le nom de la servitude. Quant à celui qui se trouve à l’opposé de cet état, il est inclus dans la parole du Très-Haut : « Ceux-là sont comme du bétail ; non, ils sont même plus égarés encore ! » – c’est-à-dire privés de toute réflexion – ainsi qu’il a déjà été expliqué dans (sourate) al-Aʿrâf.
C’est comme si Allah avait dit : « Et les serviteurs du Tout-Miséricordieux sont ceux qui marchent sur la terre… », le pronom « ils » ayant été omis, à l’image de l’expression : « Zayd, l’émir », c’est-à-dire « Zayd est l’émir ». Le terme « ceux qui » est donc le prédicat d’un sujet ellipsé, selon l’avis d’al-Akhfash.
D’autres ont estimé que le prédicat se trouve à la fin de la sourate : « Ceux-là recevront la demeure élevée en récompense pour leur patience. » Tout ce qui se situe entre le sujet et ce prédicat n’est qu’une série de leurs attributs, comme l’a indiqué az-Zajjâj. Il ajoute qu’il est également permis de considérer comme prédicat l’expression : « ceux qui marchent sur la terre » ; le verbe « marchent » renvoyant alors à leur manière de vivre, à la durée de leur existence et à leurs agissements. Allah a ainsi évoqué leur grandeur, en particulier dans leur déplacement sur la terre, c’est-à-dire dans leur fréquentation et leur relation avec les gens.
Parole du Très-Haut : « avec humilité (hawnan) ». Le terme « hawn » est le nom d’action de « hayyin » et renvoie à la sérénité et à la dignité.
Les exégètes disent : ils marchent sur la terre pleins de mansuétude et d’humilité, progressant dans la modération. La droiture, la pondération et la noblesse d’apparence comptent parmi les traits de la prophétie.
Le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit : « Ô gens, observez la sérénité, car la piété ne réside pas dans la précipitation. »
Il est rapporté à propos de lui — paix et bénédiction sur lui — que, lorsqu’il se mettait en marche, il se levait promptement, posait les pieds d’une manière équilibrée, marchait avec douceur, foulée ample, et l’on eût dit, lorsqu’il avançait, qu’il descendait d’une pente. Le taqalluʿ consiste à lever le pied avec vigueur ; at-takaffuʾ est le fait d’orienter sa démarche de façon droite et mesurée ; al-hawn est la douceur et la dignité ; ad-dharīʿ désigne l’amplitude des pas : ainsi levait-il rapidement son pied et allongeait-il ses enjambées, à l’opposé de la démarche de l’arrogant, tout en dirigeant correctement son allure, et cela avec douceur et fermeté, sans précipitation, « comme s’il descendait d’une pente », selon la formule rapportée par le Qâḍî ʿIyâḍ.
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb — qu’Allah l’agrée — marchait d’un pas vif, par nature et sans affectation. Az-Zuhri a dit : « La marche précipitée ôte l’éclat du visage. » Ibn ʿAtiyya commente qu’il s’agit de la hâte excessive, laquelle porte atteinte à la dignité ; la voie la meilleure réside donc dans la modération.
Zayd ibn Aslam rapporte : « Je recherchais l’explication de la parole du Très-Haut : “ceux qui marchent sur la terre avec humilité”, sans y trouver de satisfaction, puis je vis en rêve quelqu’un qui me dit : “Ce sont ceux qui ne cherchent pas à semer la corruption sur la terre.” » Al-Qushayrî dit encore : on a avancé qu’ils ne marchent pas pour la corruption et la désobéissance, mais dans l’obéissance à Allah et les choses permises, sans suivre leur passion.
Et Allah – exalté soit-Il – a dit :