Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et un autre a dit :
« Lorsque l’homme accorde à son âme tout ce qu’elle convoite
sans jamais la réfréner, elle aspire alors à toute vanité,
et elle l’entraîne vers le péché et l’opprobre
par la douceur éphémère à laquelle elle l’invite.

‘Umar dit à son fils ‘Āṣim :
« Ô mon fils, mange jusqu’à la moitié de ton estomac ;
ne jette pas un vêtement avant de l’avoir usé ;
et ne sois pas de ceux qui placent tout ce qu’Allah leur a accordé
dans leurs ventres et sur leurs dos. »

Et Ḥātim al-Ṭā’ī a dit :
« Si tu as accordé à ton ventre ce qu’il désire
et à ta partie intime ce qu’elle réclame,
ces deux-là atteindront le comble de tout blâme. »

(… et Il dit) « et ils ne se montrent pas avares »

Hamzah, al-Kisāʾī, al-Aʿmash, ʿĀṣim et Yaḥyā ibn Waththāb – selon leurs voies – l’ont lu
« yaqturū » avec ouverture du yāʾ et ḍamma du tāʾ ;
c’est une bonne lecture, issue du verbe qatara – yaqturu,
conforme au modèle des verbes intransitifs,
comme qaʿada – yaqʿudu.

Abū ʿAmr ibn al-ʿAlāʾ et Ibn Kathīr l’ont lu
avec ouverture du yāʾ et kasra du tāʾ ;
c’est également une forme linguistique connue et correcte.

Les gens de Médine, Ibn ʿĀmir et Abū Bakr (d’après ʿĀṣim) l’ont lu
avec ḍamma du yāʾ et kasra du tāʾ.

Al-Thaʿlabī dit : « Toutes ces variantes sont linguistiquement authentiques. »

Al-Naḥḥās rapporte qu’Abū Ḥātim s’étonna de la lecture médinoise,
car, à ses yeux, leur récitation n’admet pas de formes rares.
En effet, on dit « aqtara – yuqtir » lorsqu’on devient pauvre,
comme dans la parole du Très-Haut : « … et à celui qui est dans la gêne, selon ses moyens. »
Abū Ḥātim l’a donc interprétée en disant :
« Celui qui est prodigue tombe vite dans la pauvreté »,
mais cette explication est lointaine.

L’explication plus juste est qu’Abū ʿUmar al-Jarmī a rapporté d’al-Aṣmaʿī
qu’à propos d’une personne qui restreint (ses dépenses) on dit
qatara – yaq’turu / yaq’tiru ainsi que aqtara – yuq’tiru.
De ce fait, la lecture est correcte,
quoique l’ouverture du yāʾ soit plus juste, plus aisée et plus connue.

Abū ʿAmr et d’autres lisent
« qawāman » avec ouverture du qāf, c’est-à-dire « équitablement ».

Ḥassān ibn ʿAbd al-Raḥmān lit
« qiwāman » avec kasra du qāf, c’est-à-dire « en juste mesure »,
« avec rectitude » ou « essence même de la situation ».
Le terme qiwām, avec kasra, désigne ce sur quoi s’établit
et se stabilise une affaire. Les deux formes sont donc synonymes.

« qawāman » est le prédicat de « kāna » dont le sujet est sous-entendu :
« La dépense était entre la prodigalité et la parcimonie : équilibre »,
ainsi que l’a exposé al-Farrāʾ.
Il a toutefois une autre opinion où « bayna » serait le sujet de « kāna »,
iðāfu (placé à l’accusatif), ces locutions étant d’un usage fréquent,
on les a donc laissées dans leur forme originelle tout en occupant
la place du sujet.

Al-Naḥḥās dit : « Je ne vois pas la pertinence de cette position,
car “bayna”, lorsqu’il est sujet, se met au nominatif,
comme dans l’expression : “Entre ses deux yeux, il y a une marque rouge.” »

