذِينَ إِذا ذُكِّرُوا بِآياتِ رَبِّهِمْ لَمْ يَخِرُّوا عَلَيْها صُمًّا وَعُمْياناً (٧٣) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالَّذِينَ إِذا ذُكِّرُوا بِآياتِ رَبِّهِمْ) أَيْ إِذَا قُرِئَ عَلَيْهِمُ الْقُرْآنُ ذَكَرُوا آخِرَتَهُمْ وَمَعَادَهُمْ وَلَمْ يَتَغَافَلُوا حَتَّى يَكُونُوا بِمَنْزِلَةِ مَنْ لَا يَسْمَعُ. وَقَالَ: (لَمْ يَخِرُّوا) وَلَيْسَ ثَمَّ خُرُورٌ، كَمَا يُقَالُ: قَعَدَ يَبْكِي وَإِنْ كَانَ غَيْرَ قَاعِدٍ، قَالَهُ الطَّبَرِيُّ وَاخْتَارَهُ، قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَهُوَ أَنْ يَخِرُّوا صُمًّا وَعُمْيَانًا هِيَ صِفَةُ الكفار، وهي عبارة عن إعراضهم، وقرن ذَلِكَ بِقَوْلِكَ: قَعَدَ فُلَانٌ يَشْتُمُنِي وَقَامَ فُلَانٌ يَبْكِي وَأَنْتَ لَمْ تَقْصِدِ الْإِخْبَارَ بِقُعُودٍ وَلَا قِيَامٍ، وَإِنَّمَا هِيَ تَوْطِئَاتٌ فِي الْكَلَامِ وَالْعِبَارَةِ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: فَكَأَنَّ الْمُسْتَمِعَ لِلذِّكْرِ قَائِمُ الْقَنَاةِ قَوِيمُ الْأَمْرِ، فَإِذَا أَعْرَضَ وَضَلَّ كَانَ ذَلِكَ خُرُورًا، وَهُوَ السُّقُوطُ عَلَى غَيْرِ نِظَامٍ وَتَرْتِيبٍ، وَإِنْ كَانَ قَدْ شُبِّهَ بِهِ الَّذِي يَخِرُّ سَاجِدًا لَكِنَّ أَصْلَهُ عَلَى غَيْرِ تَرْتِيبٍ. وَقِيلَ: أَيْ إِذَا تُلِيَتْ عَلَيْهِمْ آيَاتُ اللَّهِ وَجِلَتْ قُلُوبُهُمْ فَخَرُّوا سُجَّدًا وَبُكِيًّا، وَلَمْ يَخِرُّوا عَلَيْهَا صُمًّا وَعُمْيَانًا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: أَيْ لَمْ يَقْعُدُوا عَلَى حَالِهِمُ الْأَوَّلِ كَأَنْ لَمْ يَسْمَعُوا. الثَّانِيَةُ- قَالَ بَعْضُهُمْ: إِنَّ مَنْ سَمِعَ رَجُلًا يَقْرَأُ سَجْدَةً يَسْجُدُ مَعَهُ، لِأَنَّهُ قَدْ سَمِعَ آيَاتِ اللَّهِ تُتْلَى عَلَيْهِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهَذَا لَا يَلْزَمُ إِلَّا الْقَارِئَ وَحْدَهُ، وَأَمَّا غَيْرُهُ فَلَا يَلْزَمُهُ ذَلِكَ إِلَّا فِي مَسْأَلَةٍ وَاحِدَةٍ، وَهُوَ أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا تَلَا الْقُرْآنَ وَقَرَأَ السَّجْدَةَ فَإِنْ كَانَ الَّذِي جَلَسَ مَعَهُ جلس يسمعه فَلْيَسْجُدْ مَعَهُ، وَإِنْ لَمْ يَلْتَزِمِ السَّمَاعَ مَعَهُ فَلَا سُجُودَ عَلَيْهِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي " الأعراف" «١» .
(١). راجع ج ٧ ص ٣٥٩ طبعه أولى أو ثانية. [ ..... ]

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