Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je dis :
Les juristes ont divergé au sujet du mariage d’un homme avec sa fille née d’un adultère, ou avec sa sœur, ou encore avec la petite-fille (fille de son fils) née d’un adultère. Certains – parmi lesquels Ibn al-Qâsim – l’ont interdit ; tel est également l’avis d’Abû Ḥanîfa et de ses compagnons. D’autres l’ont autorisé – parmi eux ʿAbd al-Malik ibn al-Mâjishûn – et c’est aussi l’avis d’al-Shâfiʿî. Cette question a déjà été exposée en détail dans le commentaire de la sûrah « An-Nisâ’ ».

Al-Farrâ’ a dit : le « nasab » est la parenté avec laquelle le mariage n’est pas licite. Al-Zajjâj l’a affirmé de même, et c’est aussi l’opinion de ʿAlî ibn Abî Ṭâlib – qu’Allâh l’agrée.

Le terme « ṣihr » dérive du verbe « ṣahartu sh-shay’a » signifiant « j’ai fondu/mélangé une chose » ; ainsi, chacun des deux alliés par affinité se mêle à l’autre. C’est pourquoi les liens matrimoniaux sont appelés « ṣihr », du fait du mélange des gens qu’ils engendrent.

On a dit : le « ṣihr » désigne la parenté créée par le mariage ; les proches de l’épouse sont alors appelés « al-akhtân », et les proches de l’époux « al-aḥmâ’ ». Le terme général « al-aṣhâr » englobe l’ensemble de ces deux catégories – ainsi l’a exposé al-Aṣmaʿî.

Ibn al-Aʿrâbî a précisé : les « akhtân » sont le père de la femme, ses frères et son oncle paternel, comme l’a dit al-Aṣmaʿî ; quant au « ṣihr », il s’agit du gendre (mari de la fille d’un homme) ainsi que de son frère, son père et son oncle paternel.

Muḥammad ibn al-Ḥasan, dans la transmission d’Abû Sulaymân al-Jawzajânî, a déclaré : les « akhtân » d’un homme sont les maris de ses filles, de ses sœurs, de ses tantes paternelles et maternelles et, d’une manière générale, de toute femme qui lui est maḥram ; tandis que ses « aṣhâr » sont tous les parents consanguins maḥrams de son épouse.

An-Naḥḥâs dit : il convient, pour le terme « aṣhâr », de retenir l’explication d’al-Aṣmaʿî et d’y inclure les deux côtés. On dit en arabe « ṣahartu sh-shay’a », c’est-à-dire « je l’ai mêlé » ; chacun des deux alliés se mêle en effet à l’autre.

Quant au terme « akhtân », la position de Muḥammad ibn al-Ḥasan est préférable pour deux raisons :

  1. Le ḥadîth marfûʿ suivant : Muḥammad ibn Isḥâq rapporte de Yazîd ibn ʿAbd Allâh ibn Qusayṭ, de Muḥammad ibn Usâma ibn Zayd, de son père, que le Messager d’Allâh – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – a dit : « Quant à toi, ʿAlî, tu es mon khatan (gendre), le père de ma descendance ; tu viens de moi et je viens de toi. » Cela montre que le mari de la fille est appelé « khatan ».
  2. L’étymologie du mot « khatan » vient de « khatana hu » qui signifie « l’a coupé » ; c’est comme si l’époux s’était détaché de sa propre famille et avait détaché son épouse de la sienne.

Al-Ḍaḥḥâk a dit : le « ṣihr » est la parenté due à l’allaitement (ar-raḍâʿ).

Ibn ʿAṭiyya commente : à mon sens, il s’agit d’une méprise provoquée par la parole d’Ibn ʿAbbâs : « Ont été interdits par nasab sept (catégories) et par ṣihr cinq. » Dans une autre version il dit : « …et par ṣihr sept. » Il vise par là la parole du Très-Haut : « Vous sont interdites vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles, vos tantes maternelles, les filles de votre frère et les filles de votre sœur » – cela constitue le nasab.

Il entend ensuite par « ṣihr » la suite du verset : « …et vos mères de lait qui vous ont allaités » jusqu’à Sa parole : « …et d’épouser simultanément deux sœurs », puis Il mentionne les femmes mariées (al-muḥṣanât). Cela signifie qu’Ibn ʿAbbâs voulait dire : « Sont interdites par ṣihr les catégories évoquées avec lui », puisqu’il a indiqué

