Il vous a seulement demandé qu’on le laisse tranquille, une non-ingérence qui ne contient ni bien ni mal.
Al-Khalîl dit alors : « C’est tiré de la parole d’Allâh – Très-Glorifié soit-Il : ﴾Et lorsque les ignorants les interpellent, ils disent : “Salâm”﴿. »
Ibn ʿAṭiyya rapporte : « J’ai lu dans certains récits historiques qu’Ibrâhîm b. al-Mahdî – qui nourrissait quelque animosité à l’égard de ʿAlî b. Abî Ṭâlib (qu’Allâh l’agrée) – déclara un jour, en présence du calife al-Ma’mûn et d’un groupe d’assistants :
“Il m’arrive de voir en songe ʿAlî b. Abî Ṭâlib. Je lui demande : ‘Qui es-tu ?’ et il me répond : ‘ʿAlî b. Abî Ṭâlib.’ Nous arrivons alors ensemble devant un pont ; il s’avance et me devance pour le franchir. Je lui dis : ‘Tu ne revendiques ce pouvoir qu’au titre d’une femme (Fâtima), alors que nous y avons plus droit que toi.’ Je n’ai jamais trouvé dans ses réponses cette éloquence qu’on lui prête.”
Al-Ma’mûn lui demanda : « Et que te répondait-il ? » – « Il me disait seulement : ‘Salâmâ.’ »
Le narrateur poursuit : Il semblait qu’Ibrâhîm b. al-Mahdî ne retenait pas le verset – ou qu’il l’avait momentanément oublié. Al-Ma’mûn rappela alors le verset à l’assemblée et lui dit : « Par Allâh, ô mon oncle, c’est bien ʿAlî b. Abî Ṭâlib ; il t’a répondu par la plus éloquente des répliques. » Ibrâhîm fut confondu et prit honte. La vision, sans nul doute, était véridique.
﴾Et ceux qui passent la nuit prosternés et debout pour leur Seigneur﴿ (sourate al-Furqân, 25 : 64).
A propos de ce verset, az-Zajjâj dit : « On dit d’un homme ‘bâta’ (il a passé la nuit) dès que la nuit l’enveloppe, qu’il dorme ou non. » Zuhayr a dit :
« Nous avons veillé toute la nuit, debout, à la tête de nos chevaux,
Ils tentaient de se dégager de nous et nous les retenions. »
Et l’on récite pour décrire les alliés d’Allâh :
Épargne à tes paupières le goût du sommeil,
Laisse couler les larmes sur tes joues en ruisseaux ;
Sache que tu es mortel et appelé au compte,
Toi qui as persévéré dans le courroux du Majestueux ;
Il est des gens pour Allâh qui se sont purifiés dans Son amour,
Il les a agréés et en a fait Ses serviteurs privilégiés ;
Des gens que, lorsque les ténèbres les enveloppent,
On retrouve là, prosternés et debout en prière ;
Le ventre creux d’ascèse, amaigris par l’abstinence,
Ils ne connaissent d’autre nourriture que le licite.