Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn ‘Abbâs a dit : « Celui qui dépense cent mille (dirhams) dans une cause légitime n’est pas prodigue ; celui qui dépense un seul dirham hors de son droit est prodigue ; et quiconque retient ce qui est dû de sa part est avare. » Cet avis a également été rapporté de Mujâhid, d’Ibn Zayd et d’autres.

‘Awn ibn ‘Abdi-Llah a déclaré : « L’excès (isrâf) consiste à dépenser l’argent d’autrui. »

Ibn ‘Aṭiyya commente : « Cette parole et ce qui y ressemble ne se rattache pas directement au verset. L’on doit plutôt dire que la dépense accomplie dans la désobéissance – fût-elle minime ou importante – que la Loi a interdite, ainsi que l’atteinte au bien d’autrui, sont des choses dont les personnes décrites dans le verset sont exemptes. L’exhortation portée par ce verset concerne la dépense dans les œuvres d’obéissance et dans les choses permises : la norme islamique veut que l’homme n’outrepasse pas la mesure au point de négliger un autre devoir ou de priver ses dépendants, et qu’il ne serre pas non plus la main au point d’affamer sa famille et de tomber dans l’excès d’avarice. Le comportement louable se situe dans la modération, c’est-à-dire l’équité. Cette modération varie pour chacun selon sa charge familiale, sa situation, la légèreté de ses obligations, sa patience et sa fermeté dans la recherche du gain – ou le contraire de ces qualités. Le meilleur des comportements est celui qui tient le milieu. C’est pourquoi le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – laissa Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq faire aumône de l’ensemble de ses biens, car, eu égard à son endurance et à sa fermeté dans la religion, cela représentait pour lui un juste milieu ; tandis qu’il l’interdit à d’autres.

Ibrahim an-Nakha‘î a fort bien dit : « Est modéré celui qui ne laisse ni sa famille avoir faim ni aller nus, et ne dépense pas d’une manière que les gens qualifieraient d’extravagante. »

Yazîd ibn Abî Ḥabîb a dit : « Ce sont ceux qui ne portent pas des vêtements pour la parure et ne mangent pas des mets pour la seule jouissance. »

Il ajouta au sujet de ce verset : « Ceux-là sont les Compagnons de Muhammad – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui –; ils ne mangeaient pas pour se délecter ni ne revêtaient d’habits pour la beauté, mais recherchaient de la nourriture ce qui étanchait leur faim et les fortifiait pour l’adoration de leur Seigneur, et du vêtement ce qui couvrait leur nudité et les protégeait de la chaleur et du froid. »

‘Abd al-Malik ibn Marwân demanda à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, lorsqu’il le maria à sa fille Fâṭima : « Quelle est ta dépense ? » ‘Umar répondit : « La bonne se tient entre deux mauvaises », puis il récita ce verset.

‘Umar ibn al-Khaṭṭâb a dit : « Il suffit à l’homme comme extravagance de désirer chaque chose au point de l’acheter et de la manger. »

Dans les Sunan d’Ibn Mâjah, d’après Anas ibn Mâlik, le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – a dit : « Fait partie de l’extravagance que de manger tout ce dont tu as envie. »

Abû ‘Ubayda a commenté : « Ils ne dépassent pas ce qui est convenable et ne se montrent pas avares », conformément à la Parole du Très-Haut : « Ne tiens pas ta main enchaînée à ton cou et ne l’étends pas outre mesure. »

Ainsi le poète a dit : « Ne sois excessif en rien, et sois modéré ; car les deux extrêmes d’une chose sont blâmables. »

وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مَنْ أَنْفَقَ مِائَةَ أَلْفٍ فِي حَقٍّ فَلَيْسَ بِسَرَفٍ، وَمَنْ أَنْفَقَ دِرْهَمًا فِي غَيْرِ حَقِّهِ فَهُوَ سَرَفٌ، وَمَنْ مَنَعَ مِنْ حَقٍّ عَلَيْهِ فَقَدْ قَتَرَ. وَقَالَهُ مُجَاهِدٌ وَابْنُ زَيْدٍ وَغَيْرُهُمَا. وَقَالَ عَوْنُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ: الْإِسْرَافُ أَنْ تُنْفِقَ مَالَ غَيْرِكَ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَهَذَا وَنَحْوَهُ غَيْرُ مُرْتَبِطٍ بِالْآيَةِ، وَالْوَجْهُ أَنْ يُقَالَ. إِنَّ النَّفَقَةَ فِي مَعْصِيَةِ أَمْرٍ قَدْ حَظَرَتِ الشَّرِيعَةُ قَلِيلَهُ وَكَثِيرَهُ وَكَذَلِكَ التَّعَدِّي عَلَى مَالِ الْغَيْرِ، وَهَؤُلَاءِ الْمَوْصُوفُونَ مُنَزَّهُونَ عَنْ ذَلِكَ، وَإِنَّمَا التَّأْدِيبُ فِي هَذِهِ الْآيَةِ هُوَ فِي نَفَقَةِ الطَّاعَاتِ فِي الْمُبَاحَاتِ، فَأَدَبُ الشَّرْعِ فِيهَا أَلَّا يُفَرِّطَ الْإِنْسَانُ حَتَّى يُضَيِّعَ حَقًّا آخَرَ أَوْ عِيَالًا وَنَحْوَ هَذَا، وَأَلَّا يُضَيِّقَ أَيْضًا وَيَقْتُرَ حَتَّى يُجِيعَ الْعِيَالَ وَيُفْرِطَ فِي الشُّحِّ، وَالْحَسَنُ فِي ذَلِكَ هُوَ الْقَوَامُ، أَيِ الْعَدْلُ، وَالْقَوَامُ فِي كُلِّ وَاحِدٍ بِحَسَبِ عِيَالِهِ وَحَالِهِ، وَخِفَّةِ ظَهْرِهِ وَصَبْرِهِ وَجَلَدِهِ عَلَى الْكَسْبِ، أَوْ ضِدِّ هَذِهِ الْخِصَالِ، وَخَيْرُ الْأُمُورِ أَوْسَاطُهَا، وَلِهَذَا تَرَكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أبا بكر الصديق يَتَصَدَّقَ بِجَمِيعِ مَالِهِ، لِأَنَّ ذَلِكَ وَسَطٌ بِنِسْبَةِ جَلَدِهِ وَصَبْرِهِ فِي الدِّينِ، وَمَنَعَ غَيْرَهُ مِنْ ذَلِكَ. وَنِعْمَ مَا قَالَ إِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ: هُوَ الَّذِي لَا يُجِيعُ وَلَا يُعْرِي وَلَا يُنْفِقُ نَفَقَةً يَقُولُ النَّاسُ قَدْ أَسْرَفَ. وَقَالَ يَزِيدُ بْنُ أَبِي حَبِيبٍ: هُمُ الَّذِينَ لَا يَلْبَسُونَ الثِّيَابَ لِجَمَالٍ، وَلَا يَأْكُلُونَ طَعَامًا لِلَذَّةِ. وَقَالَ يَزِيدُ أَيْضًا فِي هَذِهِ الْآيَةِ: أُولَئِكَ أَصْحَابَ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانُوا لَا يَأْكُلُونَ طَعَامًا لِلتَّنَعُّمِ وَاللَّذَّةِ، وَلَا يَلْبَسُونَ ثِيَابًا لِلْجَمَالِ، وَلَكِنْ كَانُوا يُرِيدُونَ مِنَ الطَّعَامِ مَا يَسُدُّ عَنْهُمُ الْجُوعَ وَيُقَوِّيهِمْ عَلَى عِبَادَةِ رَبِّهِمْ، وَمِنَ اللِّبَاسِ مَا يَسْتُرُ عَوْرَاتِهِمْ وَيَكُنُّهُمْ مِنَ الحر والبرد. وقال عبد الملك ابن مَرْوَانَ لِعُمَرَ بْنِ عَبْدِ الْعَزِيزِ حِينَ زَوَّجَهُ ابْنَتَهُ فَاطِمَةَ: مَا نَفَقَتُكَ؟ فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: الْحَسَنَةُ بَيْنَ سَيِّئَتَيْنِ، ثُمَّ تَلَا هَذِهِ الْآيَةَ. وَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: كَفَى بِالْمَرْءِ سَرَفًا أَلَّا يَشْتَهِيَ شَيْئًا إِلَّا اشْتَرَاهُ فَأَكَلَهُ. وَفِي سُنَنِ ابْنُ مَاجَهْ عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " إِنَّ مِنَ السَّرَفِ أَنْ تَأْكُلَ كُلَّ مَا اشْتَهَيْتَ" وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: لَمْ يَزِيدُوا عَلَى الْمَعْرُوفِ وَلَمْ يَبْخَلُوا كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَلا تَجْعَلْ يَدَكَ مَغْلُولَةً إِلى عُنُقِكَ وَلا تَبْسُطْها كُلَّ الْبَسْطِ" وَقَالَ الشَّاعِرُ: وَلَا تَغْلُ فِي شي مِنَ الْأَمْرِ وَاقْتَصِدْ كِلَا طَرَفَيْ قَصْدِ الْأُمُورِ ذميم

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies