« Et ne foule pas la terre avec arrogance, car Allah n’aime pas tout orgueilleux fanfaron » (1).
Ibn ‘Abbâs : « [Ils cheminent] dans l’obéissance, la bienséance et l’humilité. »
Al-Ḥasan : « Tolérants ; si l’on fait preuve d’ignorance à leur égard, ils ne répondent pas par l’ignorance. »
Et l’on a dit : « Ils ne se montrent pas hautains envers les gens. »
Je dis : tous ces sens sont voisins ; ils se ramènent à la connaissance d’Allah et à la crainte révérencielle que l’on éprouve pour Lui, à la connaissance de Ses commandements ainsi qu’à la crainte de Son châtiment et de Sa punition. Qu’Allah, par Sa grâce et Sa faveur, nous compte parmi eux.
Un groupe a estimé que le terme « hawnan » est rattaché à l’expression « ils marchent sur la terre » : le simple fait de marcher serait déjà, en soi, de la modestie.
Ibn ‘Aṭiyya : « Il paraît plus juste d’interpréter cela en disant que les qualités morales de celui qui marche sont, elles aussi, marquées de douceur et correspondent à sa démarche ; l’explication revient ainsi à ce que nous avons déjà exposé. Quant à ne considérer que la démarche en tant que telle, c’est erroné ; car il se peut qu’un homme marche posément et lentement tout en étant un loup glabre (2). »
Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – avançait en se penchant légèrement, comme s’il descendait une pente (3), et il est, à ce sujet, la référence suprême de cette communauté.
Sa parole – que la prière et la paix soient sur lui – : « Celui d’entre vous qui marche mû par la convoitise, qu’il marche donc lentement » vise l’état intérieur de l’âme et non le seul acte de marcher. Ne vois-tu pas que les gens du faux, qui se parent extérieurement de la religion, se sont cramponnés à la seule apparence de la démarche ? Au point que le poète les a blâmés en disant :
« Tous marchent tout doucement …
Tous recherchent leur proie. » (4)
Je dis : À l’inverse, Ibn al-‘Arabî a récité pour lui-même :
« Dans l’élévation je me suis fait humble, bien qu’illustre soit mon origine ;
Par la douceur dans mes affaires, j’ai obtenu la corde de tête de la course.
Le calme, sans perfidie au fond du cœur, en est l’essence ;
Car la plupart du calme des hommes provient de l’excès d’orgueil. »
Parole du Très-Haut :
« Et lorsque les ignorants les interpellent, ils disent : “Salāman”. »
An-Naḥḥās : Le terme « Salāman » ne relève pas du salut (taslīm), mais du fait de se prémunir (tasallum) ; les Arabes disent : « Salāman », c’est-à-dire : « nous sommes à l’abri de toi », autrement dit : « nous nous désavouons de toi ».
Il est à l’accusatif selon deux possibilités : soit régi par le verbe « ils dirent », soit considéré comme un masdar ; tel est l’avis de Sîbawayh.
Ibn ‘Aṭiyya : « Pour ma part, je considère que le régissant de “Salāman” est bien “ils dirent”, car le sens est : ils ont prononcé ce terme. »
Mujāhid : Le sens de « Salāman » est « parole juste » ; c’est-à-dire qu’il répond à l’ignorant par un propos droit.