Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Dans la période antéislamique, on l’appelait « az-zûr ».

Mujâhid a dit : « Il s’agit du chant », et cette explication est également rapportée de Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya.

Ibn Jurayj a déclaré : « C’est le mensonge » ; cette interprétation est elle aussi rapportée de Mujâhid.

‘Alî ibn Abî Ṭalḥa et Muḥammad ibn ‘Alî ont affirmé : « Le sens est : “ils ne portent pas faux témoignage (zûr)” », l’expression relevant du témoignage et non de l’assistance à une séance de mensonge.

Ibn al-‘Arabî a commenté : « L’opinion selon laquelle il s’agit du mensonge est correcte, car tout y ramène in fine. Quant à celui qui considère qu’il s’agit d’un jeu pratiqué à l’époque antéislamique, cela devient illicite lorsqu’il comporte pari, ignorance ou élément conduisant à la mécréance. L’avis disant qu’il s’agit du chant n’atteint pas nécessairement ce degré de gravité. »

Je dis : parmi les chants, certains dont l’écoute devient interdite : tels les poèmes décrivant des silhouettes séduisantes, exaltant le vin et autres thèmes qui excitent les instincts, les font dévier de l’équilibre ou éveillent un penchant latent pour la frivolité, comme le vers suivant :
« Au teint d’or, l’on croirait qu’une flamme jaillit de ses joues ;
on m’a effrayé de l’opprobre qu’il causerait ; plût-à-Dieu qu’il vînt et que je fusse déshonoré ! »
Surtout lorsque cela s’accompagne de flûtes stridentes (shabbâbât) ou de tambourins (ṭârât), à l’instar de ce que l’on voit aujourd’hui, ainsi que nous l’avons expliqué ailleurs.

Quant à ceux qui disent qu’il s’agit du faux témoignage (et c’est la seconde opinion) : ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh l’agrée – faisait fouetter le faux témoin de quarante coups, noircissait son visage, rasait sa tête et le faisait circuler dans le marché.

La plupart des savants estiment que son témoignage n’est plus jamais recevable ; même s’il se repent et que sa conduite devient louable, son affaire est laissée au jugement d’Allâh. D’aucuns ont toutefois affirmé que, s’il n’était pas notoirement connu pour cela et que sa situation s’est réellement améliorée, son témoignage pourra être accepté, comme cela a été détaillé dans la sourate Al-Ḥajj ; reporte-toi-y pour approfondir.

Parole du Très-Haut : « Et lorsqu’ils passent auprès de la futilité, ils passent avec noblesse. »

Nous avons déjà traité du terme « laghw » : il englobe toute parole ou tout acte vain ; y entrent donc le chant, l’amusement et tout ce qui s’y apparente ; relèvent également de ce terme la sottise des idolâtres, leurs vexations envers les croyants, les propos sur les femmes et tout autre blâmable.

Mujâhid a dit : « Quand ils sont offensés, ils pardonnent. »

Il est encore rapporté de lui : « Lorsque le mariage est évoqué, ils s’en détournent. »

Al-Ḥasan a déclaré : « Le laghw recouvre toutes les désobéissances » ; c’est là une définition exhaustive.

Le terme « kirâman » (avec noblesse) signifie : en se détournant avec répulsion, sans l’agréer, sans y prêter appui ni s’asseoir en compagnie de ceux qui s’y adonnent.

كَانَ فِي الْجَاهِلِيَّةِ يُسَمَّى بِالزُّورِ. مُجَاهِدٌ: الْغِنَاءُ، وَقَالَهُ مُحَمَّدُ ابْنُ الْحَنَفِيَّةِ أَيْضًا. ابْنُ جُرَيْجٍ: الْكَذِبُ، وَرُوِيَ عَنْ مُجَاهِدٍ. وَقَالَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ وَمُحَمَّدُ بْنُ عَلِيٍّ: الْمَعْنَى لَا يَشْهَدُونَ بِالزُّورِ، مِنَ الشَّهَادَةِ لَا مِنَ الْمُشَاهَدَةِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: أَمَّا الْقَوْلُ بِأَنَّهُ الْكَذِبُ فَصَحِيحٌ، لِأَنَّ كُلَّ ذَلِكَ إِلَى الْكَذِبِ يَرْجِعُ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ إِنَّهُ لَعِبٌ كَانَ فِي الْجَاهِلِيَّةِ فَإِنَّهُ يَحْرُمُ ذَلِكَ إِذَا كَانَ فِيهِ قِمَارٌ أَوْ جَهَالَةٌ، أَوْ أَمْرٌ يَعُودُ إِلَى الْكُفْرِ، وَأَمَّا الْقَوْلُ بِأَنَّهُ الْغِنَاءُ فَلَيْسَ يَنْتَهِي إِلَى هَذَا الْحَدِّ. قُلْتُ: مِنَ الْغِنَاءِ مَا يَنْتَهِي سَمَاعُهُ إِلَى التَّحْرِيمِ، وَذَلِكَ كَالْأَشْعَارِ الَّتِي تُوصَفُ فِيهَا الصُّوَرُ الْمُسْتَحْسَنَاتُ وَالْخَمْرُ وَغَيْرُ ذَلِكَ مِمَّا يُحَرِّكُ الطِّبَاعَ وَيُخْرِجُهَا عَنِ الِاعْتِدَالِ، أَوْ يُثِيرُ كَامِنًا مِنْ حُبِّ اللَّهْوِ، مِثْلَ قَوْلِ بَعْضِهِمْ: ذَهَبِيُّ اللَّوْنِ تَحْسَبُ مِنْ وَجْنَتَيْهِ النَّارَ تُقْتَدَحُ خَوَّفُونِي مِنْ فَضِيحَتِهِ لَيْتَهُ وَافَى وَأَفْتَضِحُ لَا سِيَّمَا إِذَا اقْتَرَنَ بِذَلِكَ شَبَّابَاتٌ «١» وَطَارَاتٌ مِثْلَ مَا يُفْعَلُ الْيَوْمَ فِي هَذِهِ الْأَزْمَانِ، عَلَى مَا بَيَّنَّاهُ فِي غَيْرِ هَذَا الْمَوْضِعِ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ إِنَّهُ شَهَادَةُ الزُّورِ، وَهِيَ: الثَّانِيَةُ- فَكَانَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يَجْلِدُ شَاهِدَ الزُّورِ أَرْبَعِينَ جَلْدَةً، وَيُسَخِّمُ وَجْهَهُ، وَيَحْلِقُ رَأْسَهُ، وَيَطُوفُ بِهِ فِي السُّوقِ. وَقَالَ أَكْثَرُ أَهْلِ الْعِلْمِ: وَلَا تُقْبَلُ لَهُ شَهَادَةٌ أَبَدًا وَإِنْ تَابَ وَحَسُنَتْ حَالُهُ فَأَمْرُهُ إِلَى اللَّهِ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّهُ إِذَا كَانَ غير مبرز فحسنت حال قُبِلَتْ شَهَادَتُهُ حَسْبَمَا تَقَدَّمَ بَيَانُهُ فِي سُورَةِ " الحج" «٢» فتأمله هناك. قوله تعالى: (وَإِذا مَرُّوا بِاللَّغْوِ مَرُّوا كِراماً) قد تَقَدَّمَ الْكَلَامُ فِي اللَّغْوِ «٣» ، وَهُوَ كُلُّ سَقْطٍ مِنْ قَوْلٍ أَوْ فِعْلٍ، فَيَدْخُلُ فِيهِ الْغِنَاءُ واللهو وغير ذلك مما قاربه، وتدخل فِيهِ سَفَهُ الْمُشْرِكِينَ وَأَذَاهُمُ الْمُؤْمِنِينَ وَذِكْرُ النِّسَاءِ وَغَيْرُ ذَلِكَ مِنَ الْمُنْكَرِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: إِذَا أُوذُوا صَفَحُوا. وَرُوِيَ عَنْهُ: إِذَا ذُكِرَ النِّكَاحُ كفوا عَنْهُ. وَقَالَ الْحَسَنُ: اللَّغْوُ الْمَعَاصِي كُلُّهَا. وَهَذَا جَامِعٌ. وَ " كِراماً" مَعْنَاهُ مُعْرِضِينَ مُنْكِرِينَ لَا يَرْضَوْنَهُ، وَلَا يُمَالِئُونَ عَلَيْهِ، وَلَا يُجَالِسُونَ أَهْلَهُ.
(١). الشبابة (بالتشديد): نوع من المزمار (مولد). (٢). راجع ج ١٢ ص ٥٥ طبعه أولى أو ثانية. (٣). راجع ج ٣ ص ٩٩ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية.

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