Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Béni soit Celui qui a disposé dans le ciel des demeures (constellations), y a placé une lampe et une lune resplendissante. » (v. 61)

Parole du Très-Haut :

« Béni soit Celui qui a disposé dans le ciel des demeures » : c’est-à-dire des stations (mansâzil) ; nous en avons déjà fait mention.

« … et y a placé une lampe » : Ibn ‘Abbâs a dit : il s’agit du soleil, conformément au verset : « et Il a fait du soleil une lampe ».

La lecture que suit la majorité (des récitants) est « sirâjan » (au singulier).

Hamzah et Al-Kisâ’î ont récité « surujan » (au pluriel), entendant par là les grandes étoiles flamboyantes. Selon Abû ‘Ubayd, la première lecture est préférable ; car, selon lui, « suruj » désigne les étoiles, tout comme « burûj » désigne les étoiles ; on aurait alors le sens : des étoiles et (encore) des étoiles.

An-Naḥḥâs dit cependant que, pour les partisans de la seconde lecture, le commentaire à retenir est celui d’Abân b. Taghlib qui expliquait : « Les “suruj” sont les étoiles brillantes. »

Ath-Tha‘labî précise : il s’agit de Vénus, Jupiter, Saturne, les deux Simâk, etc.

« … et une lune lumineuse » : qui éclaire la terre lorsqu’elle se lève. ‘Iṣmah, rapportant de l’A‘mash, a lu « wa qumran » (avec ḍamma sur le qâf et soukûn sur le mîm) ; il s’agit là d’une lecture isolée. Il suffit de rappeler qu’Aḥmad b. Ḥanbal – l’imam des musulmans de son époque – a dit : « Ne consignez pas ce que rapporte ‘Iṣmah en matière de lectures. » Abû Ḥâtim as-Sijistânî, pourtant, s’est plu à citer ce que transmet ce même ‘Iṣmah.

« Et c’est Lui qui a fait de la nuit et du jour une succession, pour quiconque veut se rappeler ou veut être reconnaissant. » (v. 62)

Cette portion comporte quatre questions :

Première question – Parole du Très-Haut : « khilfatan » (alternance). Abû ‘Ubaydah dit : al-khilfah désigne toute chose qui vient après une autre ; chacune des deux, la nuit et le jour, succède à sa compagne.

On dit, à propos de celui qui souffre de coliques : « il a été touché par une khilfah », c’est-à-dire qu’il se relève et s’assied alternativement. On parle aussi de « khilfah » des plantes, pour ces feuilles qui poussent après les premières au cours de l’été.

C’est dans ce sens que Zuhayr b. Abî Sulmâ a dit :
« Là, les buffles sauvages et les gazelles cheminent tour à tour,
et leurs faons se lèvent de chaque gîte. »

[[سورة الفرقان (٢٥) : آية ٦١]] تَبارَكَ الَّذِي جَعَلَ فِي السَّماءِ بُرُوجاً وَجَعَلَ فِيها سِراجاً وَقَمَراً مُنِيراً (٦١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (تَبارَكَ الَّذِي جَعَلَ فِي السَّماءِ بُرُوجاً) أَيْ مَنَازِلَ، وَقَدْ تَقَدَّمَ «١» ذِكْرُهَا. (وَجَعَلَ فِيها سِراجاً) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يَعْنِي الشَّمْسَ، نَظِيرُهُ، " وَجَعَلَ الشَّمْسَ «٢» سِراجاً" . وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ: " سِراجاً" بِالتَّوْحِيدِ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ: " سُرُجًا" يُرِيدُونَ النُّجُومَ الْعِظَامَ الْوَقَّادَةَ. وَالْقِرَاءَةُ الْأُولَى عِنْدَ أَبِي عُبَيْدٍ أَوْلَى، لِأَنَّهُ تَأَوَّلَ أَنَّ السُّرُجَ النُّجُومُ، وَأَنَّ الْبُرُوجَ النُّجُومُ، فَيَجِيءُ الْمَعْنَى نُجُومًا وَنُجُومًا. النَّحَّاسُ: وَلَكِنَّ التَّأْوِيلَ لَهُمْ أَنَّ أَبَانَ بْنَ تَغْلِبَ قَالَ: السُّرُجُ النُّجُومُ الدَّرَارِيُّ. الثَّعْلَبِيُّ: كَالزَّهْرَةِ وَالْمُشْتَرَى وَزُحَلَ وَالسِّمَاكَيْنِ وَنَحْوِهَا. (وَقَمَراً مُنِيراً) يُنِيرُ الْأَرْضَ إِذَا طَلَعَ. وَرَوَى عِصْمَةُ عَنِ الْأَعْمَشِ " وَقُمْرًا" بِضَمِّ الْقَافِ وَإِسْكَانِ الْمِيمِ. وَهَذِهِ قِرَاءَةٌ شَاذَّةٌ، وَلَوْ لَمْ يَكُنْ فِيهَا إِلَّا أَنَّ أَحْمَدَ بْنَ حَنْبَلٍ وَهُوَ إِمَامُ الْمُسْلِمِينَ فِي وَقْتِهِ قَالَ: لَا تَكْتُبُوا مَا يَحْكِيهِ عِصْمَةُ الَّذِي يَرْوِي الْقِرَاءَاتِ، وَقَدْ أُولِعَ أَبُو حَاتِمٍ السِّجِسْتَانِيُّ بِذِكْرِ مَا يَرْوِيهِ عصمة هذا. [[سورة الفرقان (٢٥) : آية ٦٢]] وَهُوَ الَّذِي جَعَلَ اللَّيْلَ وَالنَّهارَ خِلْفَةً لِمَنْ أَرادَ أَنْ يَذَّكَّرَ أَوْ أَرادَ شُكُوراً (٦٢) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " خِلْفَةً" قَالَ أبو عبيدة: الخلفة كل شي بعد شي. وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنَ اللَّيْلِ وَالنَّهَارِ يُخْلِفُ صَاحِبَهُ. وَيُقَالُ لِلْمَبْطُونِ: أَصَابَتْهُ خِلْفَةٌ، أَيْ قِيَامٌ وَقُعُودٌ يَخْلُفُ هَذَا ذَاكَ. وَمِنْهُ خِلْفَةُ النَّبَاتِ، وَهُوَ وَرَقٌ يَخْرُجُ بَعْدَ الْوَرَقِ الْأَوَّلِ فِي الصَّيْفِ. وَمِنْ هَذَا الْمَعْنَى قَوْلُ زُهَيْرِ بْنِ أَبِي سُلْمَى: بِهَا الْعِينُ وَالْآرَامُ يَمْشِينَ خِلْفَةً ... وَأَطْلَاؤُهَا يَنْهَضْنَ من كل مجثم «٣»
(١). راجع ج ١٠ ص ٩. (٢). راجع ج ١٩ ص ٣٠٥. (٣). العين (بالكسر) جمع أعين وعينا، وهى بقر الوحش، سمية بذلك لسعة أعينها. والاطلاء: جمع طلا، وهو ولد البقرة وولد الظبية الصغير. والمجثم: الموضع الذي يجثم فيه، أي يقام فيه.

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