Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Et celui-ci est salé, âpre », c’est-à-dire qu’il contient salinité et amertume. Il a été rapporté de Talha qu’on l’a récité : « wa hādhā maliḥ(un) », avec l’ouverture du mīm et la cassure du lām.

« Et Il a établi entre eux un isthme », c’est-à-dire une barrière par Sa Puissance, de sorte que l’une des deux eaux ne prévaut pas sur l’autre, comme Il l’a dit dans la sourate ar-Raḥmân : « Il a laissé les deux mers se rencontrer ; entre elles il y a un isthme qu’elles ne franchissent pas. »

« Et un obstacle soigneusement gardé », c’est-à-dire un voile protecteur empêchant chacune des deux eaux de se mêler à l’autre. Le barzakh est la barrière ; le ḥijr est ce qui empêche.

Al-Ḥasan a dit : il s’agit de la mer de Perse et de la mer des Rûms.

Ibn ʿAbbâs et Ibn Jubayr ont dit : il s’agit de la mer du ciel et de la mer de la terre.

Ibn ʿAbbâs a dit : elles se rencontrent chaque année, et entre elles se trouve un barzakh qui est un décret issu de Son Décret.

« Et un obstacle soigneusement gardé » : un interdit sacré empêchant l’eau salée de s’adoucir au contact de l’eau douce, ou l’eau douce de se saler au contact du sel.

[Sourate al-Furqân, 25 : 54]
« Et c’est Lui qui, de l’eau, créa un être humain ; puis Il en fit un lien de parenté consanguine et un lien d’alliance. Ton Seigneur est, certes, Omnipotent. »

Il y a à ce propos deux questions :

Premièrement – Sa parole, Exalté soit-Il : « Et c’est Lui qui, de l’eau, créa un être humain » : c’est-à-dire qu’Il a créé, à partir de la goutte de sperme, un être humain.

« Puis Il en fit » : c’est-à-dire, Il fit de l’homme « un lien de parenté consanguine et un lien d’alliance ».

On a également dit que « de l’eau » renvoie à l’origine même de la création, car tout être vivant a été créé à partir de l’eau. Dans ce verset, Il rappelle aux hommes Son bienfait en les faisant exister après le néant et les invite à méditer sur cette leçon.

Deuxièmement – Sa parole, Exalté soit-Il : « Puis Il en fit un lien de parenté consanguine (nasab) et un lien d’alliance (ṣihr) ». Le nasab et le ṣihr sont deux notions englobant toute proximité pouvant exister entre deux fils d’Adam.

Ibn al-ʿArabî a dit : le nasab désigne la fusion des fluides entre le mâle et la femelle selon la voie légale ; si cette union se réalise dans la désobéissance, il ne s’agit plus alors que d’une création pure et simple et non d’un nasab authentique. C’est pour cette raison que la fille issue d’un adultère n’entre pas dans la Parole du Très-Haut : « Vous sont interdites vos mères, vos filles… », car, selon l’avis le plus sûr de nos savants – et l’opinion la plus prépondérante dans la religion –, elle n’est pas légalement considérée comme sa fille. Or, lorsqu’il n’existe pas de nasab reconnu par la Loi, il n’existe pas non plus de ṣihr reconnu ; l’adultère n’interdit donc ni la mère de la fille ni la fille de la mère. Ce qui est interdit par une relation légale ne l’est pas par une relation illicite, car Allah a fait du nasab et du ṣihr un bienfait pour Ses serviteurs, a élevé leur rang et a lié aux deux les jugements de licite et d’illicite ; l’imposture ne peut donc les atteindre ni leur être assimilée.

(وَهذا مِلْحٌ أُجاجٌ) أَيْ فِيهِ مُلُوحَةٌ وَمَرَارَةٌ. وَرُوِيَ عَنْ طَلْحَةَ أَنَّهُ قُرِئَ " وَهَذَا مَلِحٌ" بِفَتْحِ الْمِيمِ وَكَسْرِ اللَّامِ. (وَجَعَلَ بَيْنَهُما بَرْزَخاً) أَيْ حَاجِزًا مِنْ قُدْرَتِهِ لَا يَغْلِبُ أَحَدُهُمَا عَلَى صَاحِبِهِ، كَمَا قَالَ فِي سُورَةِ الرَّحْمَنِ " مَرَجَ الْبَحْرَيْنِ يَلْتَقِيانِ. بَيْنَهُما بَرْزَخٌ لَا يَبْغِيانِ" . (وَحِجْراً مَحْجُوراً) أَيْ سِتْرًا مَسْتُورًا يَمْنَعُ أَحَدَهُمَا مِنَ الِاخْتِلَاطِ بِالْآخَرِ. فَالْبَرْزَخُ الْحَاجِزُ، وَالْحِجْرُ الْمَانِعُ. وَقَالَ الْحَسَنُ: يَعْنِي بَحْرَ فَارِسَ وَبَحْرَ الرُّومِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ جُبَيْرٍ: يَعْنِي بَحْرَ السَّمَاءِ وَبَحْرَ الْأَرْضِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يَلْتَقِيَانِ فِي كُلِّ عَامٍ وَبَيْنَهُمَا بَرْزَخٌ قَضَاءٌ مِنْ قَضَائِهِ. " وَحِجْراً مَحْجُوراً" حَرَامًا مُحَرَّمًا أَنْ يَعْذُبَ هَذَا الْمِلْحُ بِالْعَذْبِ، أَوْ يُمْلَحَ هَذَا الْعَذْبُ بالملح. [[سورة الفرقان (٢٥) : آية ٥٤]] وَهُوَ الَّذِي خَلَقَ مِنَ الْماءِ بَشَراً فَجَعَلَهُ نَسَباً وَصِهْراً وَكانَ رَبُّكَ قَدِيراً (٥٤) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَهُوَ الَّذِي خَلَقَ مِنَ الْماءِ بَشَراً) أَيْ خَلَقَ مِنَ النُّطْفَةِ إِنْسَانًا. (فَجَعَلَهُ) أَيْ جَعَلَ الْإِنْسَانَ " نَسَباً وَصِهْراً" . وَقِيلَ: " مِنَ الْماءِ" إِشَارَةٌ إِلَى أَصْلِ الْخِلْقَةِ فِي أَنَّ كُلَّ حَيٍّ مَخْلُوقٌ مِنَ الْمَاءِ. وَفِي هَذِهِ الْآيَةِ تَعْدِيدُ النِّعْمَةِ عَلَى النَّاسِ فِي إِيجَادِهِمْ بَعْدَ الْعَدَمِ، وَالتَّنْبِيهُ عَلَى الْعِبْرَةِ فِي ذَلِكَ. الثَّانِيَةُ- قوله تعالى: (فَجَعَلَهُ نَسَباً وَصِهْراً) النَّسَبُ وَالصِّهْرُ مَعْنَيَانِ يَعُمَّانِ كُلَّ قُرْبَى تَكُونُ بَيْنَ آدَمِيَّيْنِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: النَّسَبُ عِبَارَةٌ عَنْ خَلْطِ الْمَاءِ بَيْنَ الذَّكَرِ وَالْأُنْثَى عَلَى وَجْهِ الشَّرْعِ، فَإِنْ كَانَ بِمَعْصِيَةٍ كَانَ خَلْقًا مُطْلَقًا وَلَمْ يَكُنْ نَسَبًا مُحَقَّقًا، وَلِذَلِكَ لَمْ يَدْخُلْ تَحْتَ قَوْلِهِ: " حُرِّمَتْ عَلَيْكُمْ أُمَّهاتُكُمْ وَبَناتُكُمْ" بِنْتُهُ مِنَ الزِّنَى، لِأَنَّهَا لَيْسَتْ بِبِنْتٍ لَهُ فِي أَصَحِّ الْقَوْلَيْنِ لِعُلَمَائِنَا وَأَصَحِّ الْقَوْلَيْنِ فِي الدِّينِ، وَإِذَا لَمْ يَكُنْ نَسَبٌ شَرْعًا فَلَا صِهْرٌ شَرْعًا، فَلَا يُحَرِّمُ الزِّنَى بِنْتَ أُمٍّ وَلَا أُمَّ بِنْتٍ، وَمَا يَحْرُمُ مِنَ الْحَلَالِ لَا يَحْرُمُ مِنَ الْحَرَامِ، لِأَنَّ اللَّهَ امْتَنَّ بِالنَّسَبِ وَالصِّهْرِ عَلَى عِبَادِهِ وَرَفَعَ قَدْرَهُمَا، وَعَلَّقَ الْأَحْكَامَ فِي الْحِلِّ وَالْحُرْمَةِ عَلَيْهِمَا فَلَا يَلْحَقُ الْبَاطِلُ بِهِمَا وَلَا يُسَاوِيهِمَا

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