قُلْتُ: اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي نِكَاحِ الرَّجُلِ ابْنَتَهُ مِنْ زِنًى أَوْ أُخْتَهُ أَوْ بِنْتَ ابْنِهِ مِنْ زِنًى، فَحَرَّمَ ذَلِكَ قَوْمٌ مِنْهُمُ ابْنُ الْقَاسِمِ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ وَأَصْحَابِهِ، وَأَجَازَ ذَلِكَ آخَرُونَ مِنْهُمْ عَبْدُ الْمَلِكِ بْنُ الْمَاجِشُونِ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ، وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي " النِّسَاءِ" «١» مُجَوَّدًا. قَالَ الْفَرَّاءُ: النَّسَبُ الَّذِي لَا يَحِلُّ نِكَاحُهُ، وَقَالَهُ الزَّجَّاجُ: وَهُوَ قَوْلُ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَاشْتِقَاقُ الصِّهْرِ مِنْ صَهَرْتُ الشَّيْءَ إِذَا خَلَطْتُهُ، فَكُلُّ وَاحِدٍ مِنَ الصِّهْرَيْنِ قَدْ خَالَطَ صَاحِبَهُ، فَسُمِّيَتِ الْمَنَاكِحُ صِهْرًا لِاخْتِلَاطِ النَّاسِ بِهَا. وَقِيلَ: الصِّهْرُ قَرَابَةُ النِّكَاحِ، فَقَرَابَةُ الزَّوْجَةِ هُمُ الْأَخْتَانُ، وَقَرَابَةُ الزَّوْجِ هُمُ الْأَحْمَاءُ. وَالْأَصْهَارُ يَقَعُ عَامًّا لِذَلِكَ كُلِّهُ، قَالَهُ الْأَصْمَعِيُّ. وَقَالَ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: الْأَخْتَانُ أبو المرأة وأخوهما وَعَمُّهَا- كَمَا قَالَ الْأَصْمَعِيُّ- وَالصِّهْرُ زَوْجُ ابْنَةِ الرَّجُلِ وَأَخُوهُ وَأَبُوهُ وَعَمُّهُ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ فِي رِوَايَةِ أَبِي سُلَيْمَانَ الْجُوزَجَانِيِّ: أَخْتَانُ الرَّجُلِ أَزْوَاجُ بَنَاتِهِ وَأَخَوَاتِهِ وَعَمَّاتِهِ وَخَالَاتِهِ، وَكُلِّ ذَاتِ مَحْرَمٍ مِنْهُ، وَأَصْهَارُهُ كُلُّ ذِي رَحِمٍ مَحْرَمٌ مِنْ زَوْجَتِهِ. قَالَ النَّحَّاسُ: الْأَوْلَى فِي هَذَا أَنْ يَكُونَ الْقَوْلُ فِي الْأَصْهَارِ مَا قَالَ الْأَصْمَعِيُّ، وَأَنْ يَكُونَ مِنْ قِبَلِهِمَا جَمِيعًا. يُقَالُ صَهَرْتُ الشَّيْءَ أَيْ خَلَطْتُهُ، فَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا قَدْ خَلَطَ صَاحِبَهُ. وَالْأَوْلَى فِي الْأَخْتَانِ مَا قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ لِجِهَتَيْنِ: إِحْدَاهُمَا الحديث المرفوع، روى محمد ابن إِسْحَاقَ عَنْ يَزِيدَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ قُسَيْطٍ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ أُسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ عَنْ أَبِيهِ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " أَمَّا أَنْتَ يَا عَلِيُّ فَخَتْنِي وَأَبُو وَلَدِي وَأَنْتَ مِنِّي وَأَنَا مِنْكَ" . فَهَذَا عَلَى أَنَّ زَوْجَ الْبِنْتِ خَتْنٌ. وَالْجِهَةُ الْأُخْرَى أَنَّ اشْتِقَاقَ الْخَتْنِ مِنْ خَتَنَهُ إِذَا قَطَعَهُ، وَكَأَنَ الزَّوْجَ قَدِ انْقَطَعَ عَنْ أَهْلِهِ، وَقَطَعَ زَوْجَتَهُ عَنْ أَهْلِهَا. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: الصِّهْرُ قَرَابَةُ الرَّضَاعِ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَذَلِكَ عِنْدِي وَهْمٌ أَوْجَبَهُ أَنَّ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: حَرُمَ مِنَ النَّسَبِ سَبْعٌ، وَمِنَ الصِّهْرِ خَمْسٌ. وَفِي رِوَايَةٍ أُخْرَى مِنَ الصِّهْرِ سَبْعٌ، يُرِيدُ قَوْلَهُ عَزَّ وَجَلَّ " حُرِّمَتْ عَلَيْكُمْ أُمَّهاتُكُمْ وَبَناتُكُمْ وَأَخَواتُكُمْ وَعَمَّاتُكُمْ وَخالاتُكُمْ وَبَناتُ الْأَخِ وَبَناتُ الْأُخْتِ فَهَذَا هُوَ النَّسَبُ. ثُمَّ يُرِيدُ بِالصِّهْرِ قَوْلَهُ تَعَالَى: " وَأُمَّهاتُكُمُ اللَّاتِي أَرْضَعْنَكُمْ " إِلَى قَوْلِهِ:" وَأَنْ تَجْمَعُوا بَيْنَ الْأُخْتَيْنِ". ثُمَّ ذَكَرَ الْمُحْصَنَاتِ. وَمَحْمَلُ هَذَا أَنَّ ابْنَ عَبَّاسٍ أَرَادَ حَرُمَ مِنَ الصِّهْرِ ما ذكر معه، فقد أشار
(١). راجع ج ٥ ص ١١٤ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية.

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