وَقَالَ آخَرُ: إِذَا الْمَرْءُ أَعْطَى نَفْسَهُ كُلَّ مَا اشْتَهَتْ ... وَلَمْ يَنْهَهَا تَاقَتْ إِلَى كُلِّ بَاطِلِ وَسَاقَتْ إِلَيْهِ الْإِثْمَ وَالْعَارَ بِالَّذِي ... دَعَتْهُ إِلَيْهِ مِنْ حَلَاوَةِ عَاجِلِ وَقَالَ عُمَرُ لِابْنِهِ عَاصِمٍ: يَا بُنَيَّ، كُلْ فِي نِصْفِ بَطْنِكَ، وَلَا تَطْرَحْ ثَوْبًا حَتَّى تَسْتَخْلِقَهُ، وَلَا تَكُنْ مِنْ قَوْمٍ يَجْعَلُونَ مَا رَزَقَهُمُ اللَّهُ فِي بطونهم وعلى ظهورهم. ولحاتم طى: إِذَا أَنْتَ قَدْ أَعْطَيْتَ بَطْنَكَ سُؤْلَهُ ... وَفَرْجَكَ نَالَا مُنْتَهَى الذَّمِّ أَجْمَعَا (وَلَمْ يَقْتُرُوا) قَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَالْأَعْمَشُ وَعَاصِمٌ وَيَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ عَلَى اخْتِلَافِ عَنْهُمَا " يَقْتُرُوا" بِفَتْحِ الْيَاءِ وَضَمِّ التَّاءِ، وَهِيَ قِرَاءَةٌ حَسَنَةٌ، مِنْ قَتَرَ يَقْتُرُ. وَهَذَا الْقِيَاسُ فِي اللَّازِمِ، مِثْلُ قَعَدَ يَقْعُدُ. وَقَرَأَ أَبُو عَمْرِو بْنُ الْعَلَاءِ وَابْنُ كَثِيرٍ بِفَتْحِ الْيَاءِ وَكَسْرِ التَّاءِ، وَهِيَ لُغَةٌ مَعْرُوفَةٌ حَسَنَةٌ. وَقَرَأَ أَهْلُ الْمَدِينَةِ وَابْنُ عَامِرٍ وَأَبُو بَكْرٍ عَنْ عَاصِمٍ بِضَمِّ الْيَاءِ وَكَسْرِ- التَّاءِ. قَالَ الثَّعْلَبِيُّ: كُلُّهَا لُغَاتٌ صَحِيحَةٌ. النَّحَّاسُ: وَتَعَجَّبَ أَبُو حَاتِمٍ مِنْ قِرَاءَةِ أَهْلِ الْمَدِينَةِ هَذِهِ، لِأَنَّ أَهْلَ الْمَدِينَةِ عِنْدَهُ لَا يَقَعُ فِي قراءتهم الشاذ، إنما يُقَالُ: أَقْتَرَ يُقْتِرُ إِذَا افْتَقَرَ، كَمَا قَالَ عَزَّ وَجَلَّ: " وَعَلَى الْمُقْتِرِ قَدَرُهُ" وَتَأَوَّلَ أَبُو حَاتِمٍ لَهُمْ أَنَّ الْمُسْرِفَ يَفْتَقِرُ سَرِيعًا. وَهَذَا تَأْوِيلٌ بَعِيدٌ، وَلَكِنَّ التَّأْوِيلَ لَهُمْ أَنَّ أَبَا عُمَرَ الْجَرْمِيَّ حَكَى عَنِ الْأَصْمَعِيِّ أَنَّهُ يُقَالُ لِلْإِنْسَانِ إِذَا ضَيَّقَ: قَتَرَ يَقْتُرُ وَيَقْتَرُ، وَأَقْتَرَ يُقْتِرُ. فَعَلَى هَذَا تَصِحُّ الْقِرَاءَةُ، وَإِنْ كَانَ فتح الياء أصح وأقرب تناولا، وَأَشْهَرَ وَأَعْرَفَ. وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَالنَّاسُ " قَواماً" بفتح القاف، يعنى عدلا. وقرا حسان ابن عَبْدِ الرَّحْمَنِ: " قِوَامًا" بِكَسْرِ الْقَافِ، أَيْ مَبْلَغًا وسدادا وَمِلَاكُ حَالٍ. وَالْقِوَامُ بِكَسْرِ الْقَافِ، مَا يَدُومُ عليه الامر ويستقر. وهما لُغَتَانِ بِمَعْنًى. وَ " قَواماً" خَبَرُ كَانَ، وَاسْمُهَا مُقَدَّرٌ فِيهَا، أَيْ كَانَ الْإِنْفَاقُ بَيْنَ الْإِسْرَافِ وَالْقَتْرِ قَوَامًا، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. وَلَهُ قَوْلٌ آخَرُ يَجْعَلُ " بَيْنَ" اسْمَ كَانَ وَيَنْصِبُهَا، لِأَنَّ هَذِهِ الْأَلْفَاظَ كَثِيرٌ اسْتِعْمَالُهَا فَتُرِكَتْ عَلَى حَالِهَا فِي مَوْضِعِ الرَّفْعِ. قَالَ النَّحَّاسُ: مَا أَدْرِي مَا وجه هذا، لان " بينا" إِذَا كَانَتْ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ رُفِعَتْ، كَمَا يقال: بين عينيه أحمر.